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Janvier 1987. En pleine saison touristique, les constructions fleurissaient comme jamais auparavant à Saint-Barth. Les camions-toupies qui faisaient sentir leur présence sur les routes étroites, roulaient de plus en plus vite, faisant de véritables courses contre la montre. Les navires toujours plus imposants, déchargeaient une centaine de voitures et des containers par dizaines.

L’activité touristique toujours présente, perdurait avec un dollar encore fort, malgré la dévaluation de la moitié de sa valeur. Dans les commerces, deux ans plus tôt, le change se faisait à dix francs pour un dollar. Les touristes américains bénéficiant d’un pouvoir d’achat exceptionnel, n’achetaient pas un tee-shirt, mais une pile de tee-shirts !

En tant qu’électriciens, nous étions en pleine période de dépannage. Claude avait réorienté notre activité sur le service, puisque nombre d’entreprises en provenance de métropole cassaient les prix, au point que nous avions du mal à suivre la concurrence. Passer son temps à faire des devis d’électricité qu’il se voyait refuser, le contrariait au plus haut point, malgré qu’il n’y laissait rien paraître…

Ce jour-là, en fin d’après midi, nous nous trouvions Autour du Rocher à Lorient, où nous avions complètement réinstallé la sono reçue la veille des États-Unis. Rien de bien compliqué. David le gérant de cet établissement légendaire pour qui j’avais travaillé comme disc-jockey en Janvier 85, quarante-huit heures après mon arrivée à Saint-Barth, continuait à faire appel à mes services question sono sachant que je me déplaçais même la nuit si l’on prenait la peine de venir taper sur la baie vitrée pour me sortir de mon sommeil. Technicien dans l’âme, je lui avais prouvé mon savoir-faire dès mon arrivée en redonnant un coup de jeunesse instantané aux platines tourne-disque Technics SL1200 MK2 que je connaissais parfaitement pour en avoir lu la notice plusieurs fois.  En rééquilibrant les bras en surpoids, en ajustant le parallélisme par rapport à la surface du disque non adapté à la cellule, en corrigeant l’anti-skating trop élevé et en décrassant les diamants englués d’une crasse indéfinissable, les médiums-aigus étaient réapparus comme par magie. Quelques menus réglages d’équalisation supplémentaires et une balance corrigée des deux amplis finissait d’optimiser l’ensemble à bout de souffle…

Toujours prêt à rendre service, d’un rapide aller-retour, Claude était allé chercher à Vitet le gonfleur électrique de son frère Daniel pour redonner un coup de pression au surpresseur de l’établissement. Il n’y avait plus de pression d’eau aux robinets des chambres. Nous n’en avions pas pour longtemps, et comme le travail fourni pour la sono avait été payé rubis sur l’ongle sans discussion du montant à solder, nous nous retrouvions en contrebas de la bâtisse en bord de falaise à burgots, face aux embruns, comme l’étaient nombre de constructions au vent.

– Ki bel’ tit’ vu ! s’extasiait Claude en emplissant ses soufflets d’air pur.
– Pas mal les embruns sur les vitres, râlais-je comme d’accoutumée en bon Gaulois d’origine qui se respecte.
– T’a vu sa ?
– Quoi ?
– N’avé eine porte éssit’. A devé pu pouvouèr fermé é eu la halé. Y rèsse k’le cade, é ch’te foumbiyé k’yé dan in mové z’éta !
– Et alors ? Quel rapport avec le manque de pression ?
– N’a pa, sé jusse sa k’je voué ! Min si n’a pa d’porte, di toué bien k’le moteur d’la pompe va pa duré bien lontemp avec lé bingne d’o d’mer ki pren su son dèrière. L’sèl é sumé tou partou a prezan.
– Tu aurais dû faire détective !
– On li mé in ti koup d’souflèt’ é ju ki rent’ a la kaze pace-ke ju las’, m’annonçait Claude en connectant son tuyau d’air au ballon vertical de trois cent litres.
– Tu m’expliques ce que tu fais ? lui-demandais-je par curiosité.
– Tu voué sa keu kriye in « manomètre », in bin y marke in’ demi-bar, alor y doué avouèr in’ tit’ fuite tcheuke koté, min sa sé t’in travaye d’plombié.
– Tu gonfles à combien ? insistais-je voulant comprendre.
– Sa dépen. Su s’ti la, on peu mèt’ kate bar maksimum, min avec toi bar, n’a assé d’préssion. A la kaze, jé deu bar pou en’sou é par’t’su ! Écit’ s’t’in-n plu grosse instalasion, on va mèt’ deu bar é d’mi pou kemonsé, é si n’a assé on va l’léssé konm’ sa.
– Tu veux que je monte voir en cuisine comment ça coule ? Comme ça on pourra comparer de demi-bar en demi-bar !

