LMM30 – Un Monde Parfait, 4ème partie

0
(0)


– Bonjour Marc-Éric, comment allez-vous aujourd’hui ?


– Bien ! J’ai encore un peu de fièvre, je viens de prendre ma température, 38 pile ! J’ai hâte de sortir et de me remettre au travail. Je n’aime pas rester sans rien faire.
– C’est mieux, mais il n’est pas encore temps de sortir. Vous devez reprendre des forces. Par contre, un bain de soleil entre quinze heures quarante-cinq et seize heures ne vous fera pas de mal, à condition qu’il n’y ait pas de vent. Demain vous pourrez aller marcher dans l’eau de mer, ensuite, nous aviserons. Prenez de l’énergie en mangeant des fruits, je vous en ai apporté une corbeille.

– C’est très gentil Mutty, vous me direz combien je vous dois !
– Vous plaisantez j’espère ? Vous ne me devez pas un sou, par contre, quand vous serez sur pied, si vous pouviez jeter un œil au siège conducteur du Gurgel, il a tendance à se mettre en travers quand je prends un virage. Tenez, je vous ai apporté de la lecture.

– Super ! C’est quoi ?
– Travail & Santé Magasine, La Revue Canadienne sur la Santé et…

– Pffffff non, pas ça ! grommelais-je à mi-voix.
– Comment ça, pas ça ? Vous voulez enter dans la liste des français qui consomment 500 tonnes annuelles de médicaments renouvelés chaque année pour le plus bel essor de la courbe des pathologies ?

– J’aurais préféré Science & Vie Micro, Chasseur d’Images ou Sono.
– Ceux que vous dévorez en une soirée et qui vous laissent toujours sur votre faim de savoir ? Celles qui vous frustrent en permanence de ne pas posséder ce qu’elles vous mettent sous le nez page après page, en clamant que c’est indispensable pour que vous ayez une vie épanouie ? me coupait-elle à son tour. N’êtes-vous pas curieux de découvrir l’être le plus formidable jamais créé sur notre planète ? Saviez-vous que nous sommes au départ un corps de lumière ? Des âmes qui en ralentissant leur vibrations ont créé un corps mental comprenant l’ensemble de nos pensées, concept et rêves, puis un corps émotionnel, et pour se matérialiser un corps physique ? Comment pouvez-vous bien vous porter si vous ne percevez pas ces quatre corps de façon holistique ? Ils doivent être traités dans leur globalité parce qu’ils ne font qu’un.

– Holistique ?
– Holistique est issu du grec holos « entier » et « therapeia « soin ».

– C’est donc ça ! J’ai fait deux ans de latin, tout s’explique ! ne pouvais-je m’empêcher de rire en constatant mon ignorance infinie.
– Navrée de vous avoir fait sortir de votre zone de confort intellectuelle. Si vous avez un doute, cette vision de l’architecture spirituelle, mentale, émotionnelle et physique se retrouve dans toutes les religions, me précisait-elle apportant de l’eau à mon moulin. Ouvrez votre bible, ça vous donnera l’occasion de la dépoussiérer ! Les troubles psychosomatiques ça vous parle ? Après un choc émotionnel vous pouvez faire du diabète en claquant des doigts ! La pensée est capable de dérégler le corps physique au point de créer un cancer ! Le saviez-vous ? Dites-vous que ces revues sont de la technique biologique en beaucoup plus intéressant que ce que vous lisez. D’abord parce que vous allez apprendre les bases pour vous soigner vous-même. Ensuite parce que le corps n’est pas une machine quelconque mais un extraordinaire alambic alchimique dont nous ignorons la plupart des fonctions. Vous aimez la science ? C‘est aussi de la science mais bio-magnétique, qui fonctionne sans piles, qui communique avec des neurotransmetteurs et des hormones, et cerise sur le gâteau, ça se répare automatiquement grâce à chacune de nos cellules souche qui ont un programme spécifique pour reconstruire ce qui est endommagé. Les médicaments ne nous guérissent jamais, ce ne sont que des béquilles. C’est toujours le corps qui se guérit lui-même. L’être humain doit comprendre qu’il a tout les pouvoirs en lui. Dans le monde que je vous propose de découvrir, chaque particule de votre anatomie est dotée de mémoire et d’intelligence. Vous allez aimer, c’est beaucoup plus complexe que l’architecture d’un ordinateur avec des puces en silicium aux fonctions limitées. Si je vous disais que les connexions qui relient tous les habitants de la planète au niveau téléphonie ne représentent qu’une infime partie de ce qui se passe au niveau neural dans notre système nerveux central ? Vous qui êtes perfectionniste, vous allez vous régaler, surtout avec les revues canadiennes qui ont vingt ans d’avance. Les premiers numéros seront un peu rébarbatifs, vous devrez emmagasiner l’information et vous familiariser avec les termes techniques. Ça vient tout seul. Rassurez-vous, ces articles sont tous vulgarisés en cours de paragraphe pour que le lecteur ne perde pas pied. Utilisez votre doigt pour suivre les mots, vous accélèrerez votre vitesse de lecture, prenez une pose toute les vingt-cinq minutes. Oxygénez-vous cinq minutes en allant marcher.
– D’accord, je vais y jeter un œil.

– Les deux serait plus approprié pour la circonstance ! me souriait-elle. Il y a aussi des images, commencez par ça ! Je suis sûre que vous allez vous passionner pour l’anatomie et le fonctionnement du système digestif, endocrinien et lymphatique. Le pouvoir d’autoguérison du corps est illimité. Inutile de froncer les sourcils et vous mettre la rate au court-bouillon, vous n’aurez pas d’interrogation. Nous pourrons en parler ensembles quand vous aurez du temps à tuer, comme ça vous ne serez plus largué à chaque fois qu’on parle des fonctions multiples d’un organe,
m’annonçait-elle toujours de bonne humeur, heureuse de pouvoir m’instruire.
– Ça tombe bien, j’ai horreur de ne pas me sentir à la hauteur sur un sujet de conversation. J’ai de quoi lire pour un bon moment !
– Au final, vous découvrirez dans un de ces magasines que notre père céleste nous a donné des reins en cadeau de naissance avec l’article Amaroli. Ces organes produisent pour nous les médicaments les plus puissants et les plus adaptés pour combattre toutes nos pathologies à condition que vous ne passiez pas votre temps à vous empoisonner par l’alimentation industrielle et carnée ! Je vous aurai bien prêté le livre de J.W Armstrong, The Water of Life qui est une merveille, mais vous ne parlez pas l’anglais. Vous savez ce qu’il vous reste à faire. Qui mieux que votre organisme sait de quoi il a besoin ?
– C’est entendu Mutty. Je m’y mets tout de suite, lui affirmais-je presque au garde à vous. Merci pour votre bonté.

C’est ainsi qu’avec enthousiasme, j’ouvrais la première page de ce magazine Canadien remarquablement rédigé, qui me donnait au fil des pages illustrées l’envie d’en savoir encore plus sur notre fonctionnement interne. Au bout de deux heures de lecture sans aucune pose, ayant du relire plusieurs fois certains passages pour les assimiler tant j’étais novice en la matière, je commençais petit à petit à fermer les yeux, perdais mon attention, et finissais par m’endormir la tête plongée dans mon oreiller, le magasine tombé ouvert sur mes organes qui n’avaient rien à apprendre de ces articles, alors que que moi-même, j’ignorais tout de leur fonctionnement.

Il était rare que je me souvienne de mes rêves. Mais il y en avait un qui revenait depuis ma petite enfance. Toujours le même. Obsessionnel. Avec les mêmes personnages, dans le même lieu. Le scénario était identique à chaque fois. Il se déroulait dans un couloir sans fin aux murs blancs, tapissés de vitrages opaques, incrémenté de portes laiteuses aux poignées extra blanches, éclairé par des tubes néons blanc industriel. Tout était blanc dans ce couloir, l’encadrement des portes était blanc satiné, l’armature des vitrages fixes du même blanc, les joints de vitrages blanc mat. Même les joints de carrelage étaient farine blanche. Les plinthes au sol étaient du même blanc que le carrelage. Le plafond était d’un blanc indéfinissable, les plafonniers d’éclairage blanc cru. De par son odeur de Cresyl, ce lieu avait quelque chose de pharmaceutique, de bloc opératoire désaffecté aseptisé de toute vie, de râle fantomatique dénué d’âme.

Dans mon premier cauchemar, j’étais tout gamin. Je devais avoir sept ou huit ans. Sans avoir réellement conscience de ce qui m’arrivais, je me sentais en situation de détresse intense comme ça se passe dans les rêves qui sont choquants au point de s’en souvenir une fois éveillé. J’étais pieds nus. Sur un sol froid. En pyjama blanc qui n’était pas à moi. Je fuyais en courant le plus vite possible dans ce couloir qui semblait interminable. Derrière moi, deux silhouettes mal définies avaient d’énormes têtes gris métal argent. Elles me suivaient sans se hâter. J’essayais de part et d’autre d’ouvrir les portes qui restaient désespérément fermées. Puis, après maintes tentatives, sans que je comprenne pourquoi, une porte sur ma gauche s’ouvrait. J’entrais dans la pièce. Je refermais la porte. Je la fixais du regard. Il n’y avait pas de serrure sous la poignée. Pas de moyen de la verrouiller de l’intérieur non plus. Essoufflé, j’attendais terrorisé au milieu de la pièce, jusqu’à ce que je vois apparaître avancant vers la porte, les deux têtes déformées par le vitrage opaque. Le premier d’entre eux saisissait la poignée blanche qui basculait, la porte blanche s’entrouvrait, je me réveillais en sursaut en pleine nuit, assis sur mon lit, couvert de sueur.

Je ne sais plus combien de fois j’ai fait ce rêve. Le scénario restait invariable. Dès que j’entrais dans cette pièce, je me retrouvais toujours face au même agencement. Momentanément aveuglé par un puissant éclairage circulaire en provenance du plafond, la pièce carrée dans laquelle je me trouvais était vide. Plaqués sur les quatre murs, le mobilier de rangement blanc pur était composé de tiroirs parfaitement alignés jusqu’à mi-hauteur. Face à moi, se trouvait une autre porte. Je l’ouvrais. Elle donnait sur un autre couloir identique au premier. J’entrais dans le couloir. Je courais à nouveau, trouvais une autre porte qui s’ouvre à gauche, pour entrer dans une pièce identique à la première.

J’ai fait plusieurs rêves comme celui-là, jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais un peu de temps pour regarder ce qu’il pouvait bien y avoir dans ces tiroirs. Dans les rêves suivants, en entrant dans un nouveau couloir, j’allais directement ouvrir la septième porte à gauche quelque soit la direction que je prenais pour échapper à mes poursuivants.

J’ouvrais un à un les tiroirs à ma hauteur dans l’espoir d’y trouver quelque chose pour me défendre. Dans chacun de ses tiroirs se trouvait des boites blanches identiques en volume et en poids contenant un modèle de cartouche spécifique pour une arme donné. Tous les calibres semblaient s’y trouver. Dans un tiroir je trouvais la cartouche de 22 long rifle. Dans le tiroir au-dessus, de la 223 Remington pour M16. Au-dessous de la Brenneke pour calibre 12, à sa droite du 9mm. Vite, la porte !

J’étais dans l’incompréhension la plus totale. Tout ce que je pouvais dire c’est que j’avais peur. J’en tremblais des mains tellement j’avais peur. J’en avais mal au ventre. J’ouvrais à nouveau un tiroir, en sortais une boite de munitions cartonnée de blanc, exempte d’inscription. J’ouvrais la boite, extrayait une cartouche du support compartimenté, mémorisais sa taille et son diamètre. J’ouvrais un autre tiroir, découvrais une autre cartouche soit plus longue, soit plus courte. J’essayais un autre tiroir. Un autre. Un autre encore, pour toujours tomber sur une cartouche différente que je découvrais pour la première fois. Après avoir traversé plusieurs pièces, mes poursuivants ne se donnant pas la peine de courir comme je le faisais, je tentais de gagner quelques secondes en allant directement à la septième porte. En tirant à moi les tiroirs que je n’avais pas encore ouvert, je m’empressais de plonger ma main pour en retirer une boite pour examiner la munition.

