LMM31 – Claude le Corossolien

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Hèèèye ! Kemon k’sa rèsse bouaye ? Toujou dan lé z’afèr a dézod’inateur ?


– Vé ! Un revenant. J’aime bien « dézod’inateur » c’est un joli jeu de mots. Un ordinateur à problèmes ! C’est vrai qu’avec Windows 2.11 quand l’écran devient tout bleu avec inscrit « Failure System » tu as l’impression que le ciel t’est tombé sur la tête et que l’ordi est bon à mettre à la poubelle. É toué, sa ki t’grat’ man ? lui répondais-je sans y mettre l’intonation.
– Sa ki t’pik enkor’ ?
 T’arsenm’ sa ka eine vieuye mine !
– J’ai encore fait un rêve bizarre cette nuit. Je n’ai pas le moral, ça se voit tant que ça ?
– Sa k’j’antan la ? Té mal kablé o té tou bon-nman dékon-nèkté ?
– Les deux. J’ai du mal à accéder à mon conscient.
– Pas m’dire sa ! Na in butin ki va pa dan ton diks’ mol depi tcheuke temp.

–  Je préfère ne pas en parler, c’était surréaliste. Tu as le moral toi ?
– A l’huile mou pote ! Ju corossolien pa obliyé sa, é sé pa demin la vèye k’sa va chanjé ! me répondait-il joyeusement, avec son éternel sourire aux lèvres.
– Tu en as de la chance. Comment fais-tu pour être heureux tout le temps ?
– Fé konme moué, don-ne dé vakans’ a té problinme !
– Ne me dit pas que tu n’as pas de problème ! Ta femme est revenue ?
– Ton-nèr du Diab ! La vie é si dure par mouman. Si ch’kouéyé pa en Dieu, j’voudré pa vouère sa ki sré d’jà deveni d’moué.
– Tu aurais fait comme tout le monde, tu aurais cicatrisé ! Ou pas… contrebalançais-je mon argument en pensant à mon expérience personnelle sur laquelle, même en ayant tenté de pardonner, j’avais été incapable de clore le chapitre.
– Hélas’ tu peu m’kouère, i n’a lontan k’mé zo oré fèt’ dé kalumèt’ !
– Tiens, tu t’exprimes à présent ? Je sais de quoi tu parles, j’ai vécu la même chose avec une blonde aux yeux bleus, un être rayonnant par sa beauté mais dénué de cœur. Non, pas de cœur, je devrais dire d’authenticité, d’humanité, de divin. C’est ça. Je ne saurais pas dire qui elle était vraiment, mais après réflexion, ce n’était pas à franchement parler une Terrienne comme toi et moi. Cet être a détruit par courrier une relation amoureuse en un claquement de doigts avec la froideur implacable de l’imposture. Les humains dotés d’une âme ne peuvent pas faire ce genre de chose. C’était cruel.
– Tu kon-né ! É bin sé konme in ra d’maré ké passé su moué. La lanme m’a emporté, a m’a roulé, roulé enkor’ ! Roulé avec méchansté ! A m’a kassé lé bra du corp, viré tou partou, é apré sa, a sé halé, oui. A m’a kité moué seul su l’sab’, a motchié néyé.
– Pour un Capitaine, c’est la métaphore qui convient le mieux !
– A prézan, i fo k’j’arpran mé z’espri, fo k’j’rouve mé zieu, ke j’vèye devan moué pou mèt’ sa ki m’rèss de fors’ ensan-m’, konme lé grin d’sab’ ki fé la plaje, i fo ke j’vèye in mouman l’bleu du sièl pou m’recharjé. Fo ke ch’trouve la volonté d’m’arlevé, d’marché su mé deu janme. Alé Claude du Corossol ! Debout’ bouaye, l’flim é pa fini ! me disait-il victorieux avec ses bras de vainqueur au-dessus de sa tête. Minme si j’gabar’ konme in moun’ sou, fo mèt’ in pié devan lot’, i fo k’j’avanse, gardé s’t’idé la dans ma tète. Avansé ! Tu kon-né sa k’sé ? Avansé enkor’ munme si sa t’fé mal tou partou. Toujou avansé, pa dézèspéré ! Alé d’l’avan. Pace ke n’a rien d’ote a fèr’ é person-n kon-né sa ki va s’passé pou toué demin.
– Tu es combatif comme tes parents, c’est me moins que l’on puisse dire. C’est ce qui te différencie de ceux qui baissent les bras trop vite devant l’adversité.
– Mé paren a rédi l’diab’ par la tcheu pou nou z’envoyé a l’école pou arpren-n a lire é a écrire, min on a janmé fini d’arpren-n d’la vie. Ch’peu pa leu fèr’ d’la pin-ne en léssan mé bra tombé, tu kon-né !
– Quel livre t’a marqué le plus durant ta scolarité et en quelle classe ?
– En katrièm’ sé l’Cidre a Kornèye. Jé retenu, Oraje ! O dé z’espoir ! O chèssrèss ein-ne’mie !
– Ha ha ha ! Excellente la version du Cid en Patois avec l’eau qui fait tant défaut sur l’île. Comment fais-tu pour avoir autant d’humour malgré tout ce qui t’arrive ? Tu as un secret ?
– J’rèss moin minme.
– Tu es une source d’inspiration pour moi. Nous vivons vraiment dans un monde à part à Saint-Barth. Nous devrions tout faire pour protéger l’île avant qu’elle ne se fasse mondialiser et que nous perdions une partie de son âme.
– Sé l’progré mou pote, sa k’tu veu k’ch’te di ? Person-n peu pa arété sa.
– Je sais, tout le monde tombe dans le panneau, moi le premier. La technologie est juste un plus pour l’homme. En réalité, elle nous ligote à la société de consommation en rajoutant des tours de chaine bien serrés pour qu’on n’y échappe pas. Tous ces appareils ne nous apportent pas plus de bonheur ou de santé, bien au contraire.
– Sem-Barth é bèl’, la nature é bèl’, sé sa ma forse. Ta d’ja vu l’boulanjé d’Anzé Flonman ki don-ne a manjé o mangui su la plaje ? me demandait-il face à un faciès interrogatif. Eu kriye sa lé mauve ossit’, rajoutait-il pour me mettre sur la voie.
– Ah oui, j’ai vu le spectacle au loin une fin d’après-midi en dégustant un coco, c’est toi qui me l’a fait découvrir. Ce doit être palpitant quand tu lances toi-même le pain aux mouettes.
– Tchinmir, n’a argien d’plus’ bèl’ kant’ tou sé mangui la vole tou partou otour d’toué, k’eu kriye dan té z’orèye, sé pou moué ! Sé pou moué ! Sé konme si t’avé dé z’èle é k’tu volé avec eu ! me souriait-il les yeux pétillants de contentement.
– J’aimerais m’exprimer comme toi. J’aimerais parler ton Patois. C’est une langue captivante à la fois simple et imagée. Elle est le reflet des âmes locales qui échangent entre elles.
– Vouzot’ a arpri l’fransé a l’école, vouzot peu arpren-n l’Patois, sé fasil. Min konme ch’té d’ja di, na pa d’diksionère é na pa d’gramère pou l’écrire konvenablemen. Arpren déja a l’parlé, é t’ora eine richèss en plus’.
– Je vais le faire. Je ne sais ni pourquoi, ni comment je vais m’y prendre, mais je le sens, il y a quelque chose en moi qui vous ressemble, quelque chose à l’intérieur qui vibre en Patois. Peut-être parce que cette île magnétique m’a apporté autant d’énergie qu’à vous ? Peut-être parce que comme toi, j’en suis tombé simplement amoureux ?
– Sé pa en deu jou k’tu va fèr’ sa, non ! Tu n’ora bezoin d’eine pile de moune pou t’don-né la min parce ke person’ écite kon-né toute, é k’son pa d’akor’ su argnien !
– Ce n’est pas toi qui m’a répété mille fois que c’est une question de phonétique ?
– Sé sa ke ch’pense. Jé d’ja réfléchi in bon ti mouman. N’a pas d’ote solusion. Fo in moune ka dé bon-n zorèye pou écri lé mot konme i fo. Ta d’la chans’, ta dé bèl’ zorèye d’lapin !
– Toujours aussi drôle, je constate que tu n’as pas perdu la main coté humour !
– Ch’peu t’don-né in coup d’min pou ton liv’. Ju sérieu. Min sa s’ra in liv gratui, sé moué ki t’le di. Si s’liv’ la é vendu, tu pora pa gardé l’arjen. Sé l’arjen du Patois a nou zote, person-n peu fèr’ d’larjen avec le Patois, sa fré veni le maleur su toué, sé pa d’la blague.
– Ce serait un livre magique ? Un vieux grimoire ensorcelé au point d’avoir une interaction avec ceux qui en feraient le commerce ? Il n’y a qu’à le donner pour éviter le sortilège ?
– Tu pe pa l’don-né ! rectifiait-il sa pensée au bout d’un instant de réflexion. Tu pe l’achté, arpren-n tout’ sa ki na a kon-nète é l’arvende plu tar pou fèr’ plézi a in moune, min tu pe pa gardé l’arjen pou toué-munme.

– Tu m’effraies ! On en fait quoi de cet… je vois où tu veux en venir. On l’utilise sous forme de donation ou de service à rendre pour les personnes des métiers de la paille ! Alors, j’ai visé dans le mille ou pas ? questionnais-je mon vis-à-vis qui me répondait par un sourire triomphant. L’éternel coup de main qui fait tant de bien à l’âme. C’est bien toi ça !
– J’vou don-ne un komandeman nouvo a di l’seingneur « inmé-vou lé zun lé zote, konme j’vou zé inmé »
.
– Bien dit. Il n’y a pas plus simple. Le bénévolat est un beau concept qui nous relie les uns aux autres, sans besoin d’autres liens que d’être humain. Au service se son prochain devrais-je dire si je voulais paraphraser Jésus. Tu vois, je suis en progrès. Dis-moi, ça ne fait pas un peu juste un seul grimoire ? Et s’il venait à disparaître de la circulation ?
Tu va n’en fèr’ sorti douze, konme pou lé z’apote.
– Tu n’aurais pas les numéros du loto par hasard, non ? Ça va tomber du ciel ? D’accord !

– Ju bien kontan d’tavouèr kon’nu. Konme sa tu va pouvouèr kontinué sa k’jé kemonsé. Tu pora fèr’ suiv’ mé zidé. Tu veu rire pou t’chanjé sa k’ta dan ton coco d’tète ?

– Vas-y, fais-moi rire, j’ai besoin de me relaxer de mes lectures sur les toxiques.
– Tu kon-né keman k’lé moune du Corossol ki rèsse koté gauche d’la route a sinkant’ mète du brizelanme kriye en Patois in boug spésialis’ dé zieu ?
– Attend, ça ne serait pas chez tes parents par hasard ?
– In zieutologue ! répondait-il sans me laisser le temps de réfléchir.
– C’est pour de vrai ou c’est pour rire ?

– Koté Tère-Neuve, eine bougrèsse ke ch’kon-né bien di docteur a zieu. En vérité d’Dieu !

– C’est vrai ? Avec toi quand il s’agit de Patois, je ne sais jamais si tu es sérieux ou pas.
– Pèrson-n nou z’empèche d’inventé dé mot pou fèr’ la blague, nan ! Tchin, ékoute sa : in karisié, tu kon-né sa k’sé ?

– Un carrossier ?
– Min nan ! Ka – Ri – Sié ! Tu voué pa ? In karisié, sé l’boug ki répare lé den rouyé !