Douze minutes plus tard, l’aiguille du manomètre atteignait enfin le premier bar, il n’y avait quasiment aucune différence sur le filet d’eau qui s’écoulait en cuisine. Il faudrait un bon moment pour gonfler ce gros ballon avec ce petit gonfleur électrique.

– Au fait, quel est le programme de demain ?
– On é ki va a Pointe Milou, vila Caribbean Fullbank XIII.
– Waouuu, la classe ! Elle est où cette villa déjà ?
– Sé jusse apré la vila Million Dollars, la sien’ne dé boursié d’Nou-York.
– Dans quel sens ?
– Su la goche. Tu voué la vila améritchin’ne Easy Money dé golden boy, du koté d’la mèr ?
– Ou-la-la, commence par le début ! C’est quoi le nom de la première ?
– La vila Blé d’Or, tu kon-né !
– C’est pas celle de monsieur et madame Boursan-Nord des pains surgelés ?
– Oui, sé s’tèle la.
– C’est des Français, ça s’entend tout de suite ! Quel est le nom de la suivante ?
– La vila Carré d’As. Dé parizien ka dé bouète de nuit’, i m’sen-m.
– Tu veux dire la villa Atout Carbure ?
– Min nan ! A lé avan la vila Monaco IV, min a lé d’l’ote koté du chemin.
– Attends, je m’y perds. C’est juste avant la villa Derrick alors ?
– T’a chanjé d’kartié, la vila Derrick é t’a Colombier.
– Ça y est, j’y suis ! C’est juste après la villa Roc & Rhum ? Gilded Eden ? Sweety Oil ? Septième Ciel ? Celle d’après alors ?
– Nan, nan é nan ! Tu va dénonmé tout’ sa ki n’na sof la bon-n !
– Je ne sais plus moi, avec tout cet étalage d’artiche et de spéculation organisée, je m’emmêle les pinceaux.

Claude jetais un œil rapide sur le manomètre qui continuait de monter en pression, avant de me dire :