Les rangées de tiroirs sur un mètre cinquante de haut faisaient le tour de la pièce. Combien pouvait-il y en avoir ? Trois cent, quatre cent par pièce ? Sur chaque tiroir se trouvait un porte étiquette qui aurait du porter une inscription, mais les étiquettes étaient elles-aussi d’une blancheur immaculée. Aucune repère, aucun indice. Je devais tous les ouvrir pour trouver ce que je cherchais. Aucune des cartouches que je découvrais n’avait le profil que je visualisais dans ma tête, jusqu’à ce tiroir où les boites n’étaient plus blanches comme les autres mais en couleur. Sur le mur à gauche de la porte de sortie, c’était le cinquième tiroir en partant de la droite, troisième rangée en partant du bas. Sur la boite verte et jaune était inscrit Remington 357 Magnum. C’était exactement celle que j’avais en tête. Celle que je cherchais. Je savais maintenant dans quel tiroir elles étaient.

Combien de fois me suis-je arrêté au même point de mon rêve dans cette poursuite répétitive où je ne pouvais échapper à mes poursuivants que je n’arrivais à distancer que de quelques secondes seulement ? Dix, douze, quinze fois ? Quelque chose avait changé en moi au cours de ces derniers jours. J’avais grandi physiquement et psychiquement. J’avais pris de l’assurance. Je ne tremblais plus. Je calculais chacun de mes gestes en économisant des secondes supplémentaires pour en apprendre toujours plus sur le contenu de ces tiroirs. Peut-être une arme s’y trouvait-elle ?

Troisième rangée, cinquième tiroir, septième porte. Intuitivement je m’emparais de sept cartouches que je gardais dans la main gauche. Je prenais de l’avance en contrôlant ma respiration. Alors que j’apercevais les têtes difformes derrière le vitrage opaque, j’ouvrais la porte de sortie et empruntais un autre couloir. En poussant sans perdre un instant la poignée, j’ouvrais la septième porte d’un coup d’épaule et là, dans cette pièce entièrement vide qui ne comprenait qu’une porte d’entrée, se trouvait posé là, sur une table basse, orienté vers moi, un Colt Python d’un noir glacial.

Je me précipitais sur l’arme imposante, ne pouvant y croire. Le barillet était vide. de ma main gauche je libérais les cartouches moites sur la table basse. Je comptais les secondes. Dix, j’ouvrais le barillet avec le pouce en tenant la crosse de ma main droite. Neuf, je plaçais la première cartouche à midi. Il me restait huit secondes. Sept, je plaçais la seconde cartouche qui rentrait dans le logement à quatre heures. Il me restais cinq secondes. Quatre, je faisais tomber une cartouche par terre qui roulait sous la table basse. Il me restait trois secondes, je plaçais la troisième cartouche à dix heures. Il me restais deux secondes. Une seconde, je plaçais la quatrième cartouche à huit heures sur le barillet. Avant de le fermer d’un coup de poignet, je regardais le vitrage opaque. Les têtes n’étaient pas encore arrivées. Fin du temps que je m’étais imparti. Je plaçais la cinquième cartouche à six heures quand je voyais apparaitre la première tête derrière le vitrage. Je saisissais la dernière cartouche. Je la glissais dans le dernier logement disponible, en bas du barillet à six heures. Les six logements avaient les bonnes munitions.

Je regardais à nouveau la porte. La poignée s’actionnait vers le bas. Sans prendre le risque de faire une mauvaise manœuvre, le canon orienté vers le sol, je fermais le barillet avec mon pouce gauche en prenant appui avec mes quatre autres doigts agrippés au coté droit du canon. La porte s’entrouvrait. J’armais le percuteur. Le premier Alien entrait dans la pièce. Jamais je ne les avais vus d’aussi près. Il portait une blouse verte maculée de sang. Je reculais en me rapprochant du mur faisant face à la porte d’entrée. Mes épaules entraient en contact avec le béton alors que je cachais le six-coups plaqué contre mes reins. Le second Alien entrait dans la pièce juste derrière le premier qui tendait vers moi une main à trois doigts au bout desquels se matérialisait une boule lumineuse. La porte se refermait. Je n’avais nulle part où m’échapper cette fois-ci. Cinq mètres nous séparaient. Un seul choix s’offrait à moi.

Alors que le premier Alien me fixait du regard avec l’intention de prendre le contrôle sur mon mental, le second derrière le premier penchait sa tête en direction de la cartouche qui avait roulé sous la table basse. La dernière chose que j’ai vu sont ses grands yeux noirs translucides ne laissant apparaitre que que du mépris envers l’humain que j’étais. Ils ne parlaient pas. Ne criaient pas non plus. Je n’avais plus peur. Face à eux pour la première fois, j’échafaudais un début de solution quand le Colt m’échappait des mains.

Les poignets fortement sollicités par le recul se relevaient de dix pouces après que l’index ait pressé la queue de détente. La balle tirée qui traversait le buste du premier Alien de part en part déséquilibrait le second qui, lui aussi traversé par le projectile, basculait en arrière contre la porte. L’assourdissante détonation semblable à un coup de mortier avait été amplifié par la raisonnance de la pièce vide. J’étais tout à coup privé de mes facultés auditives. Comme si mon système auditif s’était subitement déconnecté, refusant d’amplifier les ondes perçues par mes oreilles en un signal nerveux interprétable par mon cerveau. Le Colt Python tenu à deux mains se relevait à l’identique après la seconde cartouche percutée. Il n’y avait pas eu de détonation. Je n’avais pu entendre le moindre son. Je n’avais plus que l’image. Présent dans tout mon corps, je ne ressentais plus que la présence d’un OM céleste qui faisait entrer chacune de mes cellules en vibration.

Les bras tendus, en appui sur le mur, enserrant fortement avec les paumes et les doigts des mains la crosse ergonomique du révolver de la police étasunienne, je voyais distinctement pour la troisième fois le ralenti du projectile tournant sur lui-même sortir du cylindre d’acier de six pouces de long. Propulsé par un nuage rougeoyant dans un silence absolu, l’ogive de plomb impactait à nouveau l’Alien qui cette fois-ci vacillait. La salve des trois premières balles était parti en moins deux secondes. Le tir était groupé. Le premier Alien tombait le dos sur le carrelage alors que le second glissait le long de la porte, se retrouvant en position assise, lui aussi un bras tendu vers moi en essayant de matérialiser cette boule de lumière qui n’avait rien d‘amical. La ligne de mire était réajustée à nouveau, la queue de détente pressée vers le second Alien. Le percuteur frappait l’amorce de la cartouche qui en explosant enflammait à son tour la poudre en une fraction de seconde.

L’Alien de la porte finissait par baisser son bras et tombait sur le coté. La lumière au bout de ses doigts disparaissait instantanément. La porte comptait quatre trous à présent. Ils laissaient passer la lumière du couloir. Il restait deux cartouches. Le revolver se rapprochait des Aliens agonisants et gesticulants nerveusement au sol. Méfiant, je faisais aussi un pas vers eux. Puis deux. Trois, dépassais la table basse avec le quatrième en m’arrêtant devant la septième cartouche. A bout portant, la gueule du canon encore fumante, le Colt Cobra les immobilisais dans deux nuages de feu. Leurs têtes se rivaient définitivement sur le carrelage blanc qui se se soulevait sur deux mètres carrés par la pénétration des ogives fragmentant la chape de mortier.

Semblable à la couleur de leurs regards, un granuleux liquide noirâtre s’échappait lentement de leurs têtes percées par l’ogive 357 Magnum. Leur sang d’Aliens contrastait violemment avec celui qu’ils avaient sur leurs blouses. Même morts, leurs impressionnants yeux sans paupières qui ne pouvaient se fermer, resteraient ouverts. A jamais. Gravé au fer rouge dans ma mémoire.

La septième ogive était ramassée. Le barillet de l’arme s’ouvrait alors que le canon était dirigé vers le plafond. Je regardais les six chemises tomber sur la céramique en tintant de sonorités métalliques identiques quand je pouvais entendre :

– Alors apprenti flingueur ! On s’amuse bien ? me demandait ma mère dominatrice apparue soudainement dans la pièce, alors qu’elle insérait la septième cartouche à dix heures avant de refermer le barillet.
– Qu’est-ce que tu fais ici ? demandais-je surpris. On ne t’a pas appris à frapper avant d’enter dans le rêve des gens ? Pourquoi m’as-tu arraché le révolver des mains ?
– Ne me dit pas que tu n’es pas satisfait de cette expérience ? Tu as fait le plus gros du travail mental. Tu as trouvé la munition qui correspondait à l’image que j’avais chargé dans ta mémoire. Les munitions en main, tu es passé seul à l’étape suivante en rendant ton moyen de défense fonctionnel dans un laps de temps très court. Je te l’ai servi sur un plateau tu me diras, mais tu as su malgré tout gérer tes émotions sans être paralysé par la peur pour enfin faire resurgir cette bravoure qui sommeillait en toi.

– Pas vraiment ! Je ne considère pas cette avancée de mon inconscient comme un exploit, même si le résultat est significatif.
– Il te fallait un exemple marquant, je te l’ai fait visualiser. Tu voulais continuer ce rêve jusqu’où ? Qu’éprouves-tu à présent ?
– Je ne sais pas. J’ai du mal à trouver les mots. Je ne suis ni dégoûté, ni heureux. J’éprouve un soulagement intérieur. Comme une libération. Une sorte de contentement d’être arrivé à vaincre cette peur matérialisée par ces êtres qui me terrorisaient.
– Bien ! je vais t’expliquer où nous en sommes. Le but du jeu élaboré par l’I.A. est de faire passer les pouvoirs publics sous le contrôle du privé pour atteindre ainsi par voie détournée la fin de la démocratie. Les intérêts privés qui se cachent derrière les banques centrales contrôlent les corporations. Elles-mêmes contrôlent toute la technologie à travers l’armement, l’industrie chimique et médicale qui contrôlent à leur tour l’éducation, les universités et les institutions. Ces dernières comme l’OMS ont une forte influence étant l’unique référence officielle qu’adopteront les gouvernements en temps de crise, principalement quand il s’agit de la santé des nations.
– Je ne vois pas très bien le rapport ?
– Ce sont ces institutions mondialistes qui contrôlent l’information par la propagande et qui font la chasse aux sorcières qui ne sont pas dans le dogme ou de toute personne ne représentant pas les intérêts de ceux qui les financent. Tous ces maillons de cette chaine sont interdépendants, ils s’auto-contrôlent et exécutent sans broncher les ordres en provenance du sommet de la pyramide. Même l’élite est au service de l’I.A !

– Si nous le savons, comment ce système peut-il continuer à fonctionner ?

– Par la peur. Le système pour assurer sa survie choisit une cible politique qu’il qualifiera d’extrémiste, d’antisémite ou de conspirationniste et le donnera en pâture aux médias sous contrôle, qui s’empresseront de le brûler en effigie sur la place publique comme ça se faisait au moyen âge. Du coup, comme l’évènement est fortement médiatisé et que 95% de la population sous hypnose collective est informée par de l’information choc, ils prennent tous peur. Ils sont effrayés comme tu l’étais il n’y a pas deux minutes.