– Ha ha ! Pas mal. Elle est bonne. Je m’en souviendrai de celle-là ! souriais-je sincèrement.
– Tu kon-né pouki k’ch’fé pa d’politik ? me regardait-il avec insistance. Pace ke ch’ré janmé malpoli-tisien !
– Pas mauvaise. Je préfère karisié avec les dents rouillées ! Zieutologue est bonne aussi.
Hélas, a Sem-Bath n’a pa d’zieutologue pou lé zieu, na pa d’servis’ d’zoréyolojie pou enten’ mé kouyon-nade, na pa d’vérutologue pou lé grin d’boté, na pa d’micozologue pou lé tache blanche, na pa d’kouyonologue pour lé problinme d’servo, é na pa d’gadè d’z’afèr’ pou lé problinme du tcheur konme eu kriye sa.
– Qu’est-ce que tu veux qu’on y fasse ? Il faut apprendre à faire sans, répondais-je résigné.
Heureuzman pou nou zote, na in cacatologue !

– Un quoi ?

– Popèye é son démon d’kamion pou purjé lé fos’ septik !

– Ha ha ha ha ! m’esclaffais-je sans retenue. Ha ha ha ha ! reprenais-je de plus belle. Elles sont excellentes, c’est vrai que rire remonte le moral. Tu les tiens d’où ?
– Sé konme ch’té di, si tu charse pa lé blague toué munme, na pa eine pile de moune ki va t’fèr’ rire a prézan. Eu la trop’ d’problinme dan leu vie.

– J’aime bien cette suite-là ! Il faut que je la note. C’est plus gai que les maladies par dizaines que je découvre en ce moment.
– Ta pa fini d’lire sé magazine la ? Tu kon-né déja tout’ su tout’ !

– Ce n’est pas parce que je me suis fait une vingtaine de fiches que je sais tout. Non, ce qui me préoccupe, c’est le changement radical d’alimentation que je vais devoir faire si je ne veux pas que les bactéries qui sont censées digérer les chairs animales le fassent par putréfaction à m’en donner des gaz et à m’enflammer les intestins de façon chronique. Je devrais faire une pause coté protéines animales, ça me ferait le plus grand bien.
– Tu kon-né sa ki fo fèr’, sé pa difisil pou toué !

– Tu es marrant toi ! Rééquilibrer son terrain au niveau acido-basique n’est pas une mince affaire. Bien sûr que c’est difficile de ne plus manger d’aliments acidifiants à commencer par les produits à base de farine comme le pain, les pâtes et le riz blanc ! Au revoir les patisseries et les sucres raffinés ! Adieu les protéines animales ! Ça veut dire plus de poisson, de fruits de mer, de viande, de volaille, d’œufs, ce qui implique tous les produits laitiers comme le lait entier que j’adore, les yaourts, les fromages, le beurre, la crème dans les pâtisseries, le chocolat au lait, mais aussi le noir qui est encore plus toxique à cause du… de… je sais moi ? Une seconde, je vais te dire ça, j’ai une fiche sur les poisons.

Voilà, écoute bien : la théobromine appartient à la famille des alcaloïdes, proche de la caféine. Le cacao ainsi que le chocolat noir sont donc particulièrement toxiques. Cent grammes de chocolat noir peuvent tuer un chien. Allez circulez, il y a rien à voir ! Bravo la pub à la télé qui nous matraque trois fois par jour pour nous inciter à consommer du chocolat en oubliant de nous dire que ça contient un poison ! Oublie la caféine qui elle aussi est un poison majeur et pourtant ce n’est pas les pubs de café qui manquent en vantant leurs saveurs corsées, il y en a partout ! On se sert de la caféine comme insecticide sur les plantes pour les protéger des ravageurs. C’est donc inoffensif ! Vous prendrez bien une tasse de café mon cher ami ? Deux ou trois sucres qui n’apportent aucun nutriment à l’organisme ? Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir. Allez, je vous en mets quatre, soyons généreux ! Un nuage de lait aux anti-bios hormonés peut-être, ça ne contient que trois cent fois plus de caséine que le lait maternel ! Dois-je vous rappeler mon Capitaine que la caséine est une colle puissante qui encrasse notre organisme de façon dramatique ? Non, bien sûr que non ! L’information est connue de tous, c’est pour cette raison que tout le monde prend plaisir à s’empoisonner quotidiennement ! Alors, toujours envie d’un grand bol de badmix ? Vous ne pouvez pas refuser mon cher. Stop coupez ! On joue à quoi là ? Trois poisons additionnés dans la même tasse ? Tu imagines la tête du foie qui doit traiter toutes ces substances toxiques évacuées directement vers les intestins qui se pincent le nez en laissant tout passer vers le courageux colon gonflé d’excréments putréfiés qui pourra éliminer son contenu dès qu’on lui en donnera l’autorisation ? La dose mortelle pour un individu en bonne santé est dix grammes de caféine. Ça correspond à trois cent trente tasses d’expresso, alors qu’un seul gramme peut provoquer un empoisonnement.
– L’boug ki boué trent’ toua tasse de café par jour é d’ja bien malad’ dan sa tète bouaye !

– Je ne te le fait pas dire. Rajoute au café le sucre industriel qui non seulement est le principal poison pour notre cerveau, mais a aussi un impact désastreux sur notre santé en participant activement au diabète et à l’obésité et la boucle est bouclée. Les deux mélangés comme c’est de coutume, tu obtiens une vraie bombe à retardement pour ton organisme. Rien que ça me fait sauter au plafond ! La douceur du sucre se paie cher, mais tout le monde à l’air de s’en moquer éperdument parce qu’il y a la formidable sécurité sociale. La sauveteuse providentielle issue de nos portefeuilles, qui offre toujours une solution à un problème de santé sans jamais en déterminer la cause directe. Notre ignorance en matière de nutrition m’exaspère à un point, tu ne peux pas savoir !
– Té ki m’fou eine blague ?

– Je voudrais bien, mais je n’ai pas le cœur à faire des galéjades ce matin. Si je devais suivre à la lettre ce que je viens de comprendre, je devrais me contenter de fruits crus et de légumes bouillis ou vapeur. Il faut avoir une sacrée volonté pour dire du jour au lendemain je ne mange que des végétaux !
– Sa s’ra pa difisil’ pou in lapin konme toué ! essayait-il de me remonter le moral.
– J’aime les carottes mais pas au point d’en manger à tous les repas. Quoi que… ça dépend comment est présenté le menu. Si tu me proposes gracieusement une entrée de :

« Carottes râpées Label Rouge au sel de Guérande,
 avec sa sauce battue au vinaigre de cidre Normand et huile d’olive AOP Corse, 
mélangée à de la moutarde de Bourgogne » ça me va. Je ne vais pas faire le difficile.

Si c’est suivi de délicieux « Filets de Carottes Priméale poêlés aux herbes de Provence,
 agrémentés de son arc de gousses d’Ail Rose de Lautrec doré au four à bois » je ne dis pas non. Tu me connais, je suis féru d’ail cuit.

Si les filets sont accompagnés de « Frites de Carottes Persillées des Jardins de l’Élysée
 et de sa Majestueuse Purée de Carottes Chantilly à la texture fondante d’un sucré exquis, le tout Couronné de Rondelles d’Oignons Rouges tressées à la Saint-Barth » impatient comme je suis, je te dis oui dans la seconde.

Si tu rajoutes pour la boisson le fameux « Jus de Carottes-Gingembre Frappé, surmonté d’une Rondelle de Citron Pays » je saute de joie !

Enfin pour le dessert, si tu me présentes un « Suprême Glacé de Carottes Blanches et Bleues d’une extrême douceur,
 flottant sur un Océan de Coulis de Framboises furieusement acidulé façon Chef Lapinart » alors là, je ne réponds plus de rien !

– In vré manjé d’lapin sink étouèle ! Munme o Manapany eu l’a pa s’te kalité d’menu la !
– Tu comprends pourquoi je suis tenté de me remettre en question ?
– Tu poré kemansé avec le karème, sé fèt’ pou sa.
– Tu lis dans mes pensées.
– Vouzot’ é plus intélijan é plus avansé k’nou zot’ koté manjé. Na in patchète de ti moune a Sem-Bath k’a yu dé problinme avec le lète de vache, kant’ lé bébé vonmissé, k’eu l’avé la diaré ou dé roujeur. Kant’ lé tizan-n fézé argnien pou lé guéri, on leu don-né du lète de kabrit’ é navé pu d’problinme. Min sé pa toute moune k’avé dé kabrit’ ! Falé trouvé dan lé kartié alentour eine kabrit’ k’avé dé petit. Écite, eine pile de fonme s’don-né la min konme eu pouvé pou l’anmour d’leu z’enfan.

– Il semblerait que vous ayez un métro de retard sur certains points, taquinais-je le Capitaine en lui donnant une tape sur l’épaule. Mais non, je plaisante Claude ! L’intelligence ne se mesure pas au niveau cérébral. C’est l’intelligence du cœur qui compte.
– Moué ch’te di, avec toué écite, on a in patchète d’avanse, é sé pa petète !
– Tu vois, avec ce que tu viens de me dire, je ne crois pas que nous soyons plus avancé que vous, même si nous sommes capables d’élaborer un menu monodiète avec un légume polyvalent. Est-ce à nous de retrouver votre bon sens et votre humanité, ou est-ce à vous de rattraper notre société de consommation débridée et notre déshumanisation outrancière ? La réponse est vite trouvée, c’est vous qui êtes dans le vrai.
– Jé kemandé a Christian Arnaud you Blandin en Guadeloupe ta perseuz’, ta si-soteuz’ é l’patchète de lame T101 k’ta demandé. Sa t’fé plézi ? m’apprenait le Capitaine en passant à autre chose alors que je n’avais pas mis de point final à mon sujet.
– Merveilleux, merci ! J’ai dessiné plusieurs modèles de frises, il faut que je me décide à bricoler deux tréteaux adaptés à ma hauteur. Commencer une activité en plein air à l’ombre d’un tamarinier sur un terrain en pente sera peut-être une façon de débuter avant de louer un local dédié à cette activité qui prend de la place et génère de la poussière.
– Tu peu demandé a mou frère Daniel pou travayé dan son atelié !

– J’y penserai, merci. Que me vaut vôtre venue mon Capitaine ?
– Jé bezoin k’tu m’don-ne in kou d’min pou changé lé gain’ne su l’chantié du boug a cheveu jôn. La fonme du boug a d’ja chanjé troi foi la place dé prize d’la kuzine é d’la sale de bain. A va m’ren’ fou. Jé souèf’ ! Se levant d’un seul coup il me demandait : Ta d’la mente ?