– La sièn-ne d’apré, sé la vila Pognozoff-Copeck III dé Sékouyanski. Sé dé Biélorusse ké t’a la retrète. Sé jusse si tu kon-né k’son la ! Eu travayé dan lé rensingn’man.
– Il y a des espions Russes à Saint-Barth qui cohabitent avec des Américains ?
– É sa k’tu koué ? N’a munme in danseur russe ké kon-nu ! L’boug’ a in-n bel’ kaze lé pié dan l’o a Grand-Fond.
– Ça alors ! Le pipeule et moi ça fait deux. Par contre, je connais très bien les zanolis d’Anse-des-Cayes. J’ai même un pote Bernard l’ermite qui m’envoie des messages codés et à qui je réponds en me grattant la gorge, on dirait presque la même langue !
– Tu fré mieu d’arpren a parlé l’Patois pluto k’le soudar ! Bon, t’a trouvé ou fo ke ch’te di sa k’sé ?
– Minute ! Ça va me revenir.
– La sièn-n ké su l’bor d’la falèze ? Tu la kon-né o moin ?
– Oui ! C’est la villa Frite Au Vent. Ce sont des Bruxellois, monsieur et madame Van De Lair. Il y a une piscine avec ta villa mystère ? le questionnais-je.
– Eu la toute dé pisine.
– Je chauffe ou je refroidis ?
– Sé pa dé kouyan-nade Marc-Éric ! La vila k’ma ki t’parle a in-n pisine en « S » a deu nivo avec in-n kaskade a l’envèr ! Eu di k’sé la première o monde k’eu la fèt’ konme sa. L’o d’la pisine d’en ba moute dan l’sièn-n du ho ! A l’a munme in ti pon kourbé ki la traverse par l’mitan d’ola k’eu peu plongé. Kant’ tu vèye tout’ ensem’ d’en l’èr, in bin tu voué l’signe dolar déssiné d’van toué.
– Tu es sérieux ? Ça sert à quoi de tremper dans le chlore quand on a la mer à deux pas ?
– Tu veu dire k’tu kon-né pa sa ? Tout’ moun’ n’a parlé su l’ile !
– Non. Il faut dire que je ne fréquente que des iguanes en ce moment, ils sont beaucoup moins médiatisés.
– M’en vé t’le dire d’in-n ote fasson ! Tu passe par la goche, tu konte sis’ vila du koté bord d’mer é sé la sètième.
– Ce n’est pas plus simple en passant par la droite ? Moi je connais bien la villa Trèfle à Cinq Feuilles avec ses cocotiers en plastique, celle qui est en face de la villa ultra-moderne Kikinou Love avec ses lions en terre cuite et ses statues Grecque en imitation marbre !
– Sé kolé la !
– Je brûle alors ?
– Tout’ butin sé pou rire avec toué !
– C’est parce que je n’aime pas qu’on me regarde de haut.
– Sa k’tu rakonte ? Dieu seul é ki t’vèye d’en ho la !
– Non. Je le vois dans les yeux de ces statues.
– Va mète dé lunète de solèye é vèye in ote koté o lieu d’véyé lé zieu dé statu ! M’en vé léssé ma voiture déhor su l’koté du chemin, konm’ sa tu va vouèr ola k’sé.
– Je sais où elle est cette villa. L’ancienne piscine était en forme de cacahuète avec les coins carrés, ne pouvais-je m’empêcher de caricaturer.
– Min nan, a l’été ron-n avec in bar dan l’mitan su in ti z’ilèt’
– Ha bon. Je ne la connais pas alors. Je comprends qu’ils aient remplacé la piscine, ça ne devait pas être pratique pour ravitailler le bar par hélicoptère !
– Tu pe pa d’ète in tit’ béké sérieu d’temp z’en temp ! Ch’t’averti é ch’te prévien k’sé pa dé couyan-nade pou rire, plaisantait à son tour mon vis à vis qui ne pouvait s’empêcher de se gondoler.
– Je sais ! Tu vois la villa Caribbean Palace, celle qu’on vient de terminer avec ses quatre salles de bains ? A sa gauche, ce ne serait pas celle qui est en face de la villa Plein d’Oseille surplombé par la villa Pin-Up Cactus ?
– Sé jusse apré !
– Facile à trouver ! Ça fait un peu je-me-la-pête-land pointe Milou, tu ne trouves pas ?
– Sé pa la l’problinm’, n’a in groupe électrojène diézèl ki démare pu otomatik-man !
– En panne de gazole ? Gicleur bouché ? C’est le démarreur !
– Ch’koué bien k’sé plu kompliké k’sa ! Le moteur marche é l’alternateur fé du couran trifazé, jé déja véyé sa. S’t’in-n dé première vila ka réussi a avouèr du trifazé avan k’l’EDF a kemonsé a pu n’en don-né. Le moteur é la ke si eu n’a besoin kant’ n’a in-n koupure d’kouran
– Laisse-moi deviner, c’est le tableau relais qui dysfonctionne !
– Sé pire k’sa ! Le sien k’a fouyé d’dan kon-néssé pa argnien, la motchié du tablo a passé en feu ! L’afèr’, sé k’le propriétère a léssé sa kaze dan lé min d’un’ de sé bouaye k’ya invité du moun’ pou fèr in-n tit’ fète avec gran z’afèr a musik é lumière, min konm’ n’avé pa assé d’kouran eu l’a pa trouvé mieu a fèr’ k’d’alé alumé l’groupe pou avouèr plus’ d’ampéraje !
– Nannnnn ?
– La fête a fini avec la chin-ne ifi d’la chan-m’ é dé flambo k’eu l’avé achté o dernié moumen. Nou z’ote asteur, y fo remèt’ tout’ butin konm’ s’été avan, é fo pa k’sa kout’ trop’ chèr pace ke l’bouaye a gaspiyé tout’ sé sou pou chanjé sa k’a brulé.
– Arrête, tu vas finir par m’attendrir. La hi-fi a grillée ! C’était quelle marque ?
– J’me rapèle pu !
– Fais un effort quand même, je ne vais pas pleurer pour du made in USA low price !
– L’ampli sé t’in… Carton tcheuk choze… Lé ho-parleur sé du JB. J’m’en rapèle pace ke sé konm’ le whisky, sauf ki doué manké in-n lèt’. Ha oui, asteur j’me rapèle, pou l’ampli sé t’in Armand Carton 2X500.
– Ce n’est pas vrai !  Il y en a au bas mot pour soixante quinze mille francs ! L’ampli, c’est un Harman Kardon deux fois cinq cent watts et les haut-parleurs ce sont des JBL qui doivent être sacrement imposants pour encaisser une telle puissance !
– Le bouaye a été a Saint-Martin hier pou alé achté in-n ote chin-ne hi-fi. Sé pa t’in-n tit’ mine ke ya !
– Tu m’étonnes, Claude ! Attends, il y a un truc que je ne comprends pas, pourquoi c’est toujours sur nous que tombent les histoires les plus tordues, hein ?
– Bin, sé k’sé moué ka l’kontra pou l’entretien.
– Et bien tu vas envoyer la facture au père ! C’est lucratif de placer ses capitaux dans l’immobilier Saint-Barth pour doubler ou tripler ses bénéfices à court terme en créant volontairement l’inflation la plus rapide qu’ai connu l’île, mais il faut aussi assumer l’entretien, sinon pas de jackpot sans rien faire !
– Oui min l’problèm’ sé k’sa va fèr’ du dézord’ !
– On devrait faire quelques photos avant de tout remplacer.
– Tu koué ?
– C’est juste au cas où le fils mettrait en cause l’installation d’origine pour se disculper, te rendant responsable du court-circuit alors que tout fonctionnait parfaitement.