– Je n’ai pas à t’écouter. Je n’ai pas à accepter pas ta vision des choses, je ne te dois rien contrairement à ce que tu m’as toujours dit. Tout ce que j’entends émane de tes désirs égoïstes. Tu cherches à m’inculquer nombre de principes non pas pour chercher à m’équilibrer mais pour que je sois à ton service. Qui a dit que j’avais besoin d’être équilibré à part toi ? Qui a volontairement créé ce déséquilibre à part toi ? Qui m’a poussé dans cette impasse dans laquelle je me suis trouvé ? Je n’ai pas à être dirigé ou manipulé par ton égo. Laisse-moi décider par moi-même ce qui est bon pour moi de ce qui ne l’est pas. Es-tu de ma tribu ? Non, tu n’as plus ta place dans mon cercle de vie. N’entre plus en moi comme si tu étais chez toi, je te ferme la porte de mon être de façon définitive. « No Entrance » comprendo ? Reprend ton arme qui soustrait la vie, ce jeu-là n’amuse que toi.
– Bravo mon fils ! C’est là où je voulais t’emmener. Tu as toujours eu cette rage d’exister qui t’a permis de retomber sur tes pieds quelque soit la façon dont les épreuves de la vie t’on malmené. Je n’interviendrai plus à présent. Je te souhaite une belle vie avec un beau métier en perspective. Au fait, que veux-tu faire dans la vie ?
– Pourquoi me poses-tu toujours la même question ! Pourquoi devrais-je correspondre à un moule spécifique, à une case définie, à un pion précis de l’échiquier ? Est-ce cela que les étudiants attendent de la vie ? Architecte ? Médecin ? Avocat ? Notaire ? Juge ? Prêtre ? Est-ce cela la gloire sociale ? Pourquoi n’as-tu pas choisi ce créneau toi ? Ce n’est pas ce que je veux être même si ça gagne beaucoup d’argent. D’ailleurs ça veut dire quoi gagner beaucoup d’argent ? Pourquoi vouloir gagner beaucoup d’argent ? Dans quel but ? Sur le dos de qui ? L’argent nous mène vers quelle finalité ? Arrive t-on a vivre le moment présent quand on a tout le temps l’argent en arrière pensée ? Cela nous mène t-il vers l’épanouissement ? Non, je ne le crois pas. Tout le monde cherche le pouvoir, la richesse, la célébrité, les honneurs, les récompenses, les médailles, les diplômes et alors ? Vivent-ils mieux que les autres ? Sont-ils plus heureux pour autant ? Que signifie mener la grande vie si ce n’est prendre le contrôle sur autrui grâce à ses moyens financiers avec lesquels on peut tout acheter même les âmes ? Je n’ai pas envie de prendre le contrôle sur quiconque. D’être le plus apprécié, le mieux noté, le plus récompensé, le plus décoré pour avoir été au service du système en place. Ça ne m’intéresse pas, je ne suis pas en adéquation avec ce mode de fonctionnement. Cela ne fait pas partie de mon encodage génétique, je n’ai aucune attirance envers le pouvoir. Rien ni personne ne pourra m’acheter, même pas par chantage. Je préfère perdre ce que l’on convoite de me prendre plutôt que céder à un ordre que l’on m’impose. C’est ça être glorieux pour moi. Ne jamais céder si l’on est persuadé que c’est l’unique voie à prendre. Pour conserver un esprit libre, il est bien plus important à mes yeux de rester intègre, en accord avec soi-même, que de se plier au système parce qu’on a pas le courage d’innover en créant son propre métier par manque de panache.
– Tu n’es qu’un instinctif. C’est ce qui est déroutant chez toi. Tu es capable de prendre une décision qui te desservira matériellement juste par certitude idéologique. C’est idiot.
– Je préfère ça à l’idéologie communiste. Je marche à l’intuition et alors ? C’est elle qui le plus souvent m’indique le chemin à prendre. Que faut-il que je fasse ? Que j’entre dans la ruse, le mensonge, la calomnie, la tromperie, la fourberie, l’esclavage intellectuel, l’échelle hiérarchique, que je devienne un simple pantin aux ordres sous prétexte que c’est la règle de survie du monde actuel ? C’est un processus sans fin !
– Ma mission est presque terminée. Tu es prêt.

– Prêt à quoi ? Je n’ai rien demandé moi !
– Tu devais aller jusqu’au bout de cette expérience car le cerveau ne fait pas le distinguo entre le vrai et le faux. Pour lui, il est définitivement débarrassé de ses poursuivants. J’ai juste donné un petit coup de pouce à ton imaginaire. C’est quand même mieux que d’avoir à les affronter dans la vie réelle, non ?

– Je ne suis pas convaincu par le procédé.
– Ton inconscient l’est, je peux te le certifier. On va faire le test du citron si tu veux bien. Ferme les yeux.
– Encore m’hynoptiser ?
– Hyp-no-ti-ser ! Concentre-toi au lieu de faire le clown. Contrôle ta respiration, inspire cinq secondes et expire cinq secondes. Tu as un citron devant les yeux. Un gros citron vert. Tu le visualises bien ? Regarde-le, je le fais tourner devant toi. Maintenant, je le coupe en deux. A l’intérieur, les deux demi-citrons sont bien jaunes et bien pulpeux. Concentre-toi plus profondément. Les citrons sont gorgés de jus. Ils sont là face à toi. J’en prend un et le presse devant ton visage, ne recule pas ! Tu ne risques rien. Des gouttelettes sont projetées sur ton visage et tes paupières. Ça te pique un peu les yeux. Reste les yeux fermés ! Ouvre grand la bouche à présent. Je presse le citron dans ta bouche, le jus coule dans toute ta bouche, il passe sous ta langue qui se tortille. Je presse encore le citron, l’acidité te fait saliver. Je presse l’autre demi citron, le jus acide coule sur ta langue, ta bouche est remplie de citron et de salive, je presse encore ! Penche la tête en arrière, tu avales tout ce mélange acidulé en déglutissant. Tu as toujours le goût du citron dans ta bouche ? Ouvre les yeux maintenant ! Alors ?

– C’est dingue ! J’ai produit de la salive au point d’être obligé de l’avaler. J’ai même ressenti l’acidité du citron dans ma bouche !
– Ah bon ? Où est-ce que tu as vu un citron toi ? Je te le répète encore une fois, le cerveau ne fait pas la différence entre la suggestion imagée et le réel. Le vrai du faux. Pour lui, les deux scènes sont vraies. Comment expliques-tu que tu produises encore de la salive ? N’oublie jamais cette technique, elle te permettra de contourner bien des problèmes à venir en les résolvant par la pensée.

– Tu crois qu’on peut modifier son présent rien qu’en imageant ?
– Il paraît que c’est possible, moi ça m’est inaccessible.

– Les Nordiques que tu as vu à Saint-Barth le peuvent ?
– C’est plus que probable. 

– Comment peux-tu être sûre que c’était des Nordiques ?
– Impossible de se tromper. La ressemblance est frappante. Ils sont venus s’installer à Saint-Barth à l’époque Suédoise. N’oublie pas que le premier peuple élu par les Nordiques étaient les peuples du Nord dont la mission première était de conquérir l’Europe en tuant, violant, pillant, incendiant, détruisant tout ce qui pouvait l’être en particulier les bâtiments religieux comme les abbaye, les monastères et les églises.

– Ça m’avait échappé. C’est vraiment dans le programme scolaire ?
– Il y a beaucoup de choses qui ton échappé ! Les Scandinaves dont le sol était gelé six mois par an, commerçaient depuis l’époque romaine en vendant des fourrures, du bois, de l’ambre et de l’ivoire dans toute l’Europe qu’ils avaient entièrement cartographié. Ils échangeaient partout leurs marchandises contre du vin, de l’argent et des armes. A la belle saison, ils avaient pour coutume de s’installer dans des petites villes de province sur tout le continent. Ces postes avancés leur permettaient de récolter les informations qui leur serviraient dès qu’ils entreraient en guerre avec l’Europe. C’est ce qu’on a appelé l’âge des Vikings. Dès qu’ils ont été en surpopulation, le pillage organisé et par la suite la conquête de nouvelles terres pouvait commencer.

– Ils ne pouvaient pas rester tranquille dans leurs cases ? fulminais-je.
– Halle, c’est le nom de leurs maisons.
– Merci Maître Capello !
– Tu crois que la vie est un jeu télévisé ? L’unification de la péninsule scandinave incluant la Norvège, la Suède et le Danemark était une nécessité idéologique face à la montée en puissance de la religion dominante en Europe. Si les Scandinaves ont décidé d’envahir le continent Européen, c’est à cause de Charlemagne qui a joué un rôle majeur dans l’implantation du Christianisme et du Catholicisme. Il en sera d’ailleurs largement récompensé avec la date la plus facile à retenir, le 25 décembre 800 où à Rome, il est sacré empereur par le Pape Léon III.

– Je suis sans voix.
– Je disais donc, les Vikings ont commencé par attaquer par effet de surprise des cibles non armées, toutes à proximité des rivages, en saccageant les villages et pillant les monastères de façon à prendre le large avec des richesses rapidement gagnées. Les bordures côtières furent fréquemment attaquées. Ils tuaient et emmenaient des captifs, disséminant avec une violence inouïe leur code génétique aux quatre coins de l’Europe. Inutile que je te fasse un dessin. Ces violences ont causé la terreur chez les autochtones qui se sont empressés de fuir. Pour les notables et la bourgeoisie en place, ils versaient un tribut quand ils pouvaient acheter leurs vies ou sauver leurs villes du désastre.
– C’est édifiant. Comment tout ça a commencé ?
– Au VIII ème siècle, les Vikings Suédois fondaient à l’Est de leur péninsule leur première colonie en Russie, près de Saint-Petersbourg. Puis ils attaquaient l’île de Portland au Sud-Ouest. En 793, ils pillaient pour la première fois une abbaye à Lindisfarne en Angleterre. L’Occident est alors en émoi.
– Il n’y avait personne muni d’une épée en face d’eux ?
– A cette époque, aucune épée, même Anglo-Saxone n’aurait résisté à un frapper de hache. Les vikings savaient aussi manier la lance. Ils portaient leurs armes en permanence avec eux, arborant fièrement leur statut d’homme libres. Ils étaient prêts a guerroyer, de jour comme de nuit. Leurs actions de vauriens contre les populations sans défense ont marqué l’histoire de la façon dont ils voulaient qu’on se souvienne d’eux. Je te passe les détails sur la barbarie face aux moines sans défense. Les Scandinaves sont avant tout des bûcherons, des hommes robustes et puissants qui donnaient des coups de hache des journées entières en abattant des arbres centenaires ! Ils ont l’habitude de se mesurer à des géants. Alors des moines dodus, tu vois la triperie ? Ce sont aussi des rameurs avec une endurance peu commune. Rappelle-toi la simplicité de voilure d’un Drakkar, tu vas vite comprendre. Je ne vais pas te détailler le navire, tu n’as qu’à faire tes recherches toi-même. Néanmoins, je vais t’informer des grandes lignes pour que tu ne sois pas complètement ignorant sur le sujet.

– Merci m’an, tu es trop bonne avec moi.
– Nous sommes toujours au VIII ème siècle, en 795. Les Vikings atteignaient les cotes de l’Irlande où ils s’installaient. La première attaque sur les cotes Françaises eu lieu en Aquitaine en l’an 799 où un monastère, proie facile, était attaqué et pillé.

– Tu as des anti-sèches sur toi ou quoi ?
– Je peux te réciter des bouquins quasiment par cœur si tu veux savoir. Au IX ème siècle, les attaques sont de plus grande importance. En 802, ils prenaient le contrôle de plusieurs archipels d’Écosse. En 820 les Vikings Norvégiens étaient victorieux en Irlande. La même année, l’île de Noirmoutier était attaquée. En 835 les Vikings prenaient Dorestad sur le Rhin, Anvers sur l’Escaut et Witla sur la Meuse. Impossibles à arrêter, Pépin 1er d’Aquitaine ordonnera l’évacuation des îles de Ré, Oléron et Noirmoutier attaquée trois fois cette même année.
– Quel est l’intérêt de vouloir s’emparer d’une si petite île alors qu’ils ont de vastes territoires à conquérir ?
– Ces îles ou grands ports de commerce dispersés partout en Europe sont une étape importante pour les marchands venus des pays du Nord. Les Vikings occupent ces points stratégiques parce qu’ils sont situés à l’embouchure des fleuves Européens. Concernant l’Ouest de la France, ce sont de véritables bases pour leurs actions offensives qui leur permettent de remonter rapidement le cours des fleuves pour atteindre leurs cibles. Avec Noirmoutier, ils atteindront par la Loire, Nantes, Angers, le Mans, Tours, Poitiers, Ambroise, Orléans, Chartes Bourges. En s’établissant à l’île de Ré, ils vont ravager les villes de Royan, des Saintes, de Melle, d’Angoulème, de Brillac et de Poitiers. Bordeaux sera attaqué par la Garonne et ils iront jusqu’à Toulouse par ce même cours d’eau. Les fleuves sont des autoroutes pour eux ! S’ils essuient un revers durant une attaque, ces îles leur servent de refuge, de lieux clément pour passer un hiver doux comparé aux froids Norvégien qui peut atteindre -50° centigrade. Mais ne brulons pas les étapes.