– Non, je n’en ai plus. Ni thé, ni café, ni soda, certainement pas d’alcool et plus de sucre industriel. J’ai arrêté le lait, ça me bousille le foie. Le lait c’est fait pour nourrir les veaux qui doivent prendre rapidement du poids. Ce n’est pas bon pour les humains, mais tu le savais déjà. C’est plein d’hormones de croissance, d’antibiotiques, d’injections diverses et variées de produit tox…
– Tu manje pu d’suk’ ? me coupait-il de la cuisine pour m’éviter de me répéter.
– Non. J’ai aussi arrêté le sucre roux. J’ai des problèmes de digestion, tu le sais. Mon transit intestinal qui passe par des hauts et des bas n’est pas ce qu’on pourrait dire une merveille de régularité. Je suis tombé par hasard sur un article qui vante les mérites de l’institut Hippocrate en Floride créé en 1956.
– Sé sa k’tu vèye ?
 Ola ké l’o frèt’ ? Sak ta fé avec l’bac a glasson ?
– Arrête de chercher ! Sers-toi un verre d’eau de citerne et rajoute deux gouttes de citron, ç’est pile ce qu’il te faut. Ça fait trois semaines que je passe mon temps à lire la pile de magazine sur la santé que m’a prêté Mutti ma voisine. J’en ai profité pour rouvrir ma bible et j’ai fait un parallèle troublant avec l’article sur l’Amaroli. Je vais te lire ce que Paul a écrit aux Corinthiens vers l’an 54. Le temps de mettre la main sur ma fiche qui évidemment se trouve la bonne dernière. Voilà, tu es prêt ? Tu m’entends ? Ouvres bien tes oreilles. Pendant le dernier repas, alors que Judas à quitté la table pour livrer Jésus aux Grands Prêtres et aux Pharisiens, c’est pour Jésus la dernière occasion de nous transmettre l’ultime enseignement. De quel message aurions-nous le plus besoin ? Que devions-nous retenir de si important ? Mis à part les Rayons Rouges du Corossol qui sont une formidable thérapie visuelle pour nous libérer l’esprit, quel message vital pouvait-il nous offrir pour nous venir en aide quand nous nous retrouverions face à nous-mêmes ? Est-ce l’amour ? Le partage ? La santé ? Il commence par dire aux apôtres « j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné ». Tu sais, les phrases bibliques du genre « aimez-vous les uns les autres » ou « ne mangez pas vos crottes de nez en conduisant » et « ne pétez pas à Public en fumant ! ». Il avait raison, avec les réserves de carburants, c’est plus prudent.
– Sacré ton-nère, jé entendu ! Ta perdu la tète bouaye ?
– Je plaisante Claude ! C’était pour voir si tu étais avec moi. Donc, Jésus prit du pain et après avoir remercié Dieu, ce qui est un acte de gratitude étroitement lié au bien-être, le rompit et le donna à ses disciples en disant : « ceci est mon corps, qui est rompu pour vous, faites ceci en mémoire de moi ». Personnellement, j’entend partage et je vois aliment d’origine végétale, c’est mon interprétation. De la même manière, il prit la coupe après le souper et dit : « cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Faîtes ceci, aussi souvent que vous en boirez, en mémoire de moi ». C’est dans 1 Corinthiens 11: 23-25. Avoue que ce n’est pas comme « versez le fruit de la vigne et buvez c’est mon sang » ! Si Paul mentionne le pain, il ne parle pas de vin à cet instant. Il est à parier que les textes originaux ont été réécrits au fil des siècles pour éloigner les humains du message originel. Une question de pouvoir sans doute ? Sinon de quel allié issu de son sang parle Jésus ? Je crois avoir trouvé la réponse. En fait, j’ai l’intuition qu’il parle de notre propre sang sous sa forme filtrée. Un liquide qui comporte toutes les informations dont nous avons besoin pour nous rééquilibrer nous-mêmes, il nous a révélé ce pouvoir. Une eau dorée que nous avons à disposition vingt-quatre heures sur vingt-quatre, listant notre état de santé plusieurs fois par jour. Les nombreux témoignages de guérison que j’ai pu lire dans cette revue en attestent. Ça tient presque du miracle. Tu savais toi que le liquide amniotique dans lequel le bébé est enièrement immergé, poumons y compris, est sa propre urine ? C’est-à-dire son sang filtré par ses reins ? Comment est-ce possible ? A ce niveau de contact intégral, si ce sang filtré était toxique, le bébé ne survivrait pas. Or, c’est le contraire qu’il se passe. Ne bouge pas, je te lis ma fiche : « tout au long de la grossesse, le liquide amniotique sera essentiellement formé par l’urine du bébé et par des sécrétions pulmonaires. Rien que ça ! Perpétuellement renouvelé, le bébé déglutit le liquide amniotique, l’avale et l’élimine en urinant. Il en absorbe entre 200 et 500 millilitres par jour » point ! Un demi litre par jour ? Tu te rends compte que ça équivaut à un minimum de deux litres pour un adulte ? Est-ce le secret de guerison ? Le rééquilibrage global ? Le check-up absolu que tout le monde cherche en courant dans tous les sens en passant d’un service médical à un autre ? Il y a forcément une méthode autre que le pétro-chimique, plus simple, accessible à tous, ce ne peut être autrement. Il faut raisonner en se projetant au moment où ces phrases simples ont été prononcées même si nous n’en avons plus le sens exact. Imagine-toi deux mille ans en arrière. Il n’y avait pas de pharmacies modernes avac parking comme aujourd’hui, de cachets en tablettes sous ordonnance, de radiographies au scanner IRM, d’opérations à coeur ouvert robotisée à distance, de traitements chimio par tri-thérapie auquel nous croyons comme si c’était une religion. Tu es Saint-Claude, apôtre de Jésus. Attablé avec lui à ses cotés, il te donne ce message d’une importance capitale qui est encore un secret de vie pour la plupart des humains en souffrance. Que fais-tu si toi-même tu trouves la dégénérescence physique sur ton chemin ? Nos Dieux nous ont-ils créés pour que nous soyons malades et soufrants durant toute notre existance ? Je croyais que par amour, ils nous avaient fait à leur image, pour que nous restions beaux et en pleine santé jusqu’à notre dernier soupir !
– Va pa rakonté sa o moune, oui ! Na in patchète ki va kouère k’té fou. Sé Mutti ka mi sa dan ta tète ?
 me répondait le Capitaine désappointé.
– Quand elle a vu mon niveau en nutrition, en me posant trois questions courtes, elle m’a fait réaliser en moins de dix secondes ma nullité absolue en ce qui concerne le fonctionnement de mon organisme. En particulier notre extraordinaire centre d’analyse directement relié au cerveau qu’est nôtre sphère buccale. En quelques heures, elle m’a appris bien plus qu’une enfance passée avec ma mère qui ne pouvait vivre sans son armoire à pharmacie, ses crèmes, ses anti-dépresseurs, ses laxatifs et ses somnifères.
– A l’é docteur ossit’ ?

– Encore mieux. Mutti m’a dit que nous avions d’origine un douze cylindres en V dans notre boîte cranienne, mais que c’était à nous de mettre les bougies d’allumage. Dans mon cas, elle m’a dit que tourner sur quatre cylindre c’était courant mais que ce serait beaucoup mieux si je rajoutais les huit bougies manquantes.
– Té kon-me lé vieu taco Lapinou, t’arsen-me a ta Brazilia ! riait-il amicalement de moi.
– Moque-toi de moi, vas-y, profite. Même apprendre te fait rire !
– Sa m’fé pensé a eine blague. Tu kon-né pouki k’lé zenfan d’écite travaye bien a l’école ?
– Parce qu’ils vivent sur la plus belle île de la caraïbe ?
– Pace k’eu l’inme pa lé koup d’Bath-on !
– Elle est bonne celle-là.
– Konman k’lé Sinme-Bath fé pou bouère su la mèr ?
– En buvant une tasse ?
– Avec in Bath-o-siterne !
– Tu m’a eu. Bravo Claude, joli trait d’esprit.
– É s’tèle la, tu la kon-né ? Pouki k’on a toujou d’lénerjie écite ?
– Parceque les gars d’EDF font bien leur travail ?
– Nan, ta enkor’ perdu. Sé pace ke lé Bath-ri !
– Très bonnes ces blagounettes. Je les note sinon je vais les oublier, attrapais-je mon agenda sur le quel je gribouillais vite fait ces trouvailles dans une marge encore vierge.
– Ta d’jà rempli l’ajenda k’ch’té don-né ?
– J’économise le papier. Tu veux que je te dise ? Il faut que je change ma vie et je suis le seul à pouvoir le faire. Il me faut redécouvrir une logique évidente si proche de nous qu’on ne la voit pas. La solution à nos maux ne viendra pas de l’extérieur de nous, mais de l’intérieur. Et si le message divin était tout simplement en nous ? Mutti m’a dit que je ne devais compter que sur moi-même pour comprendre par la lecture qui nous étions.
– É moué ? A m’a obliyé ? Ju champion du monde d’jus d’papaye !
– Elle est naturellement curieuse, incroyablement instruite, autonome et en pleine santé pour son âge. Elle m’a dit que le cerveau fonctionnait comme un muscle. Plus on s’en servait plus il devenait performant ! J’envie son savoir qu’on ne nous a pas appris à l’école. Pour conserver un excellent transit intestinal, son régime est basé sur des aliments riches en enzymes, complété par des pensées constructives et des soins par les plantes qu’elle nomme ses alliées. Pour l’instant, je me suis transformé en crudivoriste.
– Naaan ! Té deveni in vré lapin ?
– Je ne cuit plus rien. Je ne te dis pas le temps que je gagne en cuisson et en vaisselle moi qui suis plus qu’impatient. J’ai une anecdote à ce sujet. Quand j’étais petit, ma mère nous accompagnait le vendredi soir mes frères et moi chez ma grand-mère paternelle pour y passer tout le week-end, ça lui faisait des vacances disait-elle. Je me rappelle qu’affamé, avant de passer à table, j’attrapais une mandarine, parfois deux et je les dévorais avant qu’arrive dans mon assiette, l’immanquable cuisine au beurre composée d’une escalope de veau et d’une montagne de purée mousseline avec son cratère de jus de cuisson sanguin et graisseux qu’on nous servait systématiquement pour la plus grande joie de tous. Pour que ça passe mieux, je mangeais cette viande blanchâtre avec un oignon. Je finissais l’oignon et la purée avant la viande et quand je ne la mangeais pas en entier, ma grand-mère ne me forçait pas à la finir comme le faisait ma mère. Ça la faisait même sourire. Elle disait à qui voulait l’entendre que ça ferait le bonheur de ses chiens alors que mon grand-père friand de charcuteries et de fromages me faisait les gros yeux. Si j’avais eu la possibilité de ne manger que des fruits, je l’aurais fait sans me soucier de savoir s’il y avait de la viande ou pas. Les années passant, j’ai fini par me nourrir de bidoche comme tout le monde sans me poser de questions. Jusqu’au jour où je me suis déréglé pour de bon à force d’absorber en plus des produits laitiers, des sucreries pour la plus grande joie des bactéries qui m’ont aidé à collectionner les caries. A dix-huit ans, sans avoir été averti au préalable, j’héritais d’une lourdeur sourde dans les intestins qui ne m’a plus quitté. Comme je n’ai pas su écouter mon ressenti intestinal, les appels au-secours de mon tube digestif que je remplissais comme on gave les oies, addict au sucre et au chocolat comme je l’étais, je me suis préparé un terrain à problèmes avant l’heure.
J’ai donc appris ces trois dernières semaines que l’équilibre acido-basique est le point de départ. Les maladies comme le cancer, la leucémie, la maladie de Parkinson, l’hépatite, le diabète et le SIDA pour ne citer qu’elles, ne peuvent se developper que sur un terrain acide quand on a un foie fatigué, un pancréas à bout de souffle et un système digestif enflammé en permanence qui finit par rendre notre système immunitaire défaillant. Or, ces acides sont principalement issus de protéines animales. Alors, que devais-je faire ? La réponse est simple comme bonjour. Selon l’institut Hippocrate, éviter tout ce qui est d’origine animale. Sais-tu ce qui m’a décidé à passer à l’acte avec une confiance en mon organisme forte comme jamais ?
– Lé karant’ jour d’karème d’la Bib’ ?

– Là tu me tues ! J’ai vraiment l’impression d’être un ignorant avec toi. Vous êtes tous comme ça à Saint-Barth ? C’est à se demander ce que j’ai fait ces vingt dernières années. Mutti m’a prêté sa Bible. Au fait, tu sais ce que veut dire Mutti en Allemand ?
– Jé déja du mal a parlé anglé, alor l’alman tu pense bien ! Ch’kon-né pa eine mèrde !

– Rassures-toi, je ne le savais pas non plus il y a deux jours. Ça veut dire : Maman. Je disais donc, quarante jours dans le désert sans boire ni manger, je n’ose imaginer la force de caractère qu’il faut pour passer une telle épreuve, et c’est sans compter les tentations du démon qui comptait sur un éventuel moment de faiblesse de la part de Jésus. Il faut être un véritable surhomme pour résister à tout ça, sauf s’il avait un moyen pour se purifier entièrement. Connaissait-il une méthode magique pour s’autorégénérer ? Ça semble être le cas puisqu’il réaparaissait à nouveau… Tiens, j’ai un trou de mémoire.
– Sé l’fis’ de Dieu, tu t’souvien ?