Pour le coup, Claude avait perdu le sourire. Il entrait dans le minuscule local technique de trois mètres carrés à peine, penchait la tête vers le manomètre, regardait la pression qui stagnait à deux virgule deux bars et s’apprêtait à me dire quelque chose quand, en une fraction de seconde, le ballon explosait dans un vacarme assourdissant, simultanément accompagné d’un déluge de liquide qui nous douchait instantanément de la tête aux pieds.

Situé à l’extérieur, légèrement en contrebas de l’encadrement, à trois enjambées du ballon, je prenais de plein fouet le souffle de l’explosion qui s’échappait par l’encadrement de la porte absente. Pendant un  instant indéfinissable, abasourdi, je n’arrivais plus à voir mes mains placées devant mes yeux. L’eau chargée de rouille s’était infiltrée sous mes paupières et j’avais un mal fou à voir clair. Mon tee-shirt avec lequel je tentais de m’essuyer les yeux avait changé de couleur, j’étais ruisselant de liquide couleur rouille… Maladroitement, j’avançais en direction du local et appelais :

– Claude ! Ça va ? Où est-ce que tu es ? Je lui demandais alors qu’il était devant moi.

     Mon pote était là, debout, couvert de rouille, les pieds nus dans l’eau boueuse, plaqué sur le mur du local technique qui avait pris la même couleur que lui. Le ballon était réduit d’un tiers, tenant debout par son fil électrique. Toute la partie basse avait disparue. Le moteur s’était ovalisé en percutant le plafond en béton armé qui avait gardé l’empreinte des ailettes de refroidissement. Un filet d’eau marron s’échappait du tuyau galvanisé sectionné au raz du plafond, bouché au trois quart par la corrosion. Je prenais l’avant bras de mon pote et le sortais de là. Du sang coulait de son nez, alors que le majeur de ma main gauche qui me brûlait changeait de couleur progressivement en passant de brun à pourpre.

– Viens ! Allez sors de là ! Tu es entier ? Tu peux marcher ? Rien de cassé ?

Soudainement, le poids du surpresseur retenu par son fil électrique faisait rompre celui-ci dans une gerbe d’étincelles accompagné d’un claquement de fouet de carnaval. Il y avait toujours du 220 volts sur le surpresseur ! La pompe toujours accrochée à la partie supérieure du ballon finissait sa chute en se brisant sur le mur opposé, juste là où était Claude l’instant d’avant…

– Claude, je ne peux plus ouvrir les yeux. J’ai comme du sable sous les paupières, ça me brûle, fait quelque chose, vite !

