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A
près avoir déplacé le pied d’hibiscus en pot dans une zone ensoleillée pour avoir la meilleure lumière possible, j’avais toujours du mal à faire la mise au point sur cette fleur à la texture soyeuse parée d’éclatants dégradés de couleurs non répertoriées de son cœur. Je bougeais trop et devais de surcroît me tordre le cou pour cadrer correctement cet hibiscus à vingt pouces du sol. Je posais mon appareil parterre et en trois enjambées, récupérais le trépied Manfrotto dans le large coffre avant de ma voiture. En quelques mouvements, je positionnais ce lourd trépied au plus bas, la partie haute de ses bras ne dépassant pas une bouteille d’eau Matouba.

Allongé sur le ventre, j’orientais en contre-plongée l’axe de prise de vue et bloquais la rotule pour stabiliser complètement l’appareil avant le déclenchement de l’obturateur. J’y étais. Ce que je voyais dans le viseur m’émerveillait une fois encore. Les légers courants d’air tournants m’obligeaient à prendre une vitesse d’obturation supérieure au soixantième de seconde pour éviter le flou de bougé, me faisant perdre de la profondeur de champ plus communément appelée zone de netteté. Quelle autre solution avais-je ? Je pouvais aussi régler la vitesse d’obturation sur 1/60ème et attendre l’instant où la fleur se stabilise entre deux balancements ? C’était risqué mais jouable.

– Bouaye ! Sa k’té ki fé couché dan lé zèrbe ? Pa m’dire k’té ki va dormi !

Je me faisais surprendre par mon ami Claude qui arrivait à pied de la maison de ses parents à Corossol. Nous travaillions ensembles comme électriciens. Mes jours de congés, je les consacrais à la photo et Claude depuis peu s’y intéressait fortement, au point de s’y impliquer plusieurs heures d’affilée.

– Je fais des assouplissements, j’ai l’intention de me réincarner en végétal, lui répondais-je du tac au tac.
– In bin accélère pace ke yé preske l’eure. Sé pa l’moumen pou nou zote pren’ rasine.
– C’est déjà lundi ? J’ai oublié mon marteau piqueur !
– Pa m’dire k’té pocore paré pou l’avion ?
– Quel avion ? m’étonnais-je, jouant la comédie.

L’avion… La photo de pub. Mon premier contrat. J’y pensais jour et nuit. Faisant partie de ses connaissances, Claude avait pris un pari technique avec un ex-pilote de chasse qui volait à présent pour la compagnie aérienne Windward de Saint-Martin, l’île voisine. Il s’agissait de faire de la pub pour un certain Mathieu Aubin, loueur de Mini-Moke et Gurgels quartier de Saint-Jean. Il nous fallait une image choc, car nous étions en compétition avec les photographes locaux qui avaient pour habitude de marier voitures et plage, résultat sans grand intérêt visuel…

Comme à son habitude, Claude affichait un sourire quatre étoiles. Ce gars avait une façon de réagir tout autre que la mienne. Il s’emportait rarement. Habile négociateur et blagueur permanent, je lui coupais l’herbe sous le pied alors qu’il s’apprêtait à me rappeler mon rendez-vous par une réplique sucrée-salée qu’il tenait de l’humour d’Émile, son père.

– Allons-y, disons que j’ai terminé pour aujourd’hui.
– Bèl’ fleur, a l’oré été mieu su in tabouré.
– Tu veux jeter un œil sur le cadrage avant que je replie le trépied ? Attend, je remplace le viseur standard par le vertical, lui proposais-je, stupéfait une fois de plus par son bon sens.
– O moins’ avec s’vizeur, jé pa bezoin d’fèr’ de sport !
– Quelle idée aussi de sortir en Christian Dior, tu as le parfum assorti ? bougonnais-je.

Claude qui préférait le mode programme, ne s’intéressait pas vraiment à la technique vitesse-ouverture-profondeur de champ en mode manuel, la base de la photographie pour exposer correctement un sujet donné. Mais son bon sens et ses réflexes d’organisation couplé à sa vision du cadrage qui lui était propre, faisait de notre association un duo redoutable. Je lui expliquais à présent pourquoi la contre plongée et les divers réglages que j’utilisais pour avoir tel ou tel rendu. Il trouvait ça beau, il trouvait toujours tout beau…

Dans les années 80, se déplacer d’un point à un autre sur l’île était chose aisée. En moins de temps qu’il ne fallait pour ouvrir une dizaine de cocos, nous nous retrouvions en contre-bas de la tourmente dans l’axe de la piste, ayant pris le soin de placer deux véhicules que nous étions allés chercher dans le parking des voitures de location de l’aéroport. Légèrement en avance, nous scrutions ce ciel bleu d’une pureté absolue qui n’existait qu’ici à Saint-Barth. Comme le disait Claude, sûr de lui : « il doit bien y avoir des ciels bleus ailleurs, mais pas ce bleu-là ». Phrase que j’ai fait mienne depuis.