– Voilà, je savais bien qu’il y avait un truc ! Personnellement, je ne me suis pas posé la question de savoir si pareille chose était réellement possible tant c’est extrême, mais ça m’a fait comprendre une chose. Je pourrais essayer de me passer de nourriture acidifiante durant quarante jours sans prendre le risque de mourir de faim. Comme j’ai un penchant naturel envers les fruits issus du Jardin d’Eden, ça ne pouvait qu’être bénéfique pour purifier mon organisme. C’est bien ça, hein ! Je n’ai pas dit de bêtises ?

– Ch’kon-né pa. j’lé janmé fét’ en entchié. Ch’peu pa manjé san viande, san sossisson, san paté, san lète, san fronmaje, san beure, san zeu, san galèt’, san pouésson, san langous’, san krab’, san borgo, sé pas possib’ pou moué ! Min pa t’inkiété, j’élimin’ avec le sport !

– Ça c’est une croyance, ce n’est pas une vérité.
– Petète bien, min sé konme sa ke ch’fonksion-n’.

– En tout cas, moi qui suis fatigué d’être tout le temps malade des boyaux comme tu dis, j’ai décidé de me prendre en main. Bien m’en a fait, car depuis quelques jours, je ne pète plus d’odeurs nauséabondes. Mon ventre s’est dégonflé et l’inflammation chronique due à la putréfaction des aliments carnés dont je faisais l’objet, s’est réduite au point que je me sent léger. C’est pas beau ça ? Je n’ai rien trouvé de plus simple comme traitement.
– Moué sa va. Jé pa a m’plain’, a part sé modite krampe la ki m’révèye la nuite. Na eine solusion pou moué dan té liv’ ?

– Je ne suis ni nutritionniste, ni médecin naturopathe et encore moins allopathe Claude. Je viens de finir un article intéressant sur la pomme de terre. Cet aliment fait partie de la famille des solanacées comme la tomate. J’en consomme plus que régulièrement sous forme de frittes à chaque fois que je me rend au Sélect à Gustavia, de pommes de terre bouillies ou de purées maison. Ces aliments contiennent de la solanine qui est toxique si on la consomme avec excès. C’est selon les individus bien évidemment, puisqu’aucun de nous ne réagit de la même façon. Je l’avais déjà dit ? Ce n’est pas grave si je me répète. Comme je ne fais rien à moitié, moi qui suis un champion du monde de consommation de pommes de terre et de ketchup, j’ai pu lire que pour contrer les effets de la solanine, il n’y avait que les aliments soufrés qui étaient capables d’annihiler ses effets indésirables s’ils étaient mangés en même temps. Or, tu ne vas pas le croire, où trouve-t-on des composés sulfurés ? Trois, deux, un, driiinnng ! Quand l’oignon est coupé d’avance en restant en contact avec l’air ! Pas étonnant qu’on retrouve de l’oignon coupé en abondance dans les salades de tomates provençales qui restent au frigo à mariner une petite demi-heure avant d’être servies à table. Je n’avais jamais compris pourquoi, maintenant je sais.
– Sa k’na d’ote dan té liv’ ?

– Pour l’instant j’en suis à rêver d’interminables buffets de fruits bios fraîchement cueillis, de cocktails à volonté de jus de fruits pressés servis dans des verres givrés. J’essaie de voir comment gérer au mieux le stress causé par mon relationnel familial et j’ai trouvé comment me débarrasser de mon électricité statique causée par le frottement des vêtements en allant marcher pieds nus sur l’herbe humide avant d’aller dormir. Ce que je peux te dire, c’est que maintenant je vois la lumière au bout du tunnel et que j’ai hâte de sortir de cette noirceur ambiante où j’ai trop longtemps séjourné.
– Argnien d’ote pou chanjé l’ordinère ?

– Oh si, tu n’as pas idée ! J’ai fait la connaissance à travers les articles que j’ai lu, d’un monceau de fadas extraordinaires, de pensifs biscornus, de menteurs nébuleux et de déviationnistes compulsifs, tous en liberté ! Certains courants de pensée appuyés par des idéologues fanatiques essaient de nous faire croire que la transformation de l’être humain est possible et même souhaitable. En nous lavant le cerveau à force de lire ce genre d’article, ce mouvement de pensée tente de nous rendre honteux de ce que nous sommes, honteux de notre passé, de la couleur de notre peau, de nos opinions, de nos croyances religieuses. Ces forces intellectuelles veulent nous convaincre que seul le ressenti corporel compte avec des slogans du genre « un homme est une femme comme une autre, une femme est un homme comme un autre ».

– Sé dé malad’ bouaye ! tapait-il la table de la terrasse avec le plat de sa main.
– Merci, tu t’exprimes mieux que moi ! Cette organisation qui oeuvre sans relâche sur la place publique va encore plus loin en affirmant qu’un homme a le droit de revendiquer d’être enceint. Quelle merveilleuse idéologie on nous inculque, n’est-ce pas ? D’ici peu, je te le dis, nous aurons des présidents gays qui se feront un plaisir de démolir la construction socio-culturelle des rôles féminins et masculins et des rapports entre hommes et femmes établis depuis des millénaires.
– In nonm-fonme é eine fonme-nonme ? Ch’kemanse a konpran-n l’dézord’ k’ariv’ écite !

– Si ça ne se passait que dans les cerveaux ! Mais non, ils veulent aller plus loin, ils se croient plus fort que Dieu. Les caractéristiques biologiques ? On s’en moque ! La chirurgie et les hormones à vie résolvent tous les problèmes quand les fonctions sociales qui auraient du être assimilées et inculquées culturellement ont été un échec. Continuons à faire croire aux petits garçons qu’ils sont des filles, poussons les petites filles à être des garçons ! Quoi de plus naturel que de choisir qui l’on veut être en demandant de l’aide à la science qui nous acceuille à bras ouverts ? Ce que je me demande moi, c’est qui a intérêt à promouvoir une telle idéologie pour mettre le chaos en France ? Qui peut bien vouloir ça et dans quel but ? Quel pays voudrait s’emparer de l’hexagone ? Quel service secret tactique en guerre permanente aurait intérêt à utiliser un tel stratège ? Que se passera t-il si un jour prochain la France entre en guerre avec des hommes câblés comme des femmes trémoussant du croupion un fusil à la main ? Vont-ils se tirer une rafale dans le pied sans le faire exprès ? Que se passera t-il si nos filles deviennent le miroir de ces femmes soldats Israéliennes qui n’auraient jamais du avoir la guerre dans le sang et du sang sur les mains ? Le rôle premier d’une femme n’est-il pas de donner la vie et de la protéger ?
– Mi bordèl ! Fou tout’ sé modi liv’ o boi ! Brule sé salté la !

– Ça me désole de devoir te parler de ça, mais quand tu comptes les maladies infantiles handicapantes de plus en plus fréquentes, celles que l’on contracte tout au long de nos vies principalement causées par la malbouffe en augmentation constante qui nous mène au cancer, que tu additionnes les empoisonnements du sang avec les leucémies en veux-tu en voilà, que tu rajoutes le SIDA quand notre système immunitaire complètement empoisonné est définitivement hors-service, que tu complètes avec l’absence de gestion de nos émotions qui est la cause de dépressions et suicides qui montent en flèche, que tu empiles par-dessus tout ça les maladies dégénérescentes des séniors qui crèvent le plafond, que tu multiplies par le petit bonus Antillais causé par les moustiques vecteurs de virus préparés en laboratoires qui éliminent les plus faibles et le chlordécone dans les champs de bananes qui nous ratatine la prostate, le résultat est que l’humain va mal. Je ne te parle pas de la bêtise, de l’idiotie et de la cupidité ambiante de certains individus qui contribue à alimenter tout ce mal-être, mettais-je un point final à ma phrase à rallonge. Quand tu regardes de près comment à fonctionné notre société durant des millénaires et que tu compares à la société de consommation dans laquelle nous vivons aujourd’hui, tu te demandes si nous ne sommes pas en phase terminale. Bien sûr, nous sommes tous des consommateurs hypocrites, moi le premier. J’avais soigneusement évité la réalité. Décidé de ne rien voir, de ne rien entendre et de ne pas chercher à comprendre. Mais à Saint-Barth je me suis fait rattraper par la réalité, justement parce que je vois ce que je photographie et que je ne peux m’empêcher d’analyser ce que disent les gens. Je me suis fait une fiche sur ce sujet, tu veux que je t’en lise une ? Un instant.
– Pa t’inkiété, a prézan, jé tout’ mon temp, n’a pu person-n su mon do.

– Voilà, j’ai trouvé, la réalité est la suivante : la culture agro-chimique intensive provoque entre autres symptômes, l’obésité par la malbouffe. Un détail. La malbouffe provoque la dégénérescence de notre ADN. Trois fois rien ! Les Organismes Génétiquement Modifiés sont cancérigènes et mutagènes, rien que ça ! La sur-exploitation des sols et le labourage profond tue le vivant entrainant la stérilisation des terres arables qui ne peuvent donner des récoltes qu’à coup d’engrais chimique. Tout va bien ! Si je te dis le chiffre tu ne pourras pas le croire. Je l’ai converti en multiple de surface de l’île pour avoir une meilleure idée en divisant ce chiffre astronomique par vingt-sept kilomètres carrés. Tu es prêt ? Plus de cinq cent Saint-Barth chaque année deviennent des sols stériles sur lesquels rien ne pousse mis à part les mauvaises herbes éparses. Quel consommateur s’en soucie ? Aucun ! Les marées noires coulées chimiquement évaluées en milliards de tonnes annuelles tuent la faune et la flore des océans dans le plus grand silence médiatique. Normal, nous faisons tous le plein d’essence dans nos voitures, qui voudrait entendre ça ? Personne, surtout pas moi qui adore aller faire un tour avec mon F1 ! Aucune étude n’a été faite ou révélée par les médias concernant la destruction totale des fonds marins et des micro-organismes qui la compose, c’est tellement plus facile de mettre la poussière sous le tapis ! On y pense dix secondes, on dit c’est terrible et on continue sa route. Les poissons qui s’en sortent sont contaminés mais quand même pêchés et consommés avec ou sans contrôle sanitaire. Le poisson c’est tellement bon pour la santé, c’est le steak de la mer nous rabâche le slogan. Les infimes quantités de produits pétrolifères ne peuvent être que bénéfique pour notre organisme, ça nous rend plus fort, ça passe à la télé, c’est la publicité qui le dit !

Tiens, concernant le pétrole, j’ai un article intéressant sur la façon dont on traitait avec bienveillance les gens malades par le passé. Tu vas voir, c’est très court. Tout a commencé au 19ème siècle avec une clique d’escrocs et de charlatans nommés Seneca oil, Rock oil, American Medicinal Oil et un certain William Rockefeller surnommé Old Bill. Ces gens vendaient des flacons de pétrole brut à des fermiers ignorants, en leur faisant croire que c’était un traitement contre le cancer ! Dis-moi ce qui a changé aujourd’hui ? Quand tu vois les résultats de la chimiothérapie apparue en 1940 qui consiste à te balancer des dérivés de gaz moutarde dans le sang, ça le fait tout aussi bien que le pétrole brut, non ?
 Heureusement arrive John D. Rockefeller au début du vingtième siècle, premier milliardaire Américain avec sa compagnie Standard Oil qui contrôle 90% des raffineries pétrolières. Tu vas me dire et alors ? La révolution industrielle a permis de découvrir la pétrochimie permettant de créer des matières plastiques, du caoutchouc synthétique, de l’alcool de synthèse et des centaines de dérivés. C’est alors qu’est venu l’idée qu’on pouvait fabriquer nombre de substances chimiques pouvant impacter le corps humain à partir de ces techniques de synthèse. Big Pharma était né. Ouf ! La société de consommation était sauvée. Le remède contre le cancer allait être trouvé rapidement avec tous les dons qu’elle recevrait annuellement grâce au premier Téléthon annoncé pour la fin de cette année. C’est sûr, on peut leur faire confiance question santé. Tout le monde sera guéri du pire. Sans maladie et sans malades l’entreprise philanthropique Big Pharma fermera, car devenue inutile ! C’est une évidence, non ?
– Ta di kour !