David arrivait en courant alerté par l’explosion et repartait tout aussi vite chercher sa trousse d’urgence. Nous n’avions que de légères coupures dues aux projections de métal fragmenté. Hors-mis le heurt du ballon sur le nez, mon partenaire s’était pris un coup de manomètre sur la pommette, qui par chance, l’avait tout juste effleuré. A peine remis du choc, il me versait de l’eau en bouteille dans les yeux pour en chasser au plus vite les résidus d’oxyde de fer qui me faisaient mal à hurler…

Le lendemain matin, après que Claude se soit rendu chez ALMA dès l’ouverture pour faire couper et fileter un tube à dimension, parés de lunettes de soleil style Blues Brothers, nous remettions à neuf l’installation d’eau pressurisée d’Autour du Rocher. Le local encore humide venait d’être nettoyé, le nouveau surpresseur en place attendait qu’on lui cheville les pieds au sol. David le gérant de l’établissement qui attendait impatiemment notre arrivée ne cessait de se confondre en excuses.

Claude qui savait tout faire s’occupait de la partie plomberie. Comment s’y était-il pris pour remplacer en un temps record le tube galvanisé de départ jusqu’à sa première jonction dans la cuisine restera pour moi un mystère. Pour la première fois, sans qu’il n’ait eu d’instructions à me donner, j’assurais seul le câblage et l’installation d’un disjoncteur dédié dans un boitier étanche qui n’existait pas auparavant. Jamais nous n’avions eu autant la pression alors que les clients louant les chambres de l’établissement auraient apprécié en avoir. David qui avait fait son possible pour se rendre utile en nous faisant gagner du temps nous applaudissait à la vue du robinet de la cuisine qui coulait avec force. Il sortait de sa poche une liasse de billets, réglait Claude sans qu’aucun de nous n’ait évoqué un montant. En plus de nos honoraires, nous avions de quoi largement remplacer nos vêtement et chaussures. Tout rentrait dans l’ordre Autour du Rocher, il était à peine onze heures et demi.

Munis de pansements peu discrets, d’un coquard pour Claude et pour moi de yeux de lapin Russe dégoulinants de collyre, forts de notre expérience explosive, nous nous rendions villa « Caribbean Fullbank XIII » en plein midi. Claude prononçait sa première phrase de la journée, évitant d’articuler pour ne pas réveiller sa douleur faciale.

– La fète é fini ! me disait-il très sérieusement en passant le portillon de la splendide villa.

Claude était gentil en m’ayant informé que le tableau avait pris un coup d’éclair. Certains fils avaient complètement fondu, les parois intérieures du tableau étaient noircies sur toute la partie supérieure… Ici aussi, remplacer les composants dans leur intégralité ne serait pas du luxe.

Nous n’avons plus jamais revu le fils sur l’île. Le propriétaire de la villa a renouvelé son contrat.

Les semaines passèrent, nos écorchures aussi. Claude avait toujours les yeux bleus, les miens étaient redevenus verts. On s’est raconté cette histoire cent fois encore avant qu’elle soit enfin rédigée, un quart de siècle plus tard.

Dédié à Claude, mon coéquipier électricien et éternel ami.

A suivre…

Claude en pause, alors qu’il a la charge de creuser le sable et les coquillages de Grand Galet pour la mise en place du filet de volley-ball. Saint-Barth, 1986

Rédigé le 01 avril 2011
Texte & dialogues : Marc-Éric
Traduction patois : J

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7 commentaire

  1. Une très belle histoire, comme toutes celles que tu écris à chaque fois, et qu’on aime tant lire. Tu décris chaque instant passé avec ton ami Claude, avec tellement de sincérité les mots qui viennent du cœur. Une belle amitié vraie et qui vit au-delà de tout.

    Autour du rocher « Around the Rock » Un endroit magique, bcp d’entre-nous ont gardé de beaux souvenirs de Jeunesse !

    1. Merci Sably, heureux que tu apprécies, merci à toi d’être là et de participer aux Mains Magiques.
      Bises_____ME 🐰😀🐰

  2. Yesss ! Je ferme lé zieux et j’y pense 😊👍🏻

    (transfert com Fb 2011 à WP)

  3. Quelle belle amitié !!!

    (transfert com FB 2011 à WP)

  4. C’est juste vibrant d’émotion !!!!

    (transfert com FB 2011 à WP)

  5. Caroline Daniel

    Très beau récit, magnifique histoire d’amitié agrémentée d’une touche d’humour irrésistible. Vous formiez visiblement un duo exceptionnel et puis, tellement authentique !

    (transfert com FB 2011 à WP)

  6. C’est beau, c’est puissant, une amitié franche et sincère. Merci M-E. Merci de nous le rappeler.

    (transfert com FB 2011 à WP)

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