– Ch’peu t’pozé in’n kèstion ?
– Excuse-moi, une seconde, j’en ai une pour toi si tu veux bien. Je dois remplacer une centrale clignotante sur la voiture de ma mère, tu n’as pas un contact à Saint-Barth pour les pièces Renault ?
– T’a pa bezoin d’la pièce d’orijine. Tu peu mèt’ in’n pièce de Mini-Moke si sa t’plé ! Sé la munme choze, fo jusse rèspèkté l’kablaje.
– Génial ! Tu es génial Claude, merci pour le tuyau, tu m’enlèves une épine du pied. Vas-y, je t’écoute.
– Sa ké t’in-n fokale ?
– Une focale ? Tu veux que je t’explique ça maintenant ? Tout à l’heure si tu veux, il faut que je reste concentré sur ce que je dois faire ! Il me faut trouver le meilleur axe.
– Pa t’énervé ! On né t’en n’avance de t’chinze minute. On na tout’ not’ temp.
– Pourquoi est-on arrivé si tôt ?
– Pace ke moué j’inme pa arrivé enr-tar. É si l’avion ariv’ en avans’ ! Ta pensé a sa ?
– Tu n’as pas tord. Attends une seconde, laisse-moi réfléchir à ta question.

Je cherchais mentalement comment expliquer simplement à Claude ce qui m’avait pris des semaines à comprendre.