– Punaise, mais que faisaient mes aïeux non d’une pipe ?
– En France l’année 841, les Vikings remontaient la Seine. C’est le pillage de Rouen et de sa Cathédrale ainsi que la destruction des abbaye de Jumièges et de Saint-Wandrille.

– Par comparaison on est bien à Saint-Bath ! Dommage que je n’ai pas pris mon agenda avec moi. J’y aurais bien consigné quelques notes.
– Achète-toi un livre d’histoire, tu gagneras du temps.

– Je n’ai jamais aimé l’histoire, il y a trop de sang qui coule.
– L’histoire est la clé de la compréhension pour comprendre ce qui nous est arrivé et pour nous préparer à ce qui nous attends.

– Si j’ai ouvert un livre d’histoire un jour, c’est qu’il y avait une interrogation écrite le lendemain. Ça ne m’a jamais passionné contrairement aux livres de technologie.
– En 41, c’est la première remontée de la Seine.

– Non, ne me dit pas qu’ils vont atteindre Paris la ville lumière !
– Nous sommes un millénaire plus tôt bougre d’andouille ! Tu l’as vu où la tour Eiffel illuminée ?
 Heureusement que tu n’as pas confondu la Seine avec la Seyne-sur-Mer !
– Je suis jeune, pas idiot ! J’ai toujours eu un problème avec les zéros. J’ai du mal à imaginer Paris autrement que celui de mon enfance. Donc pas d’Élysée, pas de tour Eiffel, pas de Maison de la Radio. De folles nuits au Quartier Lapin peut-être ? Non plus ! C’est un beaucoup trop tôt, hein, c’est ça ? Bon, j’ai fini de me dégourdir la langue.
– En 43 du même siècle, les Vikings pillaient Nantes principal port sur la Loire, il me semble te l’avoir dit. A cette occasion l’Évêque Gohard était massacré avec ses paroissiens, la Cathédrale pillée et incendiée.

– Massacrer un évêque, ce n’est pas possible ! C’est un self-service ce pays ! Où était l’armée du Roi Machin-Chose Truc-Bidule, énième héritier de la lignée ?
– Tu veux parler de Louis II, dit Charles le Chauve ?

– C’est exactement ça ! Déjà à l’époque ils perdaient leur cheveux ? Il ne devait pas y avoir de lotion après-shampoing, m’interrogeais-je.
– Louis II se battait déjà contre des clans infidèles de l’aristocratie alliés à son frère Louis Le Germanique. Il se battait aussi contre les Bretons, contre les Aquitains et contre les Normands qui créaient un climat d’insécurité dans les régions de la Seine et de la Loire.
 Ça te va comme réponse, la situation n’est pas trop complexe pour que tu t’y retrouves ?
– Ouf ! Même avec une lotion, il y avait de quoi perdre ses cheveux !
– Merci de le souligner. En effet, ça donne plus de souplesse à l’histoire, esquissait ma mère un sourire. Comme Louis II n’avait pas assez de problèmes internes, les Vikings remettaient ça avec le premier raid contre Paris. Le mur construit par les Romains n’avait pas été entretenu, la Ville était ouverte, je te laisse imaginer ce qui aurait pu advenir de Paris. Louis II négocia sept-mille livres d’argent pour le prix de leur départ.

– C’était pire que le Far-West ma parole ! fronçais-je les sourcils.
– Avec les haches de Vikings sur les champs de bataille, une fois l’affrontement terminé, il fallait chercher quelle tête allait avec quel corps, m’apprenait-elle les yeux pétillants. Le Far-West à coté de ça était une aubaine pour les croque-morts. Là, les cadavres restaient entiers, n’étant le plus souvent percé que d’une seule balle.

– Qu’est-ce qu’elle est bien notre époque ! me réjouissais-je en visualisant Saint-Barth vu du ciel. Je ne me rendais pas compte de la chance que nous avions ! C’est vrai quoi, le risque de tomber sur un Viking barbu furibard, les yeux exorbités par la colère, vêtu de peaux de bêtes, coiffé d’un casque ailé, d’un bouclier en bois cerclé de métal tenu par un bras, une hache sanguinolente double tranchant au bout de l’autre bras levé, qui se dirige vers toi debout dans un Mini-Moke débâché en hurlant des phrases guerrières qui font plus de bruit que le klaxon d’origine, est franchement minime.
– Tu en as marre de m’écouter c’est ça ?
– Ça fait beaucoup de boucheries d’un seul coup. Tu ne pourrais pas passer en mode noir et blanc et résumer en une ligne ?
– Ces guerres Nordiques étalées sur trois siècles ont pillé les quatre coins de l’Europe Occidentale. Ils ont navigué jusqu’en Asie et ont même atteint les côtes Américaines avant Christophe Colomb. Ils ont occupé la Normandie et la Bretagne où ils se sont fortement implantés et reproduits. Fin de l’histoire, ça te va ? Je ne peux faire plus court.
– J’ai compris. Les scandinaves ne sont ni des tendres, ni des romantiques à l’eau de rose, mais quel est le rapport avec Saint-Barth ?

– Le rapport c’est qu’une grande partie des Saint-Barths sont originaires des côtes Françaises. Nous sommes toujours dans le même ordre de pensée coloniale. D’une façon générale, tu retrouves les descendants de Vikings partout où il y a une activité commerciale d’importance. Raison de plus si l’île a été déclarée Port Franc par les Suédois eux-mêmes et surtout si la seconde vague de colons arrivés sur l’ile en 1659 sont principalement des familles venues de Bretagne et de Normandie. Quoi que les Giraud sont de l’île de Ré rattachée à la Charente Maritime. Il faudra que je creuse le sujet.

– Attend, il me reste un aspect technique qui me chagrine. Comment les Vikings ont-ils fait pour rallier Paris par la Seine avec des Drakkars ? Il n’y avait pas des endroits ou il était impossible de remonter le fleuve ?
– Il faut avoir l’esprit Viking pour comprendre. Ces navires d’une vingtaine de mètres possédaient des coques à clins. 

– Très bien, tu connais ton sujet sur le bout des doigts. Mais que veut dire clin ?
– Tu crois que j’ai retenu mes lectures sans comprendre le sens des mots ? J’avais un dictionnaire sur ma table de chevet. Ce que je ne comprenais pas le jour, j’en apprenais la signification la nuit. Si tu me poses la question, j’en déduis que tu as buté toi-même sur ce mot. Clin qui vient du latin clinare signifie incliner. Il correspond à un système de fabrication qui consiste à fixer sur l’ossature du navire, des planches que l’on appelle bordages comme on place les ardoises sur un toit. On les cintre d’un bout à l’autre du navire en commençant par la quille.
– Waouh ! Ils étaient forts en technique ces Vikings.
– La technique ne vient pas d’eux mais des Saxons, bien avant l’ère Viking.
– Je vois. Le recouvrement des bordages n’alourdissait pas les navires ? Pourquoi n’avoir pas pensé à les juxtaposer ? Ils auraient gagné vingt à trente pour cent du poids !
– Ils auraient eu des navires beaucoup moins fiables, incapables d’affronter les tempêtes dans la manche et encore moins celles en mer du Nord. C’est le sous-entendu de ce que signifie clin. La possibilité de navigation en toutes conditions.
– Je collectionne les zéros aujourd’hui, je vais pouvoir m’en faire un collier !
– Ce que tu dois retenir c’est qu’avec peu de tirant d’eau ils pouvaient facilement remonter la Seine et surprendre les populations fluviales là où on ne les attendait pas. Les hommes de cette époque sont forts et ne se déplacent qu’à pied, il n’ont que très peu de matériel et de vivres, ce qui les rends très mobiles. Durant le siège de Paris, ils ont été capables de trainer une flotte de 120 navires hors de la Seine pour la remettre à l’eau deux mille pieds plus loin, en amont du fleuve.

– C’est fou ! On se demande comment une telle chose a été possible. Raconté comme ça, je me demande si je ne vais pas revenir en arrière sur mon choix d’avoir mis une croix sur l’histoire. Je trouve les techniques guerrières passionnantes en fin de compte.
– Tu veux savoir comment ils ont pris la ville de Rouen ? me demandait ma mère alors que j’acquiesçais de la tête, la bouche toujours ouverte de stupéfaction. L’histoire nous apprend que les Vikings qui fonctionnaient en bandes se sont réunis pour former une redoutable force estimée à 30 000 hommes montés sur 700 navires.
– La vache ! Les villes n’étaient pas fortifiées ?
– Cela ne commencera qu’en 1666 avec Vauban sous Louis XIV. En attendant, les Vikings défonçaient les portes des villes à coup de bélier.

– J’ai encore tout faux. C’est nul de ne rien savoir sur ces époques !
– Contente de te l’entendre dire. Dommage que ça ne t’ai pas interpelé pendant tes études, tu aurais l’air moins sot.

– Il n’y avait pas de chevaliers en armure sachant guerroyer ?
– Il n’y en avait pas assez pour défendre le peuple. Question défense, la bourgeoisie a toujours eu la priorité.

– Pigé. Il vaut mieux avoir une liste de potes descendant des Vikings dans ses contacts !
– Où être soi-même un descendant des Vikings. Tu étais blond aux yeux verts jusqu’à l’âge de sept ans. Comme quoi tout le monde peut se métamorphoser. Pour revenir à Saint-Barth, en raison d’un sol pauvre et d’un climat très sec n’offrant aucun potentiel économique, le commerce en 1659 se limite à l’élevage de chèvres, à la culture du coton et de l’indigo. La pêche va bon train et la récolte du sel indispensable à la salaison des produits de la mer est florissante. Tout aurait pu bien se passer si en 1784, l’île n’avait été cédée au roi Gustav III de Suède par Louis XVI contre un droit d’entrepôt à Göteborg pour y commercer. C’est à cette époque, en 1785, qu’officiellement les Suédois font de l’île un Port Franc pour doper le commerce du Nord des Antilles.
 Officieusement, ils ont autre chose de bien plus important à y faire.
– Et là ! Qui t’a raconté ça ? me renfrognais-je.
– Claude, pourquoi ? Tu ne lui a pas demandé de raconter l’histoire de son île qui fût ravagée à la fois par un cyclone et un incendie qui en 1852 détruisit Carénage sa capitale ? Tu connais la suite ? Non ? Alors laisse-moi terminer les grandes lignes de la rétrocession de l’île à la France en 1877 par le roi de Suède et de Norvège. Tu veux les nom et les titres de ces personnages ?
– Allez ! On va voir si tu as bien appris ta leçon.
– Reconnu d’un mutuel accord,
les plénipotentiaires représentés par…
– Excuse-moi, plénipo quoi ?
– Plénipotentiaire, qui a les pleins pouvoirs. Qu’est-ce que tu as appris à l’école ?
– Ah d’accord ! Tu sais moi, les trucs de pouvoirs ça ne me fait même pas vibrer un cil.
– Je disais donc, avant que tu m’interrompes, que le Président de la République française M. le Duc Decazes, Duc de Glücksberg, Grand Officier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur, Ministre des Affaires Étrangères, etc, etc, et sa Majesté le Roi de Suède et de Norvège
M. le Baron Adelsward, Grand-Croix de l’Étoile Polaire de Suède et de Saint-Olaf de Norvège, Grand-Officier de la Légion d’Honneur, etc, etc, après avoir établi et reconnu nombre d’articles concernant la passation de pouvoir et de propriété de l’île de Saint-Barthélémy, ont signé le présent traité et y ont apposé le sceau de leurs armes.
– Je suis sur le clu. Vingt sur vingt ! Quelle mémoire !
– Je n’ai pas terminé. La
rétrocession sera approuvée par les habitants de l’île, une fois n’est pas coutume. En 1878, Saint-Barthélémy sera rattachée à la Guadeloupe après le paiement d’une somme par la France que la Suède fera don à l’île.

– Quelle somme ?

– Retiens que les grands de ce monde savent faire preuve de générosité quant ils n’ont que du papier à perdre en échange de silence.

– Pourquoi ne m’as-tu pas appris tout ce que tu savais plus tôt ?
– Parce que tu ne me l’a pas demandé. On n’apprend pas à celui qui ne cherche pas à comprendre, c’est une perte de temps. Quand l’élève est prêt le maître apparait.