– Désolé, je ne peux pas occulter l’article qui suit sur la radioactivité des années folles qui confirme que nous ne sommes que des cobayes. L’industrie des années 20 à fait croire aux consommateurs que la radioactivité était bonne pour la santé et que dans bien des cas elle faisait rajeunir. Info ou intox ? Petit retour en arrière.
– T’oré du fèr’ prof d’istoire !
– Tu as déjà entendu parler de Pierre et Marie Curie ? Oui ! Pierre meurt accidenellement renversé par une voiture à cheval en 1906. Après le traité sur la radioactivité que Marie Curie a écrit et la découverte des vertus thérapeutiques du radium pour la lutte contre le cancer, l’institut Curie est achevé juste avant la guerre de 1914. La première guerre mondiale lui coupe l’herbe sous les pieds, l’institut ferme. Marie Curie se consacre à la radiographie en participant avec la Croix Rouge à la conception de dix-huit unités chirurgicales mobiles, ce sont les fameuses « ambulances radiologiques » qui permettaient de voir les éclats d’obus et ogives dans les corps avant de les opérer.
– S’t’in-n sainte s’te fonme la !
– Après guerre, l
e radium connait un vif engouement, tout le monde y croit, des industriel aux consommateurs. Est-ce une aubaine pour les chapeaux hauts de forme pompeurs de brut ? Certainement pas ! Les scientifiques en compétition avec l’industrie pétrolière annoncent même un chauffage futuriste à base de radium prévu pour l’an 2000. Tu te rends compte ? Un chauffage qui ne consomme quasiment rien durant des decennies ! Aussi ne voit-on pas fleurir des publicités qui vantent les mérites du radium accommodé à toutes les sauces ! Avec le phénomène de mode, on trouve du radium dans tout. Tu veux savoir ? On commence par les aliments pour bétail à base de radium, du beurre au radium, du dentifrice au radium, du chocolat, du camembert, de l’eau de Cologne, des lames de rasoir, suppositoires, préservatifs, toute la gamme de cosmétique pour ces dames, de la crème rajeunissante aux sous-vêtements en passant par le savon sans oublier les cigarettes au radium. Il y a même de l’eau de source minérale et de l’eau de table au radium ! Comme ce n’était pas suffisant, on invente les fontaines à radium, des apéritifs radioactifs, des pastilles, du coton, de la laine pour les mamans qui tricotent des vêtements pour bébés ou des pull-overs pour les plus grands. Que de bonnes attentions !

L’industrie est allée jusqu’à fabriquer des sous-vêtements radioactifs. C’est difficilement pensable un truc pareil, non ? Des millions de gens auraient du mourrir face à une telle exposition sur deux decennies ! Eh bien rien, pas d’hécatombe, pas de stérilisation de masse. Aucune statistique n’a été publiée, silence radio intégral. Finalement en 37, les autorités sanitaires françaises interdisent l’usage de produits radioactifs de consommation courante, deux ans avant la seconde guerre mondiale. Coincidence, la Food & Drug Administration dont la forte influence va rayonner à travers le monde occidental est créée en 38. La guerre éclate en 39, le radium et ses bienfaits sont discrédités et tombent dans les oubliettes de la science, tout comme l’automobile de luxe française. Mais l’industrie qui a plus d’un tour dans son sac trouve une autre façon d’insérer des éléments radioactifs dans la fabrication de matériaux de construction comme le carrelage. Cette expérience grandeur nature est-elle toujours classée secret d’État de nos jours ? A qui doit-on faire confiance, aux scientifiques et à l’industrie pharmaceutique ou a notre administration sanitaire ? Qui contrôle qui ? Finalement, c’est bon ou c’est mauvais la radioactivité ? Qui nous a menti ? Ceux qui ont vanté les bienfaits du radium ou ceux qui l’ont interdit pour dangerosité ? Imagine qu’à faible dose, ce soit éffectivement salutaire pour la santé. Taaaa-daaaam ! Plus d’industrie pharmaceutique. By-by les milliards qui tombent du ciel avec une matière première qui jaillit du sol par millions de barils !
– Tu kasse ta tète pou argnien.
– Ah oui ? Trente ans plus tard, sur une terre accueillante peuplée de Polynésiens dociles et de vahinés souriantes, on annonçait l’arrivée du progrès avec le Centre d’Expérimentation du Pacifique en distribuant de magnifiques posters de l’explosion de la bombe et en promettant du travail rémunéré sans aucun risque. Pourquoi l’homme de la rue aurait-il eu peur des essais nucléaires alors qu’il pensait que toutes les précautions avaient été prises par l’autorité compétente ? Ça t’étonne une chose pareille ? Moi cette époque baroque m’interloque le chinetoque et me provoque sans équivoque un électrochoc mastoc qui se disloque sur le pare-choc monocoque de mon pébroque univoque anti-choc.
– Sa k’tu di la bouaye ? Lé moune son fou ! tapait-il cette fois-ci son poing sur la table.
– Ne t’en fait pas, je raconte des bêtises de soliloque. Je me parle à moi même si tu préfères. Autrement dit, il est possible qu’on ait fait peur aux populations pour qu’elles ne s’emparent pas de cette source d’énergie bon marché. Tout simplement. C’est à ce moment que tu te demandes qui est derrière cette gigantesque désinformation ? Le consortium des pétroliers pardi ! Toujours les mêmes. Déroutant n’est-ce pas ? Je te sers un peu de gaz a effet de serre en milliards de tonnes annuels émis par ce que nous consommons ? A quoi bon ! Savais-tu que les arbres respiraient ? Le gaz carbonique est l’aliment préféré des arbres qui nous donnent en échange de l’oxygène ! Dis-moi où ça coince ? Préfères-tu la soi-disant raréfaction de la couche d’ozone au-dessus des pôles sensée nous protèger des U.V et de la fonte des glaces ? Non plus ! Attention, le soleil est notre ennemi ! A quel moment est-on certain d’être dans le vrai puisque tout ce que nous savons nous le tenons des informations qui sont manipulées par des scientifiques qui travaillent pour le compte des compagnies énergétiques les plus fortunées ? Quand on arrive à ne plus pouvoir distinguer le vrai du faux, il est impératif de ne pas perdre le Nord.
– Ta rézon, min sé l’Sud pou lé Babath magnétik konme toué, pa obliyé sa !
– Par contre, l’économie m’a l’air plus facile à prédire. A commencer par l’industrialisation massive de la chine qui va devenir l’atelier du monde. Le libre échange commencé en 1948 va in fine ruiner notre économie et engendrer de l’inflation comme jamais à moyen terme quand les accords économiques prendront fin. Je te sers un zeste d’obsolescence programmée créé à la fin de la guerre avec la société de consommation pour épuiser plus vite nos réserves mondiales et générer du déchet plastique à outrance qu’on balance en pleine mer ? Un style TETDUF peut-être ? Pour mieux coller à la mode et jeter à la poubelle tout ce qui n’est plus tendance ? Tu seras bien tenté par une pincée de radioactivité oxygénée pour être branché avec toutes les bombinettes qui ont pété depuis 1945 ? Non, je te vois hésiter ! Je peux te proposer un extrait de nuage en provenance de la centrale nucléaire Ukrainienne de Tchernobyl qui a explosée l’an dernier. Respirons l’air pur de notre planète, nos scientifiques contrôlent la situation ! Faut-il rapeller que cette erreur technique est la plus grande catastrophe nucléaire civile médiatisée qui a fait pour l’instant 4000 morts qui risque de se transformer en 25 000 dans la decennie à venir avec des cancers et des leucémies comme s’il en pleuvait ? Pendant dix jours, le combustible nucléaire qui brûlait à rejeté dans l’atmosphère des radioéléments d’une intensité équivalente à plus de 200 bombes d’Hiroshima contaminant les trois quarts de l’Europe ! C’est petit, l’Europe, c’est très petit, insignifiant sur la carte. C’est grave ou ce n’est pas grave docteur ? On va tous mourrir ? Il semblerait que non. Seuls les esprits ont été marqués. La pensée collective définit à présent le mot radioactivité comme mortel. L’industrie pétrolière à gagné. Avec une petite catastrophe de temps à autre comme piqure de rappel, il n’y aplus aucun risque de concurrence. Le nucléaire pour la production d’électricité, avec incitation à ce que chaque foyer ait tout électrique, le pétrole pour l’automobile et la pétro-chimie. Chacun devant rester à sa place. Quelqu’un voit-il un problème à part Green-Peace qui râle parce que Mitterrand à fait couler le Rainbow Warrior par les services secrets Français ? Excellent pour les relations internationnales, c’est discret, bravo ! Alors, sans regrets ? Tu m’étonnes, de toute façon plus personne n’en parle, c’est déjà oublié. Tu peux toujours opter pour une belle ogive à l’uranium sur arme légère, qui provoque des maladies incurables sur 4,5 milliards d’années. Mais il y a encore un truc qui coince. La pollution à l’uranium est un leurre pour maintenir les populations en esclavage. Tous les gens qui ont participé à la décontamination d’incidents radioactifs comme celui de Tchernobyl ont été traités avec une médicamentation expérimentale dont personne n’a été capable de dire d’où ça venait. Idem pour les femmes enceinte qui ont reçu cette même médicamentation et ont mis au monde des monstres. Comment peux t-on être indifférent à ce qui s’est passé ? Sérieusement ! Les occidentaux en ont tiré des millions qui se sont perdu dans le sable du Moyen Orient nous apprend un article sur les cancers des pays d’Asie en guerre permanente alors que dans le même temps, la démocratie apporte la médecine moderne et toute la pharmacopée chimique qui va avec.

Je peux te proposer un dérèglement climatique global expérimental, avec l’extermination exponentielle des espèces animales par les micro-ondes pulsées des systèmes météo comme HAARP commencé dans les années soixante ? C’est de l’info ou de l’intox ? Des continents d’ordures que nous avons jeté à la mer par facilité qui se décomposent en fines particules de plastique que l’on retrouve partout dans la chaine alimentaire à commencer par le sel ? Réalité ou fiction ? Chut, il ne faut pas le dire, ce n’est pas bon pour le business. Quoi ? C’est appétissant les fines particules dans le sel de mer, tu ne peux pas dire le contraire, tu ne serais pas dans le coup ! En buvant un peu de solvant, le plastique se transforme en silicone et tu n’as plus de rides. Tous Botoxés ! C’est intérressant comme revues, n’est-ce pas ? Ce ne sont pas des news, ce ne sont pas des reportages de guerre non plus, mais en allant chercher les véritables causes de nos problèmes, c’est tout comme. Sympathique notre monde, non ? A moins que tu ne préfères un palace angulaire sur le plus haut morne de l’île en contemplant tout ce bazar bizarre sur écran géant qui te retransmet la Coupe du Monde de football tout en sirotant une Marie Brizard ? Fabuleusement branché, non ? Qu’en pensez-vous mon Capitaine ?
– Nan merci. J’inme pa sa k’j’enten la !

– Tu as du bol, j’ai presque fini. Tu prendras bien un peu de désinformation médiatique pour t’abrutir le cerveau et te conforter dans ta position de consommateur exemplaire ? Oui ? Ah, tu me fais plaisir ! Je croyais que tu allais tout refuser en bloc.
– Ju pa d’akor’ avec sa, tu m’kon-né ! Si tu vèye bien, n’a in-n choz’ ki va pa. Normalmen sé o nouvo k’arive de s’fèr’ a la vie d’écit’. On a dé gran-n’ valeur, dé bon-n’ coutume, dé bèl’ tradision ! D’in ote kôté, on a tout’ la teknolojie d’a prézen ki peu nou fasilité la vie, otan n’en profité, san oblié sa k’no paren nou z’a arpri, é san s’koupé d’no rasine ! I fo pa k’sé l’kontrère ki s’passe, a fèr la kourse a la plu gran-n kaze, a la plu bèl’ voiture. I fo pa k’lé Sinme-Bath pense keu son en retar’ su lé anméritchin ou su lé métro. On n’a pa yu la minme kulture, on n’a pa lé minme valeur. Sé facil’ d’avouère in permi d’konstruire, d’voulouèr eine gran-n’ kaze. Min i fo in patchète de temp apré pou l’entreteni, é in patchète d’arjan pour réparé sa ki marche pu. Si tu passe tout’ ton temp su ta kaze, kitan k’tu profite d’la vie ?