– Une focale est définie par sa longueur entre le film et le centre du groupe de lentilles de l’objectif, donnais-je ma meilleure définition technique.
– Jé pa kompri argnin !
– Ok, imagine un tube en PVC de 60mm de diamètre et 80cm de long. Regarde à travers.
– Jé pa d’tub’ su moué !
– Tu imagines, fais un effort !
– J’ariv’ pa.
– Ne nous affolons pas, restons calmes. C’est un exercice pour moi que de t’expliquer ça. Ok, regarde, fait comme moi. Ouvre ta main droite. Pince ton pouce et ton index droit pour faire un cercle, tend le bras le plus loin que tu peux, qu’est-ce que tu vois ?
– Wouaye ! Mou bra s’teurd’ !
– Tu as raison, laisse-moi une seconde pour trouver une autre façon d’y arriver, essayais-je à mon tour de faire ce que je lui avais demandé. Voilà, j’y suis. Ferme ton poing, lève l’index et le petit doigt pour faire un cadre, tend le bras. Je suis plus ou moins à deux mètres de toi. Qu’est ce que tu vois ?
– Té zieu.
– Bravo ! Tu viens d’utiliser une focale super téléobjectif de 600 millimètres avec un angle de vision très étroit de quatre degrés !
– É pou lé z’ote fokale ?
– Ce n’est pas l’heure de l’avion ?
– On na l’temp j’te di ! Tu va l’enten’n veni.
– Recule ton bras à la moitié du parcours, à trente centimètres de ton œil directeur.
– Sa ké l’euye direkteur ?
– C’est celui avec lequel tu vises. Pour les droitiers, c’est souvent l’œil droit. Tu vois quoi ?
– Tout’ ta tèt’ bouaye !
– Champion le gars ! Tu as une focale de 300 millimètres, avec un angle de vision de huit degrés, le téléobjectif dont je rêve. Recule encore ton cadre, à cinq centimètres de ton œil. Qu’est-ce que tu vois ?
– J’arive pa, j’té dja di, mou bra s’teurd’.
– On a pas le temps de jouer Claude ! Alors c’est l’heure ou pas ?
– Nan !
– Tu crois que l’avion est en retard ?
– Winward é janmé enr-tar !
– Bon, tourne ton poignet, c’est moins douloureux !
– Sa va mieu konme sa. J’voué té z’épol asteure.
– Tu vois comme une focale de 50 millimètres, avec un angle de quarante-cinq degrés, je te dis ça au pif, ce n’est pas une science exacte, hein ? Tu comprends ? C’est juste pour t’imager le principe de fonctionnement. J’ai toujours la tête sur les épaules ? plaçais-je ma blaguounette au passage.
– Pa t’inkiété, a l’é la !
– Rapproche en collant ton viseur sur ta joue droite, faisais-je le geste en même temps que lui. Qu’est ce que tu vois ?
– Toué plu larje. J’te voué presk’ entchyé !
– Combien de fois plus large ?
– Troi foi.
– Champion le gars, j’ai la même chose. Tu utilises un 35 millimètres qui a une vision de soixante-cinq degrés, ça s’élargit ! Enlève le viseur, sans bouger la tête, regarde tes sourcils, ou la mèche de cheveux qui dépasse de ton front, regarde tes pieds, tourne tes yeux à droite et à gauche, qu’est-ce que tu vois ?
– J’voué tout partou, konme lé zieu dé pouésson !
– Tu es un génie Claude ! Tu vois à travers un fisheye 7,5 millimètres qui signifie justement œil de poisson. C’est une vision extrêmement large, on ne peut pas faire plus ! Il a un angle de vision à 180° verticalement et horizontalement au point que l’image que tu obtiens est circulaire.
– Sak tu pran konme fokale pou in mariaje ?
– Tu crois qu’on a le temps de parler de ça ?
– Min oui, men vé t’dir kant’ le z’avion s’ra la.
– Le 35 millimètres c’est bien, mais vaut mieux avoir une otique à focale variable, sinon il te faut reculer pour cadrer plus large ou avancer pour cadrer plus serré, c’est l’inconvénient des focales fixes. L’optique à focale variable est bien plus pratique quand tu photographie un évènement et que tu dois changer de place tout le temps. Tout dépend de combien de personnes tu photographies, si c’est le couple de mariés, ou si c’est un petit groupe, voir carrément toute l’église ! En général c’est tout ça à la fois et tu n’as pas le temps de changer d’optique. Le baiser des mariés n’a lieu qu’une fois et c’est assez court en général ! Il vaut mieux être prêt avec la focale qui cadre le mieux ton sujet. Pour ça, il n’y a pas mieux que ce type d’optique.
– Sa ké t’in-n fokale variab’ ?
– Pardon, c’est un zoom.
– É pou pren’n in joueur d’foot li seul, é apré l’ékipe entchyère ?
– Pareil, il te faut aussi un zoom qui va remplacer deux ou trois focales fixes comme celui que j’ai pris aujourd’hui qui fait 28, 50 et 85 millimètres allant d’un angle large qui pourrait photographier un bâtiment comme l’église de Gustavia au 85 millimètres pour du portrait.
– Sak tu fé avec le 50 milimète ?
– J’ai oublié de t’en parler, pour répondre à ta question tu fais du joueur de foot en entier. Le 50mm est considéré comme ayant l’angle de la vision humaine. Tu es sûr pour l’avion ? Je commence à stresser là. Ça y est, je l’entends !
– Min naaannnn ! Sé tin-n voiture ké ki pass ! Pa t’inkiété, pou l’mouman j’enten argnin.
– Je ne me sens pas bien. Mais qu’est-ce qu’il fout ce zingue ? perdais-je mon sang froid.
– Pou fèr’ in-n foto d’surf a sinkant’ mèt’ ? me questionnait Claude sans perdre son fil.
– Facile, tu cherches aux alentours un objet à cinquante mètres de distance de la taille de ton surfer. Tu as trouvé ? Tu tends ton bras avec viseur, tu le rapproches de ton œil pour avoir le bon cadrage. Quand tu y es, la distance entre ton viseur et ton œil te donne, en gros, la longueur de focale à utiliser.
– Mou bra é trop’ kour !
– C’est pour cette raison que Canon à fabriqué un téléobjectif spécial de 1200 millimètres avec un angle de vision de deux degrés seulement. Tu te vois sortir avec un appareil photo d’au moins un mètre de long, boitier et pare soleil compris ? demandais-je à Claude n’arrivant pas moi-même à imaginer l’optique démesurée en main.
– Keman fonksion’ in zoum ?
– C’est un groupe de lentilles qui bouge d’avant en arrière dans l’objectif, d’où la présence d’une seconde bague pour le zoom. La lentille frontale avance et recule ce qui change ta focale donc ton angle de vision, voilà ! Tu as déjà vu un zoom changer de taille ?
– Oui j’kon-né ! Jé tout’ kompri, sé fasil ! On fezé sa san kon’nèt’ ke s’été d’la photo kant’ on n’été petit ! On joué o pirate, on n’observé l’in-n’mi avec in tube en fer konm si s’été eine long’ vue !
– Tu me fais sourire. On a tous fait ça !
– Ola k’ta arpri tout’ sé butin la ?
– En partie dans des livres spécialisés, en particulier dans la revue Chasseur d’Images.
– Ta tout’ kompri du prenmié kou konm moué ?
– Non, moi j’ai du relire plusieurs fois, j’ai quasiment appris par cœur les spécificités techniques des bouquins Canon, mais il me manquait l’essentiel. C’était une édition anglaise, ça m’aurait bien aidé de parler la langue car tout y était décrit, je ne l’ai compris qu’après avoir ramé plusieurs trimestres.
– Min ta fini par konpren-n !
– Pas tout à fait, je suis allé au HIFI Center me le faire expliquer par Patrick. Et pour tout te dire, j’y suis allé… plus que plusieurs fois. Il me parlait technique, chiffres, angles en degrés, références, comme les livres ! Ça ne me parlait pas et puis j’ai eu le déclic. J’ai compris que la focale c’était la distance qui séparait le goupe central de lentilles de l’objectif avec la pellicule et là, tout s’est éclairé dans ma tête.
– É si j’veu pren-n in-n foto d’in moun su in bato o larje ?
– Tu prends un tuyau encore plus plus long, mais comme ça n’existe pas tu prends un doubleur de focale et tu as un 2400 millimètres. Parc contre, plus le tuyau est long plus la lumière à du mal à traverser l’objectif pour atteindre la pellicule. C’est pour cette raison que les téléobjectifs pro ont une lentille frontale immense qui pèse plusieurs centaines de grammes, voir dépasse le kilogramme ! C’est avec ce procédé qu’on obtient des images très lumineuses alors qu’on est allé chercher le cadrage à cent mètres de distance et même plus, tu comprends ?
– Kant’ j’fé in-n foto d’joueur d’foot ki fé in shoot, pouki sa janm’ é la boule sor pa klère’ ?
– Ça c’est la vitesse d’obturation, mais on en parlera un autre jour si tu veux bien parce que c’est lié à la quantité de lumière qui rentre dans l’objectif, que ça a une incidence directe sur la profondeur de champ, et qu’il faut un certain temps pour assimiler tout ça !
– Canon, sé t’anméritchin ?
– Non c’est Japonais. Après la seconde guerre mondiale, ils ont eu l’interdiction de fabriquer des armes et tout un tas d’autres trucs pas cool. Il a bien fallu qu’ils trouvent quelque chose pour recréer une économie forte. Ils ont tablé sur la photo, la musique, les motos et les voitures. La suite de l’histoire tu la connais. Les français ne font plus de motos, pas d’appareils photo, et encore moins d’instruments de musique électronique.
– Ma fonme a in Canon AE1 Program avec in zoum 35-70 milimète, sé bon ?
– Excellent choix ! Très bon boitier et bonne optique, un classique pour commencer ! Je t’apprendrais à sortir du mode programme, tu verras ce qu’on peut réaliser avec ce boitier qui sait tout faire. Bon alors, il arrive cet avion ?
– Yé la !
– Où ça ?
– Vèye a toué bouaye ! Yé dan ton do !
– Non, tu me fais une blague ?
– Tchinmi li ! É yé k’arive vite ! s’écriait Claude.
– Ok, je me mets en place, je cadre. Tu me dis quand, ok ?
– Té pa ki va t’mète dan l’mitan d’la route ? Té malad’ bouaye !
– Impossible de faire autrement, arrête les voitures si tu veux que je fasse les saignées dans les murs lundi matin !
– Pou moin té fou !