– Toutes ces guerres par simple idéologie religieuse. Les bras m’en tombent.
– Quand une idéologie dont le centre d’intérêt principal est l’or, les hommes dont la pensée diffère sont prêts le plus souvent à se détruire mutuellement en utilisant les stratèges les plus lâches qui soient.

– Si les Vikings vouaient laisser derrière eux une image admirable, ils n’ont obtenu que l’étiquette détestable largement méritée !

– C’est ainsi. Les Normands et les Bretons complètement dominés en ont fait les frais les premiers, tout comme le reste de la France sous-équipée en matériel et en hommes. L’Europe elle-même n’a pas fait mieux coté défense. Comparativement à l’occupation des Vikings qui nous ont laissé un goût amer de pleurs et de villes brûlées, les Romains ont menés une cinquantaine de guerres d’un tout autre aspect. De moins 92 à 217 après Jésus-Christ, ils nous ont légués une avancée technologique sans égal. Rome avait sous son contrôle l’entièreté du bassin méditerranéen, même l’Égypte était sous domination romaine en 30 avant J-C. L’image que l’on peut retenir de cet envahisseur est le génie architectural de la République Romaine, elle-même largement inspirée des Grecs.
– Le progrès a souvent une façon insidieuse d’apparaître !
– Certainement, mais pour la première fois de l’histoire, nous héritions d’une architecture monumentale au service de la santé publique. Rome avait fait construire des routes, des fortifications en dur, des ponts et autre bâtiments administratifs admirables. Leur savoir-faire en matière d’ingénierie hydraulique avec leur systèmes d’égouts, de fontaines, de tunnels et de ponts surclassait l’existant. Les Romains auront été les premiers à réaliser des édifices imposants et inédits pour un usage public avec les aqueducs, les grands complexes thermaux, les basiliques et les amphithéâtres. Certains aqueducs sont toujours en service de nos jours alors qu’ils ont été conçus et réalisés dix-huit siècles plus tôt sans la machinerie dont nous disposons aujourd’hui.

– A l’époque ils n’avaient pas la notion du jetable comme maintenant !
– Bravo pour la finesse de ton analyse. On pourrait presque admirer cette époque Gallo-Romaine si elle n’était pas à l’origine de tant de tueries et d’une volonté persistante de conversion forcée au Christianisme, balayant le polythéisme et l’animisme ancrés depuis des millénaires sur notre territoire.

– Par Taranis ! Les Dieux ne sont jamais là quand on a besoin d’eux !
– Tu l’as dit bouffi, ainsi vient le temps des grandes religions qui vont conquérir le monde en douceur par un message de bonté. Par la suite, si l’on saute les guerres Napoléoniennes qui sont fort intéressantes, la cruauté des Vikings fût détrôné par les Allemands en 1939 qui avaient non seulement des origines Nordiques, mais aussi un plus gros appétit et une forme d’obéissance inégalée grâce à l’aura de leur guide. Le führer Adolphe Hitler.

– Vas-y, ne te fait pas prier ! Ça y est, j’ai compris, tu as un texte qui défile sur le verre de tes lunettes ? C’est ça ? Appuie sur play !

– Je n’ai pas ce genre de gadget sur moi, désolée de te décevoir. Mais je peux te raconter la suite si tu veux ! Donc, trois ans après la fin de la première guerre mondiale, la république de Weimar complètement ruinée est enchaînée aux Français avec la dette de guerre qui l’oblige à rembourser la France en lingots d’or.
– Comme par hasard !
– L’objectif a toujours été l’or. Le pillage des trésors Incas et Mayas était avant tout pour l’or exigé par l’I.A et supervisé par les Grands-Gris. 
Pour la seconde guerre mondiale, toujours avec les allemands, ça débute le 3 février 1921 à Munich devant 600 personnes. Les allemands retrouvent une lueur d’espoir avec le premier discours fracassant d’Adolphe Hitler. Ce personnage déterminé condamne ouvertement et fermement cette pratique, transformant leur peuple en esclaves de la France. Si l’on possède un minimum de jugeote, la question que l’on doit se poser est vers quel pays l’industrie allemande va t-elle se tourner pour obtenir des capitaux afin de renflouer ses dettes en créant d’autres dettes si ce n’est les U.S.A ? Tout n’est qu’une question de business, je t’ai déjà dit.


– Les Américains prêtaient de l’argent aux Allemands pour rembourser les Français ? Incroyable ! Mais pourquoi aider un pays qu’ils ont combattu ? Oups ! J’ai compris, tu viens de me le dire, c’est du business à l’échelle internationale.
– Ce n’est pas un hasard si l’on qualifie les Américains d’Anglo-Saxons. Tu dois tenir compte des liens de sang. Les U.S.A ont de fortes attaches commerciales avec l’Allemagne d’où ils sont issus en grande partie. Il est toujours intéressant de connaitre les origines et les migrations des populations en particulier celle des États-Unis.

– C’est passionnant l’histoire, mais ce n’est toujours pas ma tasse de thé.

– Tu as tort, parce que tout tourne autour de l’unification de l’U.E. Or Saint-Barth fait partie de l’Union Européenne. Même si ça te met mal à l’aise et que tu ne veux pas l’entendre, tu es directement concerné. 


– Je m’en moque, je ne veux pas savoir.
 Ça me fatigue la tête.
– Quelle endurance ! Sais-tu combien d’humains disparaissent par jour ?

– Tu as de ces questions toi ! Personne ne peut y répondre. La réponse est une fraction ?
– Insolent !
– Seulement insolent moi ? Je revendique d’être effronté face à la tyrannie dominante sur la pensée divergente ! Si tu me regardes bien, je suis aussi malappris face à la paresse et à la couardise de mes semblables, réorientais-je le sujet.

– C’est normal, tu ne penses qu’à toi !
– Quoi ? C’est mal d’essayer de se débrouiller seul ? Qui pense aux autres avant soi-même à part le Père Noël, l’abbé Pierre ou mère Teresa ?
– Moi ! Je fais partie des gens qui œuvrent pour l’humanité.
 Oublie mère Teresa, ou renseigne-toi avant de parler de ce personnage. C’était loin d’être une sainte. D’après les articles divulgués par Le Monde, beaucoup d’argent aurait transité dans ses mains, mais nul ne sait où il est parti.
– J’ai saisi le message. Mais le sujet sur les disparitions n’est franchement pas agréable.
– Tu n’es pas à l’aise pour parler de tes semblables ?
– Ne me fait pas dire ce que je ne t’ai pas dit, c’est ta spécialité.
– Pour te répondre, il faut que je te donne un ordre de grandeur, le camp d’extermination d’Auschwitz en Pologne. Imagine qu’il ait été le seul camp, ce sera plus simple pour compter de tête. Il y a eu six millions de Juifs assassinées en six ans de guerre. Un million par an. Plus de deux mille sept cent personnes par jour. Un train quotidien d’humains effrayés, entassés dans vingt-sept wagons plombés.

– Pfffiou ! Ça me donne déjà le tournis.
– Pour les humains qui disparaissent aujourd’hui, c’est à peu près le même volume. Tu imagines l’organisation qu’il faut pour gérer le transfert de deux mille sept cent personnes par jour, trois cent soixante cinq jour par an sans que personne ne puisse rien voir ?
– Je n’y arrive pas ! Ce n’est pas avec l’aviation civile, ni même ferroviaire. Je n’ose imaginer que ça se fasse par container qui se chiffreraient en centaines par mois. Il doit y avoir un autre moyen de transport. Pour l’instant ça m’échappe.
– A toi de trouver, avec les indices que je t’ai donné.

– Je te l’ai déjà dit, je n’aime pas ce jeu. Quand j’y pense, la vie extra-terrestre parallèle à notre monde est tellement présente dans le cinéma contemporain que ça me donne des frissons dans le dos. Elle exhale la désolation ton histoire, elle évoque la fin d’une époque insouciante. Elle nous place dans un réel cru, sans que l’on ait rien demandé. Elle sent le soleil cuisant ton intrigue, elle respire le sable du désert aride où rien ne pousse, un lieu où l’air est suffoquant, un endroit où l’on croit ouïr les cloches d’une église sonner au loin sans pourvoir dire d’où les sons viennent. Elle suinte la transpiration qui coule le long de mes tempes à l’ombre de mon chapeau qui me colle au crâne. Elle ressemble à un jour d’enterrement où l’on s’interdit de sourire, habillé de noir, perdu au milieu de rien, observé par les crotales et les scorpions. Elle empeste la fin de l’humanité ta fiction, elle annonce la fin des temps, l’ambiance n’y est pas. Il doit y avoir une alternative à ce futur-là.
– Il n’y en a pas.

– Au contraire, je crois qu’il y en a une !

– Tu n’arriveras pas à trouver la solution parce que tu y crois, mais parce que tu le veux. C’est une question de comportement psychologique. As-tu saisi la nuance ?

– J’ai saisi. Sourire à la vie sans raison. Aimer le vivant sans retenue. S’émerveiller d’un rien. Faire corps avec la nature. Apprécier son prochain en ne cherchant pas à ce que tout soit parfait. Dire oui à chaque fois que j’aurais du dire non. Faire la blague en restant toujours respectueux envers autrui. Vivre chaque instant en transformant les malheurs du quotidien en bonheur durable. C’est une bonne philosophie, finissais-je après avoir décrit Claude. Ça tient un peu du surnaturel, mais je suis persuadé qu’avec suffisamment de concentration j’y arriverai. Il me faudra juste un peu de temps pour y parvenir.
– Tu n’as pas ce temps-là à perdre ! Tu dois avoir suffisamment de volonté pour te contraindre à changer de comportement sur l’instant. On arrête pas de boire en conservant de l’alcool à portée de main. On arrête pas de fumer en diminuant la dose journalière. On arrête parce qu’on le décide, comme on décide de surmonter une épreuve au lieu de lui tourner le dos en faisant semblant qu’il n’y a rien à vaincre. Il faut être draconien avec soi-même quand il est question de survie.

– Quel programme de réjouissances ! C’est issu du communiste ?
– Sous l’égide du bien, l’inquisition a été d’une sévérité extrême avec l’humanité, mais n’est-ce pas la définition du mot draconien ?
– Pu**** ! C’est quoi leur problème ? perdais-je mon sang froid en une fraction de seconde, déjà bien chaud avec tout ce que j’avais entendu. Puisqu’ils sont si forts en génétique pourquoi nous emmerdent-ils en permanence en nous suçant le sang ? Ne peuvent-ils pas à résoudre leur problème avec le solaire ? De l’eau de mer ? Du végétal ?

– Magnétiquement parlant, les végétaux aspirent à l’harmonie, à l’équilibre. Construire une enveloppe charnelle avec comme base magnétique la délicatesse d’un pétale de rose n’est pas vraiment adapté aux conditions de survie face à un ennemi. Nous sommes ce à quoi on ressemble. Les reptiles comme le Varan de Komodo possèdent une résistance particulière aux agressions extérieures et aux bactéries, d’autres comme le T-Rex étaient des prédateurs sans égal. D’autres encore avaient une espérance de vie qui dépassait le siècle.

– Alors c’est pour cette raison que l’on travaille activement sur le génome humain ? Pour créer un être parfait ! Est-ce qu’on ne l’est pas déjà ? N’avons-nous pas un cerveau reptilien qui gère automatiquement les fonctions vitales de notre organisme ? Que pourrait-on avoir de plus que ce que l’on a déjà ?
– Tu aimes la musique de Bob Marley ?
– Oui, ses classiques, comme tout le monde. Qui n’aime pas la zique de Bob ?
– Connais-tu les paroles du titre Get-Up, Stand-Up sorti en 1973 ?
– Le refrain ? Tout le monde le connait ! « Lève-toi debout, lève-toi pour tes droits, lève-toi debout, n’abandonne pas le combat !
 ».
– De quel combat parle t-il ?
– Du racisme.
– Et encore ? Tu ne le sais pas ? Le texte est principalement axé sur l’oppression exercée par l’église catholique à travers les prêtres qui tentent de convertir certains pays africains au christianisme ainsi que les diverses ethnies issues d’Afrique comme la Jamaïque. Mais le texte va encore plus loin. Que veut-il dire quant il affirme « qu’une partie de l’histoire de l’homme n’a jamais été racontée ? ».