– C’est ça la question. Tu vois, tout ça n’est qu’un échantillon de ce que nous faisons subir à notre planète et à nous-mêmes chaque jour qui passe. Ceux qui se disent zen tout en continuant à surconsommer en se nourrissant de plaisirs sucrés dès que leur émotivité a été ébranlée, n’ont rien trouvé d’autre pour échapper à la réalité que de devenir des négativistes en puissance en se mentant à eux-mêmes. Je trouve cette situation de déni permanent désespérante. J’aimerai comme eux ne pas voir, j’aimerai ne pas trouver, j’aimerai ne pas comprendre, mais la première chose à faire est de regarder en face l’état de notre monde et établir un diagnostic si l’on veut participer à sa guérison.
– Fé konme moué, tan k’na d’la vie, na d’lèspouèr, souriait honnêtement le Capitaine.
– Non sérieux, qu’est-ce que tu en penses ?
– Moué, sa ke j’voué, sé plus’ k’tarpren dé butin sérieu, moins’ té heureu.
– Ce n’est pas être pessimiste dans l’âme que de dénoncer cet état de fait ! N’est-ce pas ? C’est juste voir la réalité en face et en prévoir les conséquences. Quelle excuse donnera t-on aux générations futures alors qu’on était pleinement conscients de ce qu’il allait se passer ? Voilà où ça nous a mené de chanter « Allouette, gentille allouette, allouette, je te plumerai ! » On commence par où déjà ? La tête ou la queue ? Comment avons-nous pu tout bousiller en vivant dans l’opulence, dans la surabondance, dans la luxuriance, dans l’excès festif permanent sachant qu’on ne laisserait plus assez de ressources à notre descendance pour qu’ils s’en sortent ? Quelles race végétale ou animale est capable de faire ça à part les lianes et les pucerons qui étranglent ou détruisent le support sur lequel ils se trouvent ? Bientôt on ne pourra plus soigner tout ces gens que l’on rend volontairement malades, c’est une évidence ! Les milliards investis par les actifs dans la sécurité sociale et les hôpitaux ne suffiront plus. Ce sera la fin de l’humanité actuelle comme l’ont connu toutes les générations avant nous. Heureusement la science est là pour nous rassurer, c’est ce qu’elle commence à faire petit à petit. Inutile de paniquer, nous avons une roue de secours, ne nous affollons pas ! Les scientifiques qui ont anticipé notre déclin en calculant l’époque charnière du troisième millénaire concernant nos ressources, ont déjà trouvé un moyen de nous remplacer par l’ectogénèse. En élaborant la matrice artificielle qui n’aura pas son mot à dire, les scientifiques détrôneront la fonction première de nos mères en les remplaçant par une matrice externe qui sera à même de prendre la place de la femme procréatrice. Les machines créeront artificiellement des générations de clones jetables, des numéros biologiques à obsolescence programmée qui ne pourront avoir le statut d’humains, puisque amenés à la vie de façon extra-corporelle.
– Enfan d’pète, dé moune jetab’ ! Sé pa demain la vèye, nan !

– C’est déjà fait. C’est juste que nous ne sommes pas informés de cette avancée gardée secrète. Dans moins de dix ans, le temps d’accoutumer les esprits et face aux problèmes de santé galopants dont le consommateur est la cible, la science annoncera officiellement le clonage d’une brebis alors qu’ils ont déjà cloné des grenouilles, des souris, des vaches et j’en passe. C’est mignon une brebis à poil laineux, tu lui donnes un joli prénom, une lotion pour rendre le poil soyeux, un bon coup de brosse, tu la maquilles pour la télé en la préparant comme une star, et avec une bonne couverture médiatique internationale, plus personne ne pourra nier la réalité. Au contraire, ça ouvrira tellement de perspectives de survie qu’il ne faudra que quelques décennies pour que plus personne ne s’y oppose.
– Sé lé zenfan du dinmon bouaye ! N’a pa d’ote mot !

– A force d’être malades, à force de devoir faire face à de nouvelles souffrances créées dans les labos militaires classés P4 pour lesquelles nous n’avons que notre système immunitaire comme moyen de défense, à force de mettre au monde des enfants qui héritent génétiquement du terrain de leur mère qui n’est pas en parfaite santé ou pire, sous médocs et drogues diverses, l’humanité se dégénère à vitesse grand V. Tous les maux que la mère a, l’enfant en hérite d’une façon ou d’une autre, soit par la génétique, soit par manque d’éducation que ne dispense pas l’enseignement.
– T’obliye lé vampire a zèle !
 clignait de l’œil le Capitaine.
– Les quoi ?
– Lé modi moustik ki nou don-ne la dingue é eine pile d’ote maladie dé souflé !
– Tu m’as eu ! Tu veux parler des maladies virales qui s’attaquent aux poumons comme celle que je viens d’avoir ? Une vraie vacherie cette dengue. Heureusement que Mutti avait ses huiles essentielles anti-virales qui m’ont permis de pouvoir respirer presque normalement, sinon, je m’étouffais avant que mon système immunitaire ait pu prendre le relais. Je disais donc, c’est le constat alarmant que font les scientifiques de cette fin de millénaire. Imagine qu’au début du troisième millénaire vu l’accélération du nombre de cas, il y ait un autiste sévère sur vingt naissances. Il ne serait plus possible de gérer le nombre d’enfants ne pouvant servir la société à cause de leur handicap qui les place dans la catégorie hors consommation. Dès lors, ils exécuteraient leur plan en fesant absorber aux populations des produits stérilisants contenus dans l’alimentation industrielle et les traitements chimiques des cultures. Sous prétexte de sécurité nationale, ils pulvériseraient des chemtrails au-dessus des zones habitées. Ils injecteraient massivement aux populations des produits expérimentaux comme ils l’avaient fait des décennies plus tôt en Afrique, continent qui leur a servi de test grandeur nature. En parallèle, avec l’aide du système de communication satellitaire qui serait complémentaire aux injections réagissant aux hautes fréquences, les gouvernements stériliseraient les populations ciblées sans que personne ne s’en aperçoive. L’homme de Cro-magnon auto-reproductible, enfin ce qu’il en reste, disparaitrait sur deux générations.
Arrivera alors un monde nouveau, une nouvelle gouvernance mondiale, où ce ne seront plus les hommes qui assureront leur descendance puisqu’ils n’en seront plus capables, mais des utérus artificiels qui incuberont des foetus cryogénisés jusqu’à devenir de jeunes adultes. Des êtres choisi sur-mesure, comme l’aurait voulu ma mère. Le gosse parfait qui né ingénieur avec un salaire à la clef et se met au travail dans les vingt-quatre heures. Des humains pré-programmés grâce à une mémoire organo-silicié déjà présente à l’état embryonnaire pour être complètement assimilée par l’organisme lors de son développement express dans un incubateur à accélération de croissance. Tu me suis ? Regarde les volatiles. Non seulement ils héritent de tout le savoir-faire indispensable à leur survie, comme marcher, voler, savoir comment et de quoi se nourrir en évitant les graines empoisonnées, mais ils savent aussi séduire leur partenaire avec des chants qu’ils n’ont pas appris. Ils conçoivent sans  formation, ni initiation, des nids technologiquement avancés avec des matériaux choisis capables de résister aux intempéries ! On reprend le même fonctionnement de transmission de données utilisé par les volatiles qui n’ont jamais vu fabriquer un nid, mais qui ont tout simplement hérité de l’information magnétique pour son élaboration de A à Z. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Quel tour de force, non ? C’est à ce moment-là qu’apparaîtront trois catégories de Sarko-Clones. Les modèles Oméga-6 Suprême pour la royauté, le modèle Omega-66 Souverain pour les banquiers, la Jet-Set et les gouvernants à la tête des États, et le modèle Omega-666 Super pour la classe moyenne. Alors que l’humanité misérable commencera à s’éteindre, ces bornes programmables dans les instituts spécialisés ne seront accessibles dans un premier temps qu’aux gens fortunés, ou aux personnes aisées suffisemment rémunérées pour honorer un crédit sans fin. Sur ces terminaux reliés au Centre Accéléré D’Adultes Clonés qui décompte tes heures de vie, tu pourras entendre en t’approchant une fois que le détecteur de mouvement t’aura localisé à proximité :

« Votre vie arrive à terme,
Faites peau neuve avec votre avatar à nouveau jeune !
Aucune perte de mémoire ni de souvenirs !
Vivez plusieurs vies tout en accumulant de l’expérience ! »

– Sa k’tu va charsé enkor’ ? 
– Les machines Ω-66 Souverain réservées aux hauts dignitaires proposeront :

« Vous avez assez de Vogues pour donner la vie ?
Désirez-vous un enfant génétiquement supérieur ?
N’hésitez pas, contrôlez sa destinée, vous en avez le droit ! »

– Té ki vi toujou dan l’futur ! Kitan k’tu vi dan l’prézan ?
– Tu poses ta main sur l’écran et tu énonces ton code vocal : Claude du Corossol !
– Ah nan ! Tout’ sa sé dé blague, moué tu va pa m’kouyon-né, sé d’la mèrde, oui !

– Désolé de vous contrarier, mais c’est le monde de demain qui arrive à toute vitesse mon Capitaine. Le domaine de la santé ira si mal que ce seront les fortunés les premiers qui demanderont l’accession aux clones. Les sarcophages automatisés fabriqueront des êtres trans-humains en un temps record. Tu te rends compte, les enfants de la destinée c’est bientôt terminé ! Cette façon de donner la vie sera plus sûre parce qu’il n’y aura plus d’échange cellulaire avec la mère, donc plus de maladies ou malformations congénitales. Nous allons tous pouvoir contrôler nos destins. Les Sarko-Clones fabriqués par la multinationale spécialisée Vi-Mach seront entièrement programmés par la Communauté de l’Intelligence Artificielle qui les placera à la disposition des intéressés. Ces machines seront régulées en temps réel par rapport au besoin démographique de l’île qui sera déterminé selon les ressources environnementales disponibles. Qui d’autre que l’Intelligence Artificielle pourrait arriver à un tel calcul, à un tel équilibre ? Tu le sais bien, tu ne me l’as pas dit mais je sais que tu le penses, il y a de plus en plus de monde sur l’île et à la vitesse où vont les constructions qui va de pair avec le nombre d’habitants, les ressources naturelles des alentours vont vite s’épuiser. Tu vois bien qu’on ne peut plus continuer sur cette voie. Comme nous ne sommes pas capables de gérer notre avenir autrement que par la logique de l’argent, pour continuer à vivre, la plupart des trans-humains devront remplacer leurs corps dont la plastique parfaite se dégrade plus vite à cause d’un renouvellement cellulaire sept fois plus fréquent. C’est l’ultime société de consommation où pour survivre, nous devrons acheter des corps reproduits artificiellement. C’est l’assurance vie du nouveau millénaire !
– Sa marche keman ? me demandait le Capitaine poussé par la curiosité.
– Les Sarko-Clones d’un CADAC captent principalement les ondes électromagnétiques terrestres qu’ils transforment en énergie grâce à une triangulation de cristaux de quartz magnétisés qui produisent une fréquence accélératrice de division cellulaire. C’est considéré comme l’énergie universelle du troisième millénaire. Officiellement c’est une invention du génie génétique Américain, officieusement elle est héritée de leur relationnel commercial avec les Aliens. Pour faire simple c’est un incubateur à croissance rapide. La vitesse de croissance de ton clone est proportionnelle à sa durée de vie. Disponible en trois modèles selon les besoins de chacun et son niveau de dégénérescence, l’Omega-666 Supérieur développe des cellules sur dix-huit jours pour obtenir un corps de vingt ans avec une durée de vie limitée à six-cent soixante-six jours. Le modèle Ω-66 Souverain lui, a des cellules qui se développent sur douze jours pour obtenir un corps de vingt ans dont la durée de vie est limitée à soixante-six mois.
– L’modèle sis’ sé pou si zan ?