Tout était allé très vite. Le son du Twin Otter se rapprochait dans mon dos, je restais l’œil collé au viseur, mes bras tremblaient, le son se rapprochait à grande vitesse, il se faisait plus encore plus présent, devenant presque assourdissant. J’entendais Claude crier :

– Vèyyye-a-touééééé !

Ce qui n’était pas du tout ce que nous avions convenu. Cependant, je posais mon index sur le déclencheur en continuant à cadrer les voitures en partie basse de l’image. Avec une vitesse d’obturation de 6 images par seconde, et une pellicule de 36 poses, j’avais 6 secondes de prise de vue en rafale. Ce devrait être suffisant pour avoir l’image parfaite. A présent les deux moteurs du Twin Otter faisaient un vacarme infernal dans mon dos. Avec deux ou trois secondes d’avance, j’écrasais mon doigt sur l’appareil. Ce devait être le moment ! Le miroir se soulevait pour laisser entrer la lumière sur le film puis se refermait. Ça n’avait déclenché qu’une fois. Je n’avais rien vu dans le viseur ! J’avais dû oublier de placer le commutateur sur prise de vue en mode rafale, précédemment réglé pour faire de la fleur. Soudain, avec mon œil gauche, je voyais Claude tout endimanché plonger à terre ! Mince, que ce passait-il ??? Je décidais en une fraction de seconde de conserver ma position, maintenais fermement le boîtier et voyais apparaître le nez de l’avion sur la partie supérieure de mon cadrage.