– Encore ? Je ne trouve pas le mot pour dire ce que je ressens.
– Enrichi ton vocabulaire ! Tu aurais pu dire que tu étais subjugué, captivé, ébahi, sidéré, éberlué, époustouflé, médusé, interloqué, épaté, estomaqué, abasourdi, perclus, stupéfait, bouche bée, ébaubi, pantois…

– C’est bon, c’est BON ! STOP ! Ébaubi ! Ça te va ?
– Tu sais ce que ça veut dire ?

– C’est un synonyme de la liste de mots que tu viens de citer ?
– Ahuri !

– Merci m’an, ça fait toujours plaisir.
– Pour les E.T, nous ne sommes que la quatrième civilisation du cycle. Nous avons une date butoir qui est 2030. C’est l’occasion où jamais de briser nos chaines.
– Houlà ! C’est loin. On a le temps de voir venir !
– Le sauveur ne reviendra pas en l’an 2000 comme l’annonce la prophétie de Nostradamus qui a certainement été mal interprétée, mais en 2030 soit deux millénaires après J-C. Soit nous continuons à être des esclaves, soit nous nous libérons comme l’a fait la Chine antique il y a plusieurs millénaires en créant les arts martiaux.
– Comme Bruce Lee avec le Jeet Kun Do ?
– Savoir se battre à main nue contre l’agresseur en se servant de ses poings comme des armes aura été libérateur. Les Dracos n’aiment ni la résistance, ni le surnombre, surtout quand la proie sait se défendre et qu’elle a naturellement l’esprit d’équipe dès qu’elle se sent menacée. Les Dracos ont migré sur le continent européen puis sur une ile où ils ont trouvé refuge. Je te donne un indice, ils ont conquis le monde par l’argent.


– L’Angleterre !
– Bien ! La City très exactement, au cœur de Londres. Les effigies de dragons disséminées un peu partout marquant l’entrée de leur territoire attestent leur présence dominatrice.
– Il y a des statues de dragons à Londres ? C’est dingue ! J’en ai vu une paire devant une porte démesurée dans une villa de Pointe-Milou !
– Il y a des civilisations d’humains partout dans notre galaxie, sur des centaines de planètes ! C’est l’astronome américain Frank Drake en 1961 qui, grâce à son équation déclare « Il existe dans notre galaxie, un nombre quantifiable élevé de civilisations intelligentes ». Nous faisons parti d’un programme. Nous sommes les jouets d’une autre civilisation, elle-même sous contrôle d’une autre, et la quasi majorité des civilisations E.T. sont sous l’emprise de l’I.A.

– Lutin ! J’ai du retard à rattraper pour me mettre à jour. En gros, nous sommes du bétail.
– Qu’est-ce que tu crois ? La Terre est un supermarché. Même les Nordiques commercent avec des humains qu’ils enlèvent et échangent sur un méga-marché  au cœur de notre galaxie contre de la technologie et du matériel biologique. Nous ne sommes que des marchandises, ne l’oublie pas. Nous avons été créés pour ça.
– Alors au dix-huitième siècle, nous avons fait subir aux nôtres ce que nous subissions déjà à une plus grande échelle ?
– C’est l’effet miroir hérité de nos créateurs. Nous sommes aussi à leur image au niveau comportemental. Ce qu’il nous font, nous sommes capables de nous l’infliger à nous-mêmes pour faire nos propres expériences. Concernant nos ennemis, le jour où nous aurons le pouvoir de les contrer, que crois-tu que nous ferons si nous gagnons ?

– La même chose qu’eux ?

– Tu oublies de prendre en compte le châtiment que l’humain réserve à ceux qui ont été capables de les réduire en esclavage. Les humains ont de la mémoire. Notre histoire ces deux derniers millénaires en dit long à ce sujet. Tu peux être certain qu’à ce niveau-là, nous n’aurons pas de pitié. C’est ce qui nous différencie d’eux, nous sommes bien plus agressifs. Nous ne pourrons faire confiance à une race plus intelligente que nous. Tu peux être sûr que nous l’éliminerons sous peine de redevenir ce pourquoi nous avons été créés.

– N’avons-nous aucun allié sur qui compter ?
– Il existe un groupe de Nordiques qui sont toujours en guerre contre les Reptiliens, certains d’entre-eux sont à Saint-Barth. Cette guerre dure depuis des milliers d’années.

– Alors depuis le début de notre existence, tout n’est qu’un mensonge à grande échelle ?
– Aujourd’hui les humains initiés savent. Ceux qui ne veulent pas voir le sentent malgré eux. Demain, quant le déclic se fera, ils seront plus motivés que jamais. La revanche de l’humanité sur ses créateurs est proche.

– Je n’arrive pas à croire que nous ayons été créés uniquement pour générer des ressources, supervisé par le système bancaire mondial. J’en ai conscience, mais je dois lutter contre mon esprit qui refuse de l’admettre. Comment contrer ce que j’ai ingurgité ces deux dernières décennies qui me fait invariablement raisonner contre ma volonté ?

– Dis-toi que toute ta banque de données est fausse. Tu dois fonder ton raisonnement non pas sur ce que tu sais, mais sur ce que tu es prêt à accepter en corrélation avec les doutes que tu as eu jusqu’à aujourd’hui. C’est une  base de raisonnement efficace pour avancer dans cette nouvelle direction.

– La création en sept jours. Elle était bonne celle-là ! C’était vrai alors ?
– La réalité est que les espèces animales n’ont jamais évolué. Si elles étaient capables de muter d’elles-mêmes lors d’un changement climatique ou environnemental impliquant leur survie, à la fin du vingtième siècle, il ne disparaitrait pas entre 10 000 et 20 000 espèces animales chaque année. Secoue-toi un peu les neurones ! 

– Lutin, c’est vrai ce que tu dis, je l’ai lu ! posais-je ma main gauche sur ma joue, n’ayant rien trouvé d’autre à dire face à cette hécatombe écologique.
– Tu fais partie des initiés maintenant, je t’ai dit ce que tu avais besoin d’entendre, tu n’auras plus jamais le même regard sur les évènements médiatiques, les conflits, les enjeux économiques, les prises de pouvoir. Tu sais quelle direction prendre maintenant.

– Tu crois ça ? Une bonne nuit de sommeil et demain j’aurais tout oublié. Ne fonctionne t-on pas comme ça ? Je suis bien dans un rêve, n’est-ce pas ?
– Tu es dans une dimension où ton esprit vit cet instant. Que ce soit par le rêve ou dans la réalité de ton quotidien, ce moment marquera ta mémoire à jamais. On oublie pas ce genre de choses, le cerveau humain est ainsi fait.

– Pourtant, il y a un truc qui me chiffonne. Pourquoi nous les humains ? N’y a t-il pas d’autres civilisations bien plus avancées que nous qui auraient pu convenir pour l’appétit de domination féroce de l’I.A ?
– Ces civilisation dont certaines sont très avancées ont un problème majeur. A force de manipulations génétiques les menant à leur évolution actuelle, ils ne peuvent plus utiliser leurs mains comme nous les utilisons. C’est pour cette raison qu’ils ont besoin de l’homme. A cause de la dextérité de leurs mains et d’une connexion restreinte de leur cerveau qui a été déconnecté à 95% pour qu’ils soient corvéable à souhait. Tu vois un extra-terrestre tresser un rouleau de paille ? Non, bien sûr que non, même s’ils n’en ont pas le réel besoin, ils en sont totalement incapables. C’est là qu’est notre force. C’est pour cette raison que la Terre est l’un des principaux pôle de fabrication de vaisseaux spatiaux. Parce que la main de l’homme est irremplaçable.



Pour la première fois de ma vie je prenais réellement conscience de ce que nous étions. Cette fois-ci, c’était clair. Limpide. Les mots du multi-milliardaire Jacob Schnidzer me revenaient en tête. « Que signifie le mot liberté pour vous Monsieur COVINI ? Êtes-vous libre ? ». Quelque soit notre rang, notre statut social, notre pouvoir financier, nous étions avant toute chose au service de nos maîtres qui étaient infiltrés dans nos administrations. Maîtres qui avaient le pouvoir de vie ou de mort sur chacun d’entre-nous. Que nous soyons milliardaires ou présidents, toute forme de résistance serait soumise à une exécution publique par nos propres services. Comme cela avait été le cas pour John Fitzgerald Kennedy servant d’exemple pour les prétentieux qui se croyaient hors d’atteinte.

– Tu veux bien me rappeler a quoi nous sert de coloniser la lune ? Il n’y a même pas un bistrot, pas une route, pas un arbre !
– La lune est une base extraordinaire pour faire nombre d’expériences dans le plus grand secret. Même si c’était éventé, personne n’est prêt à croire que ce soit possible. Les gens n’ont pas assez d’imagination pour se rendre compte de ce qu’il se passe réellement. Ils sont tellement occupés dans leur quotidien, submergés de tâches, qu’il passent très vite à autre chose. Une idée en chassant une autre, ils oublient vite.

– C’est pour ça qu’on ne nous dit rien ? Nos gouvernements ont peur !
– Peur de perdre leur pouvoir. Peur du chaos. L’histoire est un mensonge… 

– Que nul ne conteste ! finissais-je sa phrase.
– C’est moi qui te l’ai apprise quand tu étais petit. Tu en sais plein d’autres. Les historiens sont là pour donner le change. Ils ne peuvent pas réécrire l’histoire de la Terre comme elle l’a été. Pas plus que la préhistoire et encore moins l’histoire ancienne des premières civilisations antédiluviennes. D’abord parce qu’ils ont l’ordre de l’exact contraire en nous faisant croire à l’évolution Darwinienne qui est complètement fausse, mais qu’ensuite après révélation, pris de stupeur, les populations ne croiraient plus en Dieu. Ils ne croiraient plus aux églises où ils sont allés se confesser en révélant à l’ennemi leurs points faibles, ils ne ne croiraient plus aux directives du Vatican qui est le plus grand possesseur d’immobilier terrestre alors que les populations du tiers monde meurent de faim. Après cette prise de conscience, il s’en suivrait une phase de rancœur, un mal-être si fort que plus personne ne paierait ses impôts. Tu sais ce qu’il se passe quand le peuple n’obéit plus à l’autorité ? Il commence par piller les grandes surfaces, puis les bourgeois craintifs qui se sont enfuis de leurs palaces. De rage devant tant de lâcheté, le peuple saccagerait les effigies et par vengeance les monuments. L’homme furieux a rasé par le passé tout ce qui a représenté sur lui une quelconque autorité. Ceci est déjà arrivé. Ça arrivera encore. Mais je te laisse deviner ce que craignent le plus nos créateurs.
– L’unification de l’humanité. L’évènement majeur qui met tout le monde d’accord quelque soit ses différences, sa couleur de peau ou sa religion.


– Quand l’humain comprendra qu’il est le jouet de plusieurs races extra-terrestres, il ne formera plus qu’un et se libèrera de son joug.

– Je la connais cette phrase, elle me revient à l’esprit, c’est complètement dingue !
– Le pire de tout pour nos créateurs est que l’humain comprenne qui il est vraiment et qu’il s’unisse contre le système qui les a asservis ces derniers millénaires.
– Alors c’est ça les fameuses extinctions ? C’est quand les Aliens perdent le contrôle sur les hommes, ils réinitialisent leur création en remodelant la planète ?
– L’histoire ne fait que se répéter.
 Ce n’est pas notre planète mais la leur. Nous ne sommes que leurs jouets, ils ont tous les droits. A chaque fois que le monde qu’ils ont créé se retourne contre eux, ils en tirent les leçons et font évoluer leur race face à l’homme créé par les Nordiques il y a des millions d’années.