– Tu n’es pas tombé loin, c’est le modèle Suprême-Impérator mon Capitaine ! L’être génétique arrivé à la perfection avec un ADN à douze brins, la race supérieure devenue réalité. Seuls les rois et les reines y ont accès. C’est le modèle Ω-6 toutes options pour têtes couronnées. Régénération complète en vingt et une heure pour une durée de vie quasi illimitée et renouvelable à volonté avec un temps de vie minimum de six siècles, exempt de maladies, cela va de soi. Autant te dire, c’est un abonnement pour l’éternité. Pour les modèles à deux et trois chiffres, les Sarko-Clones garantissent un parfait cliché photographique à la fois physique et mental en trois dimensions. Ta copie numérique est enregistrée dans la mémoire centrale du SarkLab au sein du CADAC. Il suffit d’apposer ta main sur l’écran tactile d’identification ADN par rayons UltramaX pour lancer le processus, dès l’acceptation de ton dossier numérique d’admission qui se fait dans la seconde.
– Jésus-Marie-Joseph ! Tu rèsse toujou jeune alor’ ?

– C’est ça. Dès que tu commences à avoir des symptômes de dégénérescence te menant au mal-être, au lieu d’avoir à faire l’effort de changer tes habitudes alimentaires, tu t’auto-remplaces entièrement, c’est plus sûr. Imagine que tu adores le chocolat noir qui compose plus de vingt recettes présentes devant toi. Une vision irrésistible qui stimule ton désir !
– Nan. Ta di k’le chokola sé du pouézon.

– C’est pour ça que je t’ai dit imagine. Tu peux manger à la limite de l’overdose toxique du chocolat pendant un an et huit mois. Pourquoi tu me regardes comme ça ? On est dans l’imaginaire, tu peux te mettre le foie en l’air en croquant bêtement une tablette par jour ! T’exploser le pancréas à force de sur-régime caca-au-thé ! Te mettre hors-service un rein, même les deux tant que tu y es ! Tu t’en moques complètement ! Grâce au Sarko-Clone qui va avantageusement te reproduire, tu peux t’offrir des expériences de dégustation quantitatives exceptionnelles sur plusieurs mois provoquant sur ton ressenti des sensations uniques ! Tu ne peux pas rater ça ? Tu peux facilement arriver à un état de volupté exquis en explorant sans retenue cette saveur enivrante pur beurre de cacao en pot d’un kilo qui stimule chacune des papilles gustatives de ton palais, de ta langue, de tes joues ! Une succulence qui se fixe dans ta bouche des dizaine de minutes en te déconnectant de la réalité pour des heures ! Ce ne serait pas ça le paradis des plaisirs ? Tu ne peux pas louper cette expérience, c’est encouragé par la pub télévisuelle !
– Ouaye papa, ch’crin l’pire !

– Mais non, je vais te la faire soft mon histoire, à l’image du consommateur de cacao compulsif zen-zélé que j’ai été. Dès le lever, avec ton chocolat au lait chaud, tu avales quelques profiteroles dégoulinantes qui t’obligent à te lécher plusieurs fois tous les doigts d’une main histoire de te mettre dans le bain. Une bonne poignée de financiers au chocolat nappé de confiture de fraise au sucre roux pour bien te caler l’estomac, tu rajoutes l’indispensable pancake au chocolat et miel de caroube qui marque bien le cuir des chaussures et tu pars travailler en courant, débordant d’énergie. Joli départ.
Pour le dix heures, toujours dans le rythme, tu as emporté avec toi des dés au chocolat, pratique à ranger et encore plus à déglutir sans les mâcher auxquels tu rajoutes une belle crêpe vanille et chocolat bien dodue. Sensation d’étouffement garanti !
Au déjeuner, alors que ton énergie a fortement baissé à cause de ton pancréas qui rééquilibre en permanence ton taux de sucre dans le sang, tu t’empiffres de muffins moelleux à t’en faire péter le ventre, ce n’est qu’une formalité digestive supplémentaire. Mais tu as encore de la place, alors tu te dois de savourer lentement en le léchant, le coulis nappant un rocher glacé de chocolat au lait-noisette. Encore un petit creux ?
– Nan mèrsi !

– Mais si, pourquoi pas ? C’est très raisonnable, la preuve ! C’est autorisé et en vente libre. Donc, tu sautes à pied joint plusieurs fois pour tasser un peu ce qui te colle à l’estomac, comme ça tu libères suffisamment de place pour ingurgiter une boule au chocolat sauce à l’orange ! C’est bon, hein ? Tu vois, ce n’était pas la peine d’en faire un fromage, c’est passé tout seul ! Là, tu te rends compte qu’il y a encore de la place au niveau de l’oesophage ! Engloutir des truffes tendres qui fondent lentement sous ta langue serait bienvenu pour faire glisser le tout. Quelle bonne idée et quelle sensation ! Un dernier pour la route avec une gourmandise chocolat-noisette ? Ça ne se refuse pas ! Oui, c’est bon ! Ça rempli jusqu’à la gorge et ça repart de plus belle. Allez chante en cœur avec moi le tube d’Annie Cordy : Cho, ka ka o ! Cho, cho, cho, chocolat ! Si tu lui donnes tes noix de coco, elle te donnera ses ananas ! C’est pas mignon tout plein comme chanson pour les enfants ? Allez, revenons à nos moutons.
A quatre heures, entre eux dépannages, une petite pause pour le traditionnel sandwich au beurre-crème-choco-noisette sur du pain croustillant sorti du four qui te réchauffe tout l’intérieur et te plombe direct la panse de contentement. Au passage, tu emportes quelques macarons, on ne sait jamais si tu as un petit creux.
Au diner, enfin assis, alors que tu meurs de faim et que tes sens sont totalement en manque de théobromine, tu commences par dévorer en apéritif une mousse chocolatée onctueuse qui à elle seule est une explosion de saveurs à en fermer les yeux à chaque bouchée. Le pied total quoi ! En entrée, tu envoies à bord un savoureux bavarois entier en quelques bouchées rythmées et sans avoir besoin d’attendre que la suite arrive, tu attaques goulûment le plat de résistance en te servant une part royale de gâteau crémeux aux trois chocolats. Sais-tu ce que veut dire béatitude ? Ce n’est pas maintenant, attends la suite ! lui faisais-je non de la main.
En plat de résistance, tu te sers une belle part d’un gâteaux poire-chocolat entièrement vitrifié dont on ne voit les couches successives de blanc à noir qu’une fois coupé.
En dessert, tu te penches sur un trianon à la surface miroir pour t’assurer de ta béatitude effective. Si c’est le cas, tu te jettes dessus bouche ouverte et cuillère en avant toute !
– Na pa d’dijestif ?

– Ah, c’est bien, je vois que tu suis. Bien sûr qu’il y a un digestif ! Alors… digestif, digestif… qu’est-ce que tu peux bien prendre comme digestif ? Il y en a même plusieurs, mais tu es un garçon raisonnable, il ne faudrait pas que tu fasses d’abus, ce n’est pas ton genre ! essayais-je de gagner du temps n’ayant plus de cartouches chocolatées dans mon chargeur. Tiens, dis-moi ce qui te ferait plaisir, je te dirai si j’en ai en stock.
– Argnien, ju plin !
– Mais si, dans mon imaginaire tu prends un digestif ! Voilà, j’ai trouvé, une toute petite portion de tarte au chocolat-kirsch à savourer intensément en fin de soirée. Tu fais même par nécessité, tourner ta langue sur tes lèvres quand il est fondu pour ne pas t’en mettre partout sur ton tee-shirt vert.
– Ta pa fini d’rakonté dé blag’ su moué ?

– Non, je n’ai pas encore épuisé le nombre de bêtises alimentaires cumulées à mon actif. Au milieu de la nuit, si tu souffres d’insomnies, tu peux te taper une religieuse, ou attaquer et finir le fondant au chocolat noir à 90% qui te sature le système olfactif et t’anesthésie les papilles gustatives tant c’est puissant en arômes ! Plus simplement, et là il n’y a pas de règle, tu peux finir de t’assassiner les organes en mode grignotage permanent en dehors des repas. Te flinguer à bout portant le système digestif avec des cartouches chocolatées fourrés à la liqueur de cerise, de menthe poivrée, de café vanillé, d’orange amère et de fruits rouges citronnés, il va sans dire… C’est le culte de la jouissance mon pote. Quoi de plus merveilleux que d’aimer le chocolat ? Aimer à en crever ? Tu es triste, tu croques pour oublier. Tu es heureux, tu croques pour fêter l’évènement. Un petit creux, tu croques par gourmandise. Tu t’ennuies, tu croques pour passer le temps ! Allons, un peu de sérieux, le chocolat se mange sans faim ! ironisais-je. La liste est longue et toutes les raisons sont bonnes quand on est accroc au cacao, finissais-je ma tirade sur ce savoureux poison.
– J’inme pa l’chokola. Ch’préfère lé ti suc a coco.

– Tu n’en as pas marre d’être parfait ?
– Asteure, sé la sézon dé mango bouaye ! Ta pa vu lé pié d’mango tou partou su l’ile ?
– Je ne sors pas trop ces derniers temps, comme il fait mauvais temps, je lis.
– Lé branche é ki trin’ne a tère tèlmen i na su sé pié la ! Fo véyé tou lé jou pace ke lé louiyo va pa t’èspéré, oui ! Eu manje tout’ sé mango la !

Mangue de Lorient, Saint-Barth 1987

– Qu’importe ! Tu as programmé ton Sarko-Clone pour te remplacer juste avant que ton tube digestif complètement bouché prêt à exploser te pose un problème majeur, retrouvais-je la voie principale de mon sujet. Pourquoi s’en priver ! Avec ton nouveau corps, tu pourras essayer avec le chocolat blanc, rien que du chocolat blanc si ça te chante, il n’y a plus de contrainte, tu peux te faire plaisir à chaque instant.
– S’t’in butin d’malad’ !

– Non, c’est le progrès qui met à notre disposition un corps renouvelable durant un laps de temps donné où nous ne connaitrons jamais la maladie. C’est l’apogée de la société de consommation ivre de transactions qui arrive à son paroxysme en commercialisant du trans-humain deluxe. Mais non, je plaisante, bien sûr que c’est un truc de ouf ! Cependant, si nous connaissons les conséquences de nos faiblesses qui ont ruiné le système et rendu les gens malades, rééduquer les populations avec le mode de vie alimentaire actuel qui nous propose les mêmes tentations et les mêmes poisons est perdu d’avance. Personne n’est prêt à changer ses habitudes alimentaires. Personne en veut entendre privation, rééducation, circonspection, même si ça rime avec guérison ! Seul Jésus a résisté au malin. Personne n’a sa puissance mentale, même pas le Pape. Nous ne sommes que des humains. Avec les Sarko-Clones, on laisse tout le système en place. On ne change rien à l’industrie, aux habitudes, aux plaisir gustatifs. L’ère de la prescription et des pillules à avaler est révolu. Il n’y a rien de plus facile que de programmer ton Sarko-Clone. C’est ta roue de secours, ta bouée de sauvetage ! Un double dont les cinq critères de sélection sont d’une simplicité enfantine. D’abord, certaines particularités physiques sont modulables manuellement, comme la couleur des yeux, des cheveux ou de la peau que tu peux régler selon tes envies en regardant le changement de ton faciès sur l’écran.
– Sé konme pou la kuisson dé ham’ dan lé Stasion-Média-Servis’ ?