J’appuyais sur le déclencheur. Une fois, deux fois, trois fois, quatre, puis cinq. L’avion était déjà loin, ses roues touchaient le sol bien avant les bandes blanches, j’avais fait deux pas en arrière pour ne pas tomber, déséquilibré par le souffle de l’aéronef.

Claude venait m’arracher à la route où s’étaient arrêté quelques voitures. J’étais groggy, presque blême. Tenant l’appareil des deux mains collé à mon poitrail, j’avais eu la peur de ma vie.

– Sacré ton’nère ! Ta vu sa ? s’écriait Claude.
– Je n’ai rien vu ! Mais j’ai senti la chaleur des turbines !
– La roue a bien manké d’touché la kapote d’la Moke !
– …
Vèye lé trace dé roue su la piste ! Chte foumbiyé k’na janmé yu plu kour k’sa !

En effet, elles étaient dix à quinze mètres plus proche que n’importe quelle autre trace de pneus. Je reprenais mes esprits peu à peu. Sur les cinq images prises, il devait y en avoir au moins une qui pourrait faire l’affaire. Mais je n’en étais pas sûr.

Je me remémorais l’atterrissage. La première photo était partielle. Trop concentré à garder ma ligne d’horizon droite, je n’avais rien vu sur la seconde et la troisième. Sur la quatrième l’avion avait dépassé les voitures, et sur la cinquième il se posait.

Quelle tuile cet oubli de réglage, tout s’était passé si vite ! A moins d’avoir un bol fou, j’étais passé à coté. Claude hilare me demandait :

– Alor, t’a pri lé 36 z’imaje ?

Moi qui lui donnais moult conseils sur la préparation minutieuse du matériel pour un sujet précis, je venais de me ramasser en beauté. Il me faudrait plus que de la chance pour avoir saisi l’instant…

A suivre…

L’atterrissage d’un Twin Otter de la Winward, Saint-Jean, Saint-Barth 1986.

Rédigé le 26 mars 2010
Texte & dialogues : Marc-Éric

Traduction patois : J

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9 commentaire

  1. Une belle journée à Saint-Barth comme on les a aimés avec les
    atterrissages d’Air Guadeloupe et Winward ! Un texte bien sympa renforcé
    par des images comme si on y était ! Bonne continuation.

  2. J’en suis remuée, c’est une belle histoire, mais racontée avec talent, bravo ! On attend la suite avec impatience !

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  3. Bonjour Marc, je ne viens pas souvent sur “la face du bouc” mais je profite de mon petit passage d’aujourd’hui pour faire un peu de lecture. Je t’adresse mes compliments et mes félicitations et t’encourage bien sûr à continuer à nous faire revivre le passé, comme viens de le dire très justement Jeanne Marie et Jocelyne.
    Inne tite béké d’patois de temps en temps, sa fé pa d’mal.
    Si ton ami Claude, peut se connecter sur “la face du bouc” de là haut, ça doit lui faire plaisir…
    Amicalement Jeannot.

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  4. C’est vrai Jeanne-Marie et on peut presque voir le film défiler devant nos yeux ! Bravo ME.

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  5. de lire tout ça m’a fait un bien énorme!!! merci ME

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  6. Sylvie Boucher Cecini

    à la vue de la deuxième photo, j’ai baissé la tête, pour dire que j’étais dans le récit !

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  7. D’ailleurs tu sais j’adore tes petites histoires alors continue dans la même voie !

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  8. cela fait plaisir de lire tout ça et cela retrace bien la vie de saint barth, merci de nous faire vivre ces moments de bonheurs et a bientôt pour d’autres souvenirs.

    (transfert com FB 2011 à WP)

  9. Marie Victoire

    C’est un grand plaisir de lire ces récits, j ai l impression de voir ti Claude avec son sourire et sa bonne humeur et de l’entendre faire ses blagues, il doit être heureux de voir qu il est toujours présent dans nos mémoires !

    (transfert com 2021 de FB à WP)

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