– Les Nordiques, la fameuse race Arienne, ces blonds aux yeux bleus qui ont créé l’homme à leur image pour avoir des serviteurs sous la main dans toute la galaxie en guerre permanente. Ces mêmes Nordiques qui se sont fait parasiter le cerveau par d’horribles reptiliens qui ont maintenant le contrôle des humains, mais heureusement pour nous, il reste un petit village gaulois qui résiste à César grâce à sa potion magique ! C’est bien ça ? Ce que je ne comprends pas, c’est d’où sortent ces reptiliens ?
– C’est l’évolution d’une branche d’Archontes. Des Grands-Gris qui avaient pour but de prendre le contrôle des galaxies environnantes. Depuis des millénaires ils ressemblaient à des humanoïdes filiformes asexués à la peau couleur gris métal avec des mains et des pieds de trois doigts. Leur boite crânienne similaire à la nôtre était dotée d’un faciès triangulaire de menthe-religieuse et de yeux protubérants pouvant détecter plusieurs dimensions. Ils étaient capables de traverser les murs, de voir à l’intérieur de nos organismes ou de lire nos pensées.
– L’ultra-vision par ondes sensorielles ? lançais-je n’importe quoi ne sachant que dire. Je suis bien content pour eux. Franchement ! ironisais-je. Sales bêtes ! En les observant manger leur partenaire, j’ai toujours pensé que les menthe-religieuses percevaient exactement le dégoût que l’on éprouvait rien qu’en nous regardant. Ce que j’aimerai comprendre, c’est que s’ils étaient aussi évolués, pourquoi ne se suffisaient-ils pas à eux-mêmes en restant tranquillement dans leur galaxie à siroter un jus de spiruline fluo en essayant de deviner les numéros du loto ?
– Malheureusement pour eux, quant il a été question de plusieurs milliards d’individus nous concernant, leur pouvoir télépathique n’a pas été suffisant puissant pour canaliser massivement notre force de pensée grandissante. Le rapport de force s’est inversé et le mode de pensée humain est redevenu dominant.
– D’où les aides de l’État incitant à la procréation. L’agent braguette, bien vu !
– Tu vois juste, mais tu vas me faire perdre mon fil. Tu veux savoir pourquoi cette faction de Grand-Gris en est arrivée à prendre une apparence Reptilienne ? me demandait ma mère l’air interrogative.
– Vas-y, je t’écoute je suis toute ouïe.
– Durant l’ère du Mésozoïque qui a duré cent quatre-vingt-six mille ans, la période du crétacé acheva l’œuvre des Grands-Gris. Après avoir joué à Dieu des millénaires avec de l’A.D.N en créant d’invraisemblables dinosaures dans un équilibre précaire où seuls les carnassiers les plus agressifs survivaient, ils ont fini par trouver la combinaison qui leur convenait le mieux pour parvenir à leurs fins. 

– Ils en ont mis du temps !
– Ils ont une toute autre notion du temps que nous. Comme ils sont capables de se régénérer à l’infini à partir d’une seule cellule, le temps n’est plus leur priorité. De plus, il faut que les espèces animales créées fassent leur preuves au fil des millénaires. Il ne s’agit pas d’évolution à proprement parler, mais d’acclimatation dans une atmosphère ou il fait cinq degré centigrade de plus qu’à notre époque et où l’air est largement plus riche en dioxyde de carbone dû à l’activité volcanique intense. S’ils peuvent créer facilement une enveloppe, ils ne maitrisent pas complètement le caractère des êtres qu’ils créent. Tout simplement parce que leurs cerveaux évoluent rapidement. Comme nous, ils apprennent, retiennent et mettent en application. A partir de là, les E.T ne sont plus que des observateurs qui viennent de temps à autre observer qui des herbivores, des carnivores ou des omnivores s’adaptent le mieux à un environnement donné.

– C’est diabolique ! L’échelle n’est pas la même, mais nous faisons secrètement des expériences similaires en laboratoire si je ne m’abuse ?
– A partir du moment où tu crées quelque chose doué de raison, tu te poses la question de savoir comment va réagir une espèce donnée face aux menaces environnantes qui jouxtent son territoire ? Quelles alliances logicielles les espèces peuvent-elles élaborer pour se protéger mutuellement des prédateurs et autres variables du même type ? Si une espèce est moins nombreuse, moins grande ou moins puissante, quelle stratégie de groupe sera t-elle capable d’élaborer pour devenir offensive ? Comme je te l’ai dit, ce que nous croyons être notre planète n’est qu’un laboratoire d’expériences pour extra-terrestres. Ça leur sert à maitriser leur propre évolution et à créer des êtres serviles pour mener à bien leurs projets de domination interstellaire. 

Les Grands-Gris qui avaient tout basé sur le mode de pensée secondé par une technologie très avancée avaient un point faible : une morphologie inapte au combat au corps à corps. Pour remplacer leur enveloppe corporelle inaboutie, ils ont mené cette expérience grandeur nature sur Terre. Leur expérimentation étant arrivée à terme, ils se sont désintéressés de leur jouet qui ne leur apprenait plus rien et l’ont détruit pour passer à une autre ère.
– D’accord, j’ai pigé, mais n’y avait-il pas d’autre moyen que de se transformer en redoutable lézard sur deux pattes descendant du T-Rex en ayant pour proie favorite la race humaine ?
– Ils ont tout essayé tu penses bien ! Ils ont même créé une variante de leur race en version inoffensive avec de la chlorophylle dans les veines. Des êtres quasi parfaits qui se nourrissaient des rayons solaires comme le font les plantes ou dans une moindre mesure certains dinosaures, comme les lézards et les iguanes qui s’exposent à la chaleur solaire pour rééquilibrer leur température corporelle.

– Formidable, je signe où ? Pourquoi n’ont-ils pas continué sur cette voie ?
– Parce que les plantes, bien qu’elles aient un pouvoir fortement envahissant et une ardeur certaine quand il s’agit de coloniser un territoire propice à leur développement, n’en sont pas moins des végétaux avec des fréquences vibratoires qui leur sont propres. En partant de ce principe, sachant que l’on hérite du caractère vibratoire de l’enveloppe que l’on va habiter, il est préférable de choisir une combinaison d’espèces qui feront évoluer la race en question dans le sens désiré. En l’occurrence, cette nouvelle enveloppe par sa grandeur et sa force devra terrasser l’humain en particulier, et toute autre force galactique vivante qui serait tenté de s’opposer à lui en général.

– C’est incroyable !
– Tu vois j’ai l’air de ne rien faire, mais la réalité est toute autre. Je réfléchis. J’analyse, je prépare votre futur.
– Si j’avais compris que tu travaillais pour l’humanité, j’aurais pris plus tôt conscience de la nécessité pressante de devenir adulte.
– Il est temps que tu sortes de l’immaturité comme tu dis. Ce qui fait de nous des humains, c’est que nous n’abandonnons jamais. Je vais te dire une évidence que les hommes ne peuvent voir tant qu’ils ont un bandeaux sur les yeux. Les cathédrales ont été construites par des hommes pauvres pour des hommes riches. Les hommes riches le sont parce que les Aliens ont besoin de souverains terriens obéissants pour diriger les peuples. Tout fonctionne jusqu’au jour où le peuple s’aperçoit qu’il n’est plus en démocratie. Comme nous ne sommes pas dénués d’intelligence, nous cherchons la cause de la cause pour en arriver à ceux qui étaient censés au départ nous vouloir du bien par leur message d’amour. Le jour où la cathédrale de Paris brûlera, ce sera le signe que le mouvement de révolte contre les Aliens est en marche.

– Bon, très bien, notre planète est truffée d’Aliens de tout poils pour lesquels les peuples de la Terre travaillent sans le savoir, et alors ? Si les Aliens restent tranquille planqués sous terre, la population n’étant pas informée, tout va bien !
– Tu ne te poses pas la bonne question.

– D’accord, si on partageait la planète ? En quoi nous gêneraient-ils ?
– Tu occultes la disparition d’enfants. Le problème se chiffre en millions par an, entre cinq et six juste pour cette année. Le marché représente plus de trois milliards de dollars, c’est plus que le marché de la drogue toutes substances confondues.
– Six millions d’enfants disparus ? Mais c’est colossal ! Il faut une organisation internationale quasi militaire pour faire disparaitre autant d’êtres humains !

– Bon raisonnement. Voilà ce à quoi nous sommes réellement confrontés. Les Dracos ont trouvé le moyen de se recharger sans l’aide d’aucune machine. Ils se nourrissent d’adrénochrome pour se régénérer.

– Ça fait des heures que tu me donnes l’information au compte gouttes pour revenir toujours au même point ! Vas-y une bonne fois qu’on en finisse !
– Comme nous proliférons rapidement et que nous sommes l’être le plus obéissant grâce à nos croyances inculquées, nous sommes devenus leur élevage privilégié depuis des millénaires. Violés, torturés et tués selon les rites ancestraux sur les autels de sites sacrés, les Dracos nous utilisent comme nous le faisons avec les animaux d’élevage en batterie.

– Les autels des sacrifices, je les avais complètement oubliés ceux-là… Du sang pour les Dieux ! Mangez c’est mon corps, buvez c’est mon sang. S’il y a bien une chose à laquelle je n’ai jamais pu me conformer, c’est bien cette phrase-là.
– Nous sommes deux. Ce sont des rites sacrificiels occultes, soutenus par une philosophie ésotérique pratiquée fréquemment dans des lieux spécifiques que les archéologues mettent à jour un peu partout sur la planète concernant les pratiques des civilisations antiques. Il y a aussi les écrits de l’ancien testament qui révèlent que les rognons et le lobe du foie étaient offerts à Dieu lors de ces sacrifices.

– Cruauté n’est pas un mot assez fort pour exprimer ce que je ressens. C’était là, sous mes yeux et je n’ai pas fait le rapprochement avec ce qu’il se passait depuis la nuit des temps. Je comprends mieux maintenant. Ce qui me chagrine, c’est comment les Dracos arrivent-ils à nous désorganiser alors que nombre d’entre-nous savent ce qu’il se passe ?
– Je te laisse deviner, c’est vieux comme le monde.

– L’argent ? Le sexe… la drogue et le pouvoir ! Cette bonne vieille recette fonctionne toujours ? N’avons-nous pas encore acquis suffisamment de sagesse pour ne pas céder à la tentation ? Il faut croire que non, me répondais-je à moi-même. Comme nous sommes faibles ! Comment vit-on une fois que l’on a emmagasiné ces informations ? On se place dans une confortable position de déni et on vit une vie normale en picolant et en fumant de l’herbe en tant que pauvres pêcheurs, priant Dieu pour sa miséricorde divine ?
– Tu apprends vite. Tu as toujours su garder la tête sur les épaules en évitant les principaux pièges.

– J’ai surtout appris à mes dépens, j’aurais préféré savoir ça avant !
– Tu n’étais pas prêt. Tu te serais replié sur toi-même et je t’aurais perdu en tant qu’allié.

– Pourquoi devrais-je m’impliquer ? Disons que je n’ai rien entendu, que je reste celui que j’étais hier tout simplement. Pikman l’ignorant, accessoirement photographe insouciant, rase pâquerettes de la réflexion et profane universel à plein temps !
– Tu ne peux plus. Tu seras malgré toi résistant à l’oppresseur. Je t’ai formé pour ça. Je n’ai pas besoin que tu me dises ce que tu ressens au fond de toi, je sens monter ton indignation, je le vois dans tes yeux.

– Punaise, je ne me sens pas bien, j’ai envie de vomir.
– Respire plusieurs fois, tu es en manque d’oxygène. Tu as trop cogité, ça va te passer dans quelques secondes. Quand le jour J viendra, tu sauras que c’est le moment de te rallier à la race humaine pour la plus grande des causes : notre liberté.

– Tu en as de bonnes ! Qui ne se battrait pas pour rester libre ?
– Personne n’en parle officiellement, mais nous sommes en surnombre. Le souci, ce n’est pas vraiment pour la planète qui pourrait supporter dix milliards d’humains si nous apprenions à protéger nos ressources en gérant correctement notre environnement et notre eau potable, c’est plutôt pour les Dracos que ça pose un problème. Notre supériorité numéraire est une menace constante. Si nous venions à nous emparer de leur vaisseaux, nous deviendrions vite un problème comme l’ont été les Atlantes en leur temps.

– Encore une extinction en prévision, l’apocalypse de la bible ?
– La galaxie entière est en guerre, une planète de plus ou de moins n’a pas d’importance. Tu n’as pas vu la trilogie La Guerre des Étoiles ?