– Tu as retenu ça ? Bravo, quelle mémoire ! Dis-toi que c’est pareil, toutes les interfaces se ressemblent, tout a été uniformisé par un seul système logiciel, les curseurs de réglage sont les mêmes. Ensuite, tu peux modifier tes mensurations qui sont limitées à plus ou moins quinze centimètres de la taille standard. Tu me vois avec des yeux bleus comme les tiens ? Ça ne ferait qu’un Don Juan de plus sur l’île tu me diras ! D’accord, ce n’est pas une bonne idée, je garde mes yeux marron-verts. Tu as également un panel de profils disponible, de massif à sensuel, ne pouvant dépasser plus ou moins quinze pour cent de la mensuration standard, continuais-je ma description des fonctions de la borne arcade style Pac-Man que je visualisais comme si elle était devant moi. Pour finir, une touche All Automatic à choix unique, la préférée des hommes, ne demandant aucun effort intellectuel, est la fonction basique qui optimise ton organisme actuel selon un degré de ressemblance de cinq sur cinq en tenant entièrement compte de ta personnalité. Les femmes quant à elles, peuvent y passer plus de temps préférant les réglages manuels comme le tour de hanches ou de poitrine et surtout, le changement partout où c’est possible, elles adorent ça.
 En option, tu peux choisir un métier supplémentaire ou une nouvelle activité par acquisition mémorielle instantanée. Il est possible de cumuler un maximum de cinq métiers avec de la mémoire séquentielle ajoutée. Une barrette de mémoire organique cadencée à vitesse lumière, ça te tente ?
– Pa vréman. Sa m’fou in mal de tète té zistoire d’sarkofaje.

– Il ne faut pas dire ça. C’est le must du futur ! Ce sera peut-être toi l’installateur. On trouvera ces bornes arcades à la collectivité ou dans les hôtels cinq étoiles selon les critères de sélection auxquels on appartient. Quand tu arrives en fin de vie, tu te paies un clone, tu pars en vacances, tu fais la fête pendant trente jours avec celui que tu habites sur le moment et tu repars à la fin de ton séjour avec un corps tout neuf.
– Sa keu fé dé vieu corp ?

– Bonne question. Je n’en ai pas la moindre idée. Que peut-on faire d’un double avec des organes en mauvais état quand il ne nous est plus utile ? Des steaks hachés pour Extra-terrestres ? Je suppose qu’il doit être recyclé. Tout est recyclé dans le futur, rien ne se perd, tout se transforme. Ça ne donne pas envie de manger des burgers industriels, hein ! Vu qu’il n’y a plus de cimetière, que techniquement tu ne meurs jamais et que personne ne peut aller pleurer sur ta tombe puisque tu es vivant, il doit y avoir un système de déconnection cérébrale de ton ancien toi à la mise en service de ton nouveau toi. Tu imagines si ton ancien toi voulait continuer à vivre préférant la maladie à la mort ?
– Deu Claude dan la munme kaze, sé dan té rèv’ ! Tout’ sé butin la va pa arivé a Sem-Bath !

– La sécu ne pourra pas être éternellement en faillite. Tu vois bien qu’en prenant de l’âge, la santé humaine est un échec sur toute la ligne ! Le CADAC sera généralisé par nécessité.
– Sé sa ton monde parfé ? Ch’préfère viv’ ma vie trantchyil o Corossol bouaye !

– Inconsciemment, c’est le monde que nous avons voulu en ne sachant pas gérer nos vies correctement, en ne sachant pas gérer la surpopulation, en nous détruisant nous-mêmes, en saccageant notre environnement. Le Sarco-Clone est la solution je te dis !
– J’veu pa d’se monde la pou Sem-Bath.

– Tu vois bien que ce n’est plus jouable. Les humains n’arrivent pas à s’entendre entre eux, ils sont incapables de gérer leur santé faute de l’avoir appris à l’école. La plupart ne comprennent même pas pourquoi il faut respecter le véhicule corporel qu’ils habitent sous prétexte qu’ils sont couverts par la sécu. Pour se rassurer et continuer à s’empiffrer à loisir, certains prennent des assurances vie au cas où ils tomberaient malades alors que bien entendu, ils n’ont aucune garantie de guérison ! Nous marchons à reculons. Tu ne trouves pas tout ça débile ? La vérité c’est que nous avons complètement perdu la souveraineté sur notre physique. Le système nous a infantilisé au point de remettre notre santé à un système médical qui n’arrive pas à endiguer les milliers de pathologies qui nous submergent. Qui prend le temps de comprendre ce qui nous arrive ? Qui prends le temps de s’instruire, de s’étudier, qui en a la volonté et l’énergie ? Les populations sont conditionnées par une instruction orientée, hypnotisées par la pub et distraites par les infos continuelles qui les détournent des vrais problèmes existentiels. C’est à croire que tout ça est fait exprès. Face à une telle débâcle sanitaire, pourquoi la santé n’est-elle pas devenue le fer de lance de l’enseignement qui fait volontairement abstraction de cette discipline fondamentale ? Ne vit-on pas un non-sens ?
– Ch’tarkon-né pu, té ki parle konme in intélèktuèl’ ki vien d’Paris.

– Merci de me rappeler mes origines, grommelais-je. Demain, nos meilleurs amis seront des robots. C’est ce que nous pouvons espérer de mieux comme alternative aux Sarko-Clones si ce futur là ne te convient pas. Ils nous assisteront vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour rendre nos vies meilleures sans faire un caprice toute les trente secondes, tu vois de qui je veux parler ? Le million de raisons d’être en mauvaise santé, l’héritage congénital, la malnutrition, l’excès alimentaire, la nourriture trop sucrée, trop salée, trop grasse, trop riche en protéines qui causait des maladies et saturait le système de santé continuellement en déficit sera de l’histoire ancienne. Il va bien falloir trouver une solution mon pote, parce que nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis et qu’il nous reste que très peu de temps avant de détruire complètement notre planète à force de proliférer comme des sauterelles ! M’emportais-je.
– Pa t’faché bouaye !

– Aille ! Merdouille ! Ouille ouille ouille !
– Sa ki t’ariv’ ?

– Punaise, je me suis mordu la langue ! Tu as le bon rôle toi. Un Saint-Barth qui vit à Saint-Barth à deux pas de la plage, qui travaille partout sur l’île en étant à dix minutes de chez lui, entouré de dix frères et soeurs Saint-Barths qui parlent un Patois de quartier truffé d’humour ! Le rêve absolu. Pour moi qui vit seul et loin des miens pour avoir un peu de tranquillité, adopté d’un coté par une gentille famille athée originaire d’Italie et regardé de travers par l’autre Française et Chrétienne jusqu’au bout des ongles qui a rejeté sa fille-mère, ça m’est plus facile de me mettre en colère et de lâcher mes émotions quand on m’agresse, que d’être introverti et malheureux en permanence. Si comme moi tu vivais coupé des tiens, tu comprendrais mieux ce que je ressens. Pour ça, il faudrait que tu te mettes à ma place avec une mère qui te persécute quand elle est mal lunée trois semaines sur quatre, et des demi-frères qui t’ignorent à temps plein. Qui veut tenter l’expérience ? Je ne vois pas de doigt levé ! Personne ? Allez, un peu de courage que diantre !
– Tu devré ékrire in liv’ su Sem-Bath pou t’kalmé.

– Tu as raison. Il va falloir que je l’écrive ce livre, que je parle de mes peines, de mes amours, de mes espoirs. J’ai plein de choses à dire qui ne sont pas en accord avec ce qu’on nous a appris. J’ai la plume qui me chatouille tu n’as pas idée ! J’ai le pouce, l’index et le majeur qui me démangent, j’entends déjà la plume gratter malicieusement le papier en négociant les circonvolutions en dérapage contrôlé. Je vois mon écriture penchée à droite, les retraits de ligne, les majuscules fantaisie, les lignes parallèles s’additionner les unes aux autres, mais aussi les paragraphes à déplacer quand tu transcris ce que tu entends dans ta tête alors que tu n’as pas de plan. Je vois les ratures sur les mots corrigés, les mots rayés remplacés par d’autres coincés entre deux lignes, les feuilles de brouillon, les tâches sur les doigts. Tiens, j’ai même l’odeur de l’encre bleue de ces flacons taillés comme des diamants qui me revient aux narines. Et ce bouchon noir démesuré, tu sais pourquoi ils l’ont fait aussi large ? C’est pour tremper ta plume dedans parce que le stylo plume à réservoir intégré ne sera inventé qu’au dix-neuvième siècle. Quelle époque formidable ! Tout était à faire, à inventer, à créer, à réaliser ! J’aurais pu trouver ma place sans problème dans cette époque moi qui aime assembler, ajuster, régler, inventer des objets utilitaires qui n’existent pas encore.

 Tiens, puisqu’on parle d’invention, tu sais ce qu’on devrait faire pour éradiquer tout ce merdier organisé ? On devrait créer un Système de Crédit Social. Un truc bien contraignant qui mettrait tout le monde au pas. Grâce à la reconnaissance faciale et au paiement par code barre bidimensionnel tatoué au poignet, le système de surveillance serait généralisé. Les gens ne pourraient plus mal se comporter avec leur semblables et avec eux-mêmes sous peine de voir leur compte en banque gelé, leur permis de conduire sauter, leurs droits les plus élémentaires restreints. Plus de voyages, plus de déplacements, terminé les délices chocolatés, avec la contrainte de rester à domicile sans autorisation de sortir selon le niveau du délit perpétré. Une société nouvelle sans manifestation possible, sans opposition, sans grèves, sans destruction de biens d’autrui, sans choix qui pourraient différer de ceux que le système propose pour notre bien. Avec un renouveau moral qui permettra de réduire de 99% l’insécurité, les vols, les agressions, les assassinats. Ce serait la fin de la démocratie primitive, déficiente et corrompue, du pouvoir du peuple qui n’a pas su gérer sa santé, ni sa planète, ses envies, ses fantasmes de pouvoir et ses délires de grandeur par absence de raison et de maitrise de soi-même, fulminais-je par cet édifiant constat. Ouille !
– Sa ki t’ariv’ enkor’ ? Té faché ? 

– Oui ! Enfin non, je sais plus trop, je me suis encore mordu la langue.
– Sé bien fèt’ pou toué !
– Punaise, ça fait mal !
– T’arsenm’ a in pèt’ ki peu pa sorti d’son tchu !

– Bien envoyé. Tu es mon maître à penser Claude. Si j’avais eu plus tôt la maturité que j’ai aujourd’hui, je n’aurais pas fait autant d’erreurs.
– Si t’avé pa fète otan d’éreur, t’oré pa la kon-néssanse k’ta ojordi.

– Lutin, j’ai mal ! plaquais-je ma langue contre mon palais pour faire passer la douleur.
– Sé l’bon dieu ké ki t’puni pou avouère rakonté autan d’kouyon-nad’.
– Moi ? J’aurais dit une couillonade s’en m’en rendre compte ?
– Fé atension, janmé deu san troi !

– Gurgel-toi de moi ! Tu en veux une autre ? Bientôt nous aurons tous des codes barre tatoués au poignet, ça tombe bien, c’est à la mode, comme par hasard. Les gens vont adorer le coté gratuit ! ironisais-je en faisant attention de bien articuler pour ne pas me remordre la langue une troisième fois comme l’aurait voulu le sort pour rester crédible.
– Sa s’ra san moué, ju pa in chien mil’ sabor’ ! Alé yé l’eure, on é ki va mougné l’kan-not’.

A suivre…

 

Rédigé le 04 janvier 2022
Texte et dialogues : Marc-Éric
Traduction Patois : Marc-Éric
Aide Patois : Françoise

Correction & rajouts : J
Relecture et anti-coquilles : Jojo

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2 commentaire

  1. c’est beaucoup de travail, on se serait cru sur le brise-lame à corossol en train de discuter comme les anciens, avec un patois encore plus accentué, que nous-mêmes avions du mal à comprendre !
    Bravo pour cet ouvrage de qualité !

    1. Merci pour tes encouragements Alain ! :rabbit:☺:rabbit:

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