– Tu cites un de mes films préférés. Il n’y a pas vingt quatre heures, j’étais l’insouciant qui aimait s’assoir à l’ombre des palmes comme Joyeux de Cocotier, j’aurais même pu écrire des chansons si j’avais eu la volonté de me mettre à la musique. J’étais l’imprévoyant qui n’arrive pas à se décider sur un métier d’avenir, le détaché qui préférais s’éloigner des emmerdes, le sans-soucis véritable quand on y pense. J’étais l’indifférent à l’énigme de l’humanité, celui qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, j’étais presque candide quand j’y pense, vivant mon train-train quotidien dans ma bulle de divertissements.
– Tu ne l’es plus. Sois heureux de ne pas avoir reçu un coco sur la tête.

– Je croyais que le cinéma c’était du flan ! Mais non, j’étais carrément à coté de la plaque. Des centaines de films l’exposent au grand jour. Je n’ai rien vu venir !
– La réalité dépasse en bien des points la fiction mon fils. Nous ne connaissons qu’une infime partie de notre existence sur cette planète. Le sort des humains est programmé depuis longtemps, rassure-toi, nous ne disparaîtront pas, il y a d’autres humains comme nous sur d’autres planètes.
– Ils vivent libres ?
– Personne ne l’est. Nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, des creuseurs de planètes. Des fabricants d’engins Hi-Tech au service de l’Intelligence Artificielle.
– Arrive t-on à rester soi-même hors de sa bulle une fois que l’on a acquis l’état de conscience ? Comment fait-on pour s’accrocher à la vie sachant que nous ne pouvons nous battre armes égales, alors que nous sommes manipulés depuis des millénaires ?
– Bienvenue dans le monde tangible ! Ce sont les nouvelles règles du jeu. Tu les connais à présent. A toi d’en tirer le meilleur parti en vivant au mieux ta vie, en minimisant les contraintes sociétales que l’on t’impose tout en gardant l’espoir d’un jour nouveau.
– D’où ta venue à Saint-Barth.
– Entre autre. Le dilemme était le suivant : valait-il mieux vivre loin d’eux entouré de millions de personnes qui ne se connaissent pas et où les disparus passent inaperçus, ou vivre au plus proche d’eux dans un lieu restreint où tout le monde se connait ? Les Dracos ont un rapport très étroit avec les iguanes à casque blanc de Saint-Barth, c’est une espèce endémique qui par définition n’existe nulle part ailleurs. Plusieurs brins de leur ADN ont été utilisés pour concevoir leur génome. Les Grands Blonds continuent secrètement leurs recherche concernant l’ADN des iguanes de l’île pour trouver la faille des Dracos.

Iguane Casque Blanc, Corossol, SBH 1986, éclairage : Claude !

– C’est pour ça qu’ils nous laissent tranquilles ! Du coup, si l’on ne risque pas grand-chose à Saint-Barth, pourquoi ne pas retourner vivre tranquillement dans sa bulle ?
– Tu n’as pas encore admis ton changement de paradigme. En sortant de ta bulle, tu l’as crevée. Tu ne peux plus y retourner. Simplement parce qu’elle n’existe plus en tant que bulle protectrice. Les seules questions qui devraient te préoccuper sont que vas-tu faire pour l’humanité ? Quel sera ton degré d’implication pour participer à sa libération ?
– C’est une idée fixe chez toi ma parole ! Dis-donc, la sortie de l’adolescence est plutôt rude ! J’ai fait plein de choses pour mon prochain, à commencer par tout ce que j’ai réparé pour toi si tu as bonne mémoire. J’ai même rendu des services à des personnes en attente d’aide en changeant les roues crevées de conductrices que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam. J’ai aidé des photographes débutants en participant à la renommée du HIFI Center. J’ai dessiné le logo du Saint-Barth Volley-Ball Club, et j’ai même pris des clichés pour la ligue et donné des diapositives sans demander un sou. J’ai aussi fait partie de l’équipe de l’AJOE avec qui j’ai battu bénévolement ton équipe en commençant sur le terrain de volley de Lorient et en finissant à Colombier, parce que le match s’éternisait et que nous avions besoin d’éclairage pour finir le troisième set. Tu aurais dû voir ça, tu as manqué quelque chose ! Quoi ? Ça ne compte pas ? souriais-je, satisfait de ma personne.
– Tu as anéanti mes plans ce jour-là.

– Ah bon ? Moi tu m’as vexé en me refusant dans ton équipe sous le prétexte que je te ferai perdre par manque d’entrainement. Je t’ai prouvé que tu te trompais sur mon compte.
 Un partout, balle au centre.
– Tu jouais en solitaire comme tu l’as toujours fait. Sans réfléchir aux conséquences de tes actes. En fait, tu aides qui ? Tu finances quoi ? Tu t’impliques où ? Pour quelle cause ? Quand t’es-tu posé ces questions ?

– C’est vrai, j’ai peu fait de ma propre initiative. Mais j’avais une excuse, je croyais que j’étais seul au monde, grinçais-je des dents de mon anesthésie intellectuelle. Maintenant j’ai compris qu’il y a une infinité de mondes. D’autres races d’humanoïdes, d’autres civilisations, qui nous ressemblent de loin ou de près. C’est tellement vaste que j’ai du mal à visualiser tant ce gigantisme m’est encore inaccessible.
– Dis-toi que chacune des cellules de ton corps est une galaxie, que ton physique est l’univers et que tu grandis à chaque seconde. Tu visualises, c’est bon ?
– Une fois que les humains auront pris le pouvoir galactique, ils deviendront les bourreaux des espèces non-humaines, c’est bien ça ? essayais-je de deviner. C’est eux ou nous. C’est une histoire circulaire machiavélique, une guerre sans fin.
– C’est ainsi dans chacune des galaxies de l’univers ou la vie s’est développé il y a quatorze milliards d’années. Notre planète n’en a que quatre. A la vitesse où l’on progresse, il ne nous faudra moins d’un siècle pour rattraper notre retard technologique. Tu pourrais croire que l’éloignement en années lumière protège les galaxies les unes des autres. Mais contrairement à ce que pensait Einstein, c’est oublier les trous noirs qui permettent de voyager par les tunnels polarisés d’une galaxie à l’autre en un instant.
– Je rêve, c’est bien ça ? Si j’arrive à les vaincre en rêvant, je gagne la partie dans le réel ?
– Dans ton état d’éveil actuel, tu ne feras que prévisualiser un évènement qui te préparera à l’affronter dans le monde palpable, si toutefois il se présente. Il est préférable que tu sois combatif en toutes circonstances.

– Je suis entrain de t’interroger sur les mécanismes du rêve alors que nous sommes dans le monde des songes et que dans la réalité tu ne pourrais pas me répondre, c’est bien ça ?
– Je suis bien plus efficace dans le monde de Morphée. J’arrive quelquefois à infléchir complètement la courbe du réel en influant sur l’avenir des personnes sur lesquelles je me concentre. Dans le monde réel, je ne suis qu’une femme d’un mètre soixante quatorze. Tu ne t’es jamais demandé pourquoi les portes des institutions font plus de quatre mètres de haut ? Tu te vois dans le réel affronter un reptilien de seize pieds de hauteur ?

– David contre Goliath ! Le géant mythique que l’on retrouve dans la bible. Si je te pose une question sur ce sujet dans la vraie vie, tu me répondras ou pas ?
– Même pas un sourire en coin. J’ai développé ces facultés extrasensorielles dans un monde parallèle qui n’est fait que d’ondes. Ce que tu entends n’est qu’une vibration. Ce que tu visualises n’est qu’une fréquence, ce que tu mémorises n’est que de l’énergie magnétisée. Je n’impose rien à quiconque, je réveille juste les consciences qui méritent de l’être par stimulation cérébrale.
– Tu peux m’en dire plus sur les géants ?
– Presque tous les explorateurs européens qui sont allés en Amérique comme Colomb, De Soto, Magellan, Coronado, Vespucci, racontent avoir eu des interactions avec des géants. Leurs écrits sont soutenus par des témoignages visuels. On retrouve les mêmes récits des explorateurs Espagnols. Dans la Genèse, les Nephilims sont la race de géants considérée comme étant les fils de Dieu. Nabuchodonosor, roi de Babylone était un géant. D’après les récits de l’époque, il mesurait quatre mètres environ et la légende raconte que pour asseoir sa force, il avait terrassé un lion à main nues.
– C’est fou. Comment fait-on pour sortir de cette fiction hollywoodienne ?
– C’est toi qui décide d’en sortir ou pas. On y entre comme on en sort, par la concentration.
– Est-ce que j’aurais oublié cette mésaventure à mon réveil ?
– C’est encore toi qui décide. C’est selon le courage que tu as en toi.

– J’efface ! Désolé de te décevoir. Ce combat est bien trop grand pour moi. Je n’ai ni l’esprit Napoléonien, ni l’âme d’un Jedi et je mesure moins de deux mètres.
– C’est ce que tu dis. En réalité, tu as déjà choisi. J’ai confiance en toi. Tu vas y arriver parce que tu as ce petit supplément d’âme qui te différencie des autres. Parce que tu as cette sensibilité à fleur de peau qui te fait bondir dès que tu ressens l’injustice.

– Puisque je suis aux commandes de ma destinée, j’ai le droit de décider la direction à prendre, n’est-ce pas ? Je ne veux pas qu’on me force à voir et a penser différemment. Où est la porte de sortie ?
– Elle est partout autour de toi. Dis juste « je veux me réveiller ». Mais avant ça, écoute une dernière chose. Il est vrai que la plupart des personnes n’apprécient pas que des faits inopportuns bouleversent leurs agréables illusions et préjugés. Ils pensent que les religions sont faites pour eux par d’autres, qu’elles leurs sont communiquées par la tradition, qu’elles sont suivies par imitation et retenues par habitude. Il faut un certain temps d’adaptation au cerveau pour inverser le processus de compréhension qui l’a amené à n’être qu’un insignifiant mouton. Curieux comme tu es, tu as dépassé ce stade en prenant le temps de comprendre. Tu as créé toi-même les conditions nécessaires pour ouvrir ton esprit malgré tes croyances et suppositions personnelles qui ont influencé ta perception de la réalité. Tes lectures, ton cercle d’amis, ta passion de la photo, tout le monde virtuel que tu t’es créé n’a fait que soutenir ta vue du monde tel que tu l’as conçu. Il en est de même pour chacun d’entre-nous, tous noyés dans la pensée collective. Tu as maintenant cette liberté d’esprit qui va te protéger des conventions établies. En cet instant, ton problème est que les données que je t’ai transmises sont si éloignées de l’idée acceptée par la plupart des gens au sujet de ce monde qu’elles te semblent toujours improbables.
Sé pa petète ! lâchais-je involontairement en Patois, cérébralement épuisé.
– Dans quelques heures quand tu n’opposeras plus cette résistance instinctive, tu auras une révélation. Un déclic.


– En pose longue ou vitesse rapide le déclic ? répondais-je en usant d’humour n’ayant plus la force de visualiser le futur.
– Il te faudra être vigilant quand l’Union Pacificatrice Républicaine mettra fin à la guerre des peuples en imposant la Religion Unique proposée par ces nouveaux messies venus de l’espace. Curieusement, épris d’une fraternité illimitée pour l’humanité, les Grands Blonds nous offriront des pouvoirs égaux à ceux des Dieux. Quand cela arrivera, et ça va arriver, tu sauras que ce nouveau stratagème n’aura été mis en place que pour mieux servir l’I.A. 

– C’est ce qu’on va voir !
– Ma mission est terminée. Réveille-toi Marc-Éric, maintenant !

A suivre…

 

Dédié à Émile, qui a cru en moi et à ce que je faisais.
Texte & Dialogues Marc-Éric

Finalisé le 27 juillet 2022

Vous avez apprécié cette page ?

Cliquez sur les étoiles elles parlent le Patois, et cliquez sur la barre orange !

Note moyenne 0 / 5. whoye !!! 0

Aucun vote pour l'instant ! Soyez le premier à noter ce texte.

Nous sommes désolés que cette page ne vous ait pas plu !

Améliorons cette page !

Dites-nous comment nous pouvons améliorer cette page ?

1 commentaire

  1. Caroline DANIEL

    Merci pour cet intermède historique !
    J’ai appris beaucoup de choses grâce à toi, notamment sur les Vikings. Tes rêves sont ma foi, très instructifs, mais tu dois te réveiller drôlement fatigué :sweat_smile:
    Ce fût, comme toujours un très agréable moment de lecture